Le lien entre l'activité ordinaire des agriculteurs conventionnels et le risque d'être atteint d'un cancer est aujourd'hui évident, attesté et officiellement étudié. C'est le résultat d'un combat au long cours, d'abord celui des victimes, de leurs proches (à commencer souvent par leurs épouses), de quelques docteur-es acharné-es et du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest (co-organisateur de l'action BASF du 17), qui accompagne également les victimes de Parkinson et d'autres maladies.
Aujourd'hui, et malgré cette évidence, la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie est souvent une bataille : en septembre dernier encore, le tribunal donnait raison en appel à Delphine Savary, veuve de Roger Savary, mort en 2022 alors que la Mutuelle sociale agricole (MSA) avait retoqué sa déclaration. Un exemple parmi tant d'autres de l'obstination des instances agricoles à nier l'évidence. Elles ont d'ailleurs réussi à tenir à distance des critiques contre l'agro-industrie l'association "phyto-victimes", l'autre acteur essentiel de la lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles, comme l'explique une étude sociologique parue récemment.
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