Brésil : Le défilé de bateaux ouvre le Sommet des peuples et met la pression sur la COP30

Publié le 13 Novembre 2025

Une manifestation organisée le long du fleuve a rassemblé des représentants de différents territoires qui exigeaient une véritable écoute et la fin de l'exclusion dans les négociations officielles de la COP30.

Défilé de bateaux pour le Sommet des Peuples à la Cúpula dos Povos no Mirante do Pôr do Sol, Campus UFPA Guamá (F (Photo : Alberto César Araújo/ Amazônia Real).

Publié le : 12 novembre 2025 à 21h19

Par Giovanny Vera d'Amazônia Real

Belém (PA) – Un défilé de 200 bateaux dans la baie de Guajará a marqué le début du Sommet des peuples, mercredi 12, à Belém. Cette réunion, organisée en parallèle des conférences officielles de l'ONU, rassemble plus d'un millier d'organisations et se présente comme une alternative aux négociations formelles de la COP30 sur la Zone bleue, en privilégiant l'inclusion des peuples traditionnels et des mouvements sociaux dans les débats sur le climat.

« Là, à la COP30, ils débattent du sort des territoires et des forêts autochtones, des lieux où nous vivons et dont nous prenons soin . Ce ne sont pas eux qui sont présents pour ensuite prétendre en prendre soin », a déploré le cacique Bepita Kayapó, du village de Pinknhtykre .

Ayala Ferreira, membre de la commission politique du Sommet des peuples, a expliqué que l'objectif était d'occuper la ville de Belém et de se rapprocher du lieu de la COP30 afin de dénoncer les responsables. « Notre patrie traverse une période de profonde souffrance et nous devons agir. Assez de misère, de mort et d'exclusion ! »

Ce périple fluvial de près de 30 kilomètres a été marqué par la joie, la diversité et de nombreuses expressions culturelles et musicales, sans pour autant perdre de vue les revendications essentielles. « Nous espérons ainsi mieux comprendre les défis auxquels sont confrontés les territoires du pays , ainsi que les solutions possibles », explique Deysiane Ferreira, une leader Tupinambá de la communauté de Terra Vista à Arataca, dans l'État de Bahia. 

 

Visibilité et justice climatique 

 

Défilé de bateaux pour le Sommet des Peuples à la Cúpula dos Povos no Mirante do Pôr do Sol, Campus UFPA Guamá (F (Photo : Alberto César Araújo/ Amazônia Real).

Dayse Guerreira, femme originaire de Belém Barqueata da Cúpula dos Povos à Vila da Barca (Photo : Alberto César Araújo/ Amazônia Real).

Sœur Sandra Ede, de la Commission dominicaine Justice et Paix du Brésil, s'était abritée sous une tente en raison de la chaleur intense. Elle a insisté sur la nécessité de montrer que les peuples et les communautés traditionnelles sont présents à Belém pour exiger d'être vus et participer aux solutions climatiques. Pour elle, « sans justice sociale, il n'y a pas de changement, il n'y a pas de justice climatique ».

Florivaldo Rocha, pêcheur et coordinateur du Mouvement des pêcheurs et pêcheuses du Brésil (MPP), affirme que les communautés exigent d'être associées aux décisions concernant l'avenir du climat, car elles subissent déjà les conséquences de cette crise environnementale. Selon lui, la mer où il pêche dans la région d'Amapá commence à se réchauffer, chassant les bancs de poissons. « La salinité monte et envahit nos zones d'eau douce », déplore-t-il.

À Belém, le manque de reconnaissance des savoirs traditionnels suscite également de vives inquiétudes, explique Dayse Guerreira, militante du mouvement social. « La COP30 devrait être ouverte aux peuples autochtones afin qu'ils puissent exprimer leurs besoins, leurs souffrances et les partager avec le monde », a-t-elle souligné.

 

Sommet des peuples : un programme intense

 

Ouverture du Sommet des peuples sur le campus de Guamá de l'UFPA, avec des dirigeants de diverses communautés autochtones du monde entier (Photos : @oliverninja / Mídia NINJA ; @eduardomoura94 / MST-MA ; @alain.graoe et Bárbara Freire).

 

En fin d'après-midi, la cérémonie d'ouverture officielle du Sommet des peuples a vu une large participation de militants, d'activistes, d'organisations et d'habitants de Belém, brandissant de nombreux drapeaux et slogans.

Le premier intervenant était Gilmar Pereira, recteur de l'UFPA, qui a souligné le travail de l'université pour articuler la production scientifique avec les savoirs des communautés autochtones, riveraines, quilombolas et autres communautés traditionnelles. Il a déclaré que l'UFPA avait accepté d'accueillir l'événement car elle est consciente du rôle qu'elle a à jouer pour rapprocher ces différentes formes de savoir. Pour le recteur, il est essentiel que le monde universitaire comprenne qu'aucun savoir n'est supérieur à un autre. « Tous sont importants et fondamentaux pour comprendre la planète », a-t-il affirmé, défendant la participation et l'écoute des peuples traditionnels lors des débats.

Le programme du Sommet des peuples se déroule jusqu'au 16 et propose un calendrier chargé. Outre un marché quotidien, les 13 et 14 seront consacrés à des séances plénières thématiques organisées autour des thèmes de la solidarité, de la résistance, de l'espoir et de l'unité, avec comme point d'orgue la consolidation de la Déclaration des peuples lors de la séance plénière finale. 

Le 15, les discussions se poursuivront sur les thèmes clés, notamment la Marche unifiée. Le 16, une audition publique est prévue avec le président de la COP30, André Corrêa do Lago, ainsi que la cérémonie de clôture du Sommet des peuples, le défilé nautique des femmes et un grand banquet sur la Praça da República.

Défilé de bateaux pour le Sommet des Peuples à la Cúpula dos Povos no Mirante do Pôr do Sol, Campus UFPA Guamá (F (Photo : Alberto César Araújo/ Amazônia Real).

traduction caro d'un article d'Amazônia real du 12/11/2025

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Brésil, #Peuples originaires, #Sommet des Peuples, #Pará

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