COP30 : Les huit revendications de la flottille Yaku Mama

Publié le 12 Novembre 2025

Publié le : 12/11/2025

Servindi, le 12 novembre 2025 - La flottille Yaku Mama est arrivée à Belém, au Brésil, avec huit revendications et propositions fondamentales pour la survie de l'Amazonie et, par conséquent, de l'humanité.

Plus de 60 dirigeants de peuples autochtones d'Équateur, de Colombie, du Pérou, du Brésil, du Guatemala, du Costa Rica, du Panama, du Mexique et d'Indonésie ont navigué pendant un mois le long des fleuves Napo et Amazone lors d'un voyage de 3 000 kilomètres pour se rendre à la COP30.

 

Les huit demandes

 

1. Amazonie sans pétrole ni exploitation minière. Interdiction immédiate de l'exploration et de l'extraction de combustibles fossiles en Amazonie et sur tous les territoires indigènes.

2. Reconnaissance des territoires comme entités vivantes dotées de droits. Reconnaissance juridique de l'Amazonie, de ses fleuves et de tous les territoires comme entités vivantes, bénéficiant d'une protection juridique effective et contraignante.

3. Souveraineté territoriale autochtone supérieure aux lois extractives.  Reconnaissance de l'autorité autochtone comme légitime et contraignante, privilégiant l'autodétermination par rapport aux intérêts des entreprises ou des gouvernements.

4. Consentement libre, préalable et véritablement éclairé. Une transition énergétique juste qui respecte les peuples autochtones et les communautés locales sans faux-semblants, avec une participation contraignante aux négociations.

5. Mettre fin à l'exil forcé et assurer une protection effective aux défenseurs. Garantir justice et sécurité, mettre fin à l'impunité et à l'exil forcé pour ceux qui défendent le territoire.

6. Intégration contraignante des savoirs traditionnels. Reconnaissance et intégration des savoirs et pratiques ancestraux comme solutions climatiques mondiales.

7. Financement direct pour celles et ceux qui se soucient de la vie. Fonds climatiques agiles, sans intermédiaires, avec un accès simplifié pour les jeunes autochtones et un financement direct pour les systèmes de gouvernance territoriale.

8. Compensation pour l’adaptation au changement climatique et l’accès à l’eau potable. Compensation directe pour renforcer les capacités d’adaptation, notamment la décontamination de l’eau, la gestion des déchets et l’investissement dans des systèmes fondés sur les savoirs ancestraux.

La flotte souligne que ces revendications sont « non négociables, car nous ne négocions pas notre existence ».

Il ajoute que ce mouvement ne s'arrête pas à Belém, mais reste déterminé à maintenir l'articulation, la communication et le suivi des revendications.

La flottille Yaku Mama exige que la COP30 « élabore des politiques climatiques à partir des territoires, avec justice pour celles et ceux d’entre nous qui protègent la vie ».

 

Un parcours marqué par la résistance et la dénonciation

 

Pour l'équipage de la flottille, l'hypocrisie est flagrante : le Brésil, pays hôte de la COP30, promeut l'exploitation pétrolière à l'embouchure de l'Amazone, où vivent des populations isolées et en contact initial avec le monde extérieur.

Parallèlement, en Équateur, on tente d'abroger les droits de la nature, en criminalisant et en assassinant ceux qui les défendent. La COP30, affirment-ils, « ne peut plus prendre de décisions à notre sujet, sans notre participation ».

Pour les membres de la flottille, le voyage a confirmé que des solutions existent déjà et sont concrètes. À chaque escale, ils ont partagé leurs méthodes de surveillance, leurs stratégies de défense, leurs systèmes de gouvernance territoriale et leur spiritualité.

Des langues différentes ont été entendues pour évoquer les mêmes luttes et des visions du monde diverses, défendant un principe commun : « la vie est sacrée et non négociable ».

Les peuples autochtones ont démontré leur capacité à mettre fin à l'extractivisme par le biais d'une gouvernance collective, en affrontant et en vainquant les entreprises et les États.

« Nous sommes la solution », non pas des « bénéficiaires » de programmes extérieurs, mais des autorités ayant le droit à l’autodétermination. « Là où le territoire autochtone est reconnu et respecté, il y a forêt pluviale intacte, eau potable et biodiversité. »

traduction caro d'un article de Servindi.org du 12/11/2025

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