Colombie : Menaces de mort contre quatre coordinateurs de la Garde indigène
Publié le 8 Novembre 2025
5 novembre 2025
DÉNONCIATION PUBLIQUE : MENACE DE MORT CONTRE QUATRE COORDINATEURS DE LA GARDE INDIGENE ET UN COMMUNICATEUR, GARDE ET ANCIENNE AUTORITÉ CXAB WALA-VITONCO.
Le Territoire indigène Çxhab Wala Kiwe (Vitonco, Páez–Belalcázar) dénonce devant le pays et la communauté internationale une grave menace de mort proférée par des structures armées se faisant appeler « dissidents des FARC », dans laquelle quatre coordinateurs régionaux de la Garde indigène, ainsi qu'un communicateur, ancien responsable territorial indigène et coordinateur de la garde de Çxhab Wala légitimement élu par les assemblées du peuple Nasa, sont identifiés et déclarés comme cibles militaires.
Ce week-end, un tract numérique et des photographies ont circulé, montrant les visages et les noms de nos camarades et les accusant faussement de collaborer avec des groupes paramilitaires, justifiant ainsi d'éventuelles attaques à leur encontre.
Ces allégations sont totalement fausses, diffamatoires et constituent une menace directe pour la vie, la sécurité et l'autonomie de notre gouvernement.
CONTEXTE ET MOTIVATION DES MENACES
Ces menaces font suite à la position politique de l'Assemblée de Vitonco, qui a publiquement rejeté le meurtre d'un Sage Ancestral et réaffirmé le mandat historique de défendre le territoire, la vie et la spiritualité du peuple Nasa contre tout acteur armé.
Depuis l'époque coloniale, le peuple Nasa a résisté à l'imposition violente d'idéologies religieuses, politiques ou armées extérieures ; en ce XXIe siècle, nous continuons de faire face à de nouvelles formes de colonisation qui cherchent à soumettre l'autonomie autochtone et à faire taire la voix collective.
Nous réaffirmons que la Garde indigène ne porte pas d'armes et n'est affiliée à aucun groupe armé. Sa mission est de protéger la vie, le territoire, les membres de la communauté et l'harmonie collective, conformément aux principes d'unité, de terre, de culture et d'autonomie.
Nous exigeons, sans pouvoir agir efficacement :
1. Du Bureau du Procureur général et de l’Unité nationale de protection (UNP) : l’ouverture immédiate d’une enquête criminelle, l’identification des responsables et la mise en œuvre urgente de mesures de protection individuelles et collectives pour les coordinateurs menacés.
2. Du Bureau du Médiateur et Du Bureau du Procureur général : une présence immédiate sur le territoire et un accompagnement lors de l’audience publique convoquée le 5 novembre, au cours de laquelle les événements seront débattus et le mandat de la communauté réaffirmé.
3. Du Gouvernement national, Du Ministère de l’Intérieur et Du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) : des actions concrètes et vérifiables pour garantir la sécurité des dirigeants, de la Garde indigène et le droit des communautés Nasa à l’autonomie gouvernementale sans ingérence armée.
4. À la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) : un accompagnement, un suivi et une mise en œuvre urgents de mesures de précaution compte tenu du risque imminent d’assassinat ou de déplacement forcé des autorités indigènes.
5. Des organisations sociales, des médias et des citoyens : entourez le territoire d’une solidarité active, rendez cette dénonciation visible et exigez que l’État colombien remplisse sa responsabilité constitutionnelle de protéger la vie et l’autonomie des peuples autochtones.
MESSAGE AUX ACTEURS ARMÉS
Le peuple Nasa ne cède ni à la peur ni aux armes.
Notre force réside dans la parole, dans nos rassemblements et dans le mandat ancestral.
Nous vous rappelons que le territoire autochtone n'est pas une zone de guerre.
Toute agression contre nos gardes ou nos communicateurs sera considérée comme une atteinte directe à la dignité du peuple Nasa et aux principes du droit international humanitaire.
DÉCLARATION FINALE
De Vitonco, terre de sagesse et de résistance, nous exigeons le respect de la vie, de l'autonomie et de la spiritualité de nos peuples.
Nous n'accepterons plus ni meurtres, ni silence, ni mensonges.
Nous réaffirmons que la vie n'est pas un privilège, mais un droit.
La Garde indigène restera inébranlable, bâton de commandement en main, pour protéger ce qui appartient à tous : la terre, la communauté et la parole.
« Nous ne capitulerons pas, car défendre la vie, c’est défendre le territoire. »
Autorités ancestrales et assemblée communautaire — Territoire Çxhab Wala, Vitonco, Páez-Belalcázar.
Conseil régional indigène du Cauca (CRIC) – Communication et garde indigène.
traduction caro d'un communiqué paru sur le site du CRIC le 05/11/2025
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