Journal de bord de Gaza 110 « On est sortis de la guerre, mais la guerre n’est pas sortie de nous »
Publié le 31 Octobre 2025
On me demande aussi si l’aide humanitaire a repris. Certes, des camions de nourriture entrent de nouveau dans la bande de Gaza. Mais au moment où j’écris, la réalité est la suivante : les Israéliens laissent entrer en moyenne 300 camions par jour. C’est très insuffisant. En outre, ces camions appartiennent pour la plupart au secteur privé, à des commerçants palestiniens sélectionnés par l’armée israélienne. Ils ne transportent pas de « l’aide humanitaire » gratuite, mais des marchandises qui seront vendues sur les marchés à des prix très élevés. Ces derniers mois, on ne trouvait rien. Aujourd’hui, on trouve à peu près de tout, mais rares sont les gens qui peuvent acheter, non seulement à cause des prix mais aussi parce qu’ils n’ont plus d’argent. Les prix commencent à baisser, mais tout est encore trop cher. La population de Gaza a sombré dans la pauvreté. Les enfants voient des pommes et des bananes sur les étals, mais leurs parents ne peuvent pas les leur offrir. On voit toute une famille se partager une seule pomme. Les denrées sont encore plus rares et encore plus chères à Gaza-ville. C’est pourquoi nombre de ses habitants partis vers le sud ne sont pas revenus pour le moment.
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" On est sortis de la guerre, mais la guerre n'est pas sortie de nous "
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, il a dû quitter en octobre 2023 son appartement
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