Analyse de la situation politique française de Raphaël Arnault
Publié le 15 Octobre 2025
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Le Parti socialiste d’Olivier Faure valide donc la possibilité d’un nouveau budget Macron terrifiant à tous les niveaux.
Si rien ne va dans le choix de ne pas voter la censure, c’est également une terrible faute et profondément irresponsable d’un point de vue antifasciste.
Nous sommes à un moment de bascule de notre histoire.
Le fascisme est déjà-là en occident, il se nourrit de jour en jour aux États-Unis et devient de plus en plus contagieux dans toute l’Europe.
On ne va pas refaire tout le topo mais c’est systématiquement en période de crise inhérente au système capitaliste que l’extrême-droite réapparaît comme solution pour pérenniser l’exploitation d’une minorité sur les travailleurs.
C’est alors une triple crise qui se dessine : économique, sociale puis politique, qui atteint des sommets aujourd’hui sous la 5ème République.
Ce n’est qu’une question de temps pour que l’ensemble des puissants de ce pays, les ultra riches ou milliardaires décident d’achever le travail en accordant toute leur confiance aux fascistes pour canaliser les révoltes potentielles causées par leur propre crise.
Nous sommes donc dans une véritable course de vitesse face à l’extrême-droite, ici principalement représenté par le Rassemblement National.
Notre tâche incombe donc d’offrir une alternative claire, nette et limpide face aux libéraux (ici macronistes) qui tentent de nous plonger dans l’irréparable.
Plutôt donc que de renforcer les espaces de résistances déjà existants, le Parti socialiste, en courant après les libéraux, décident de fragiliser encore un peu plus nos capacités d’endiguer voire même de vaincre l’extrême-droite lors des prochaines échéances (électorales ou non).
C’est pour une coalition contre nature et plus que précaire que le Parti socialiste va voter avec la droite en pleine implosion, qu’elle soit macroniste ou pire encore des LR en pleine finalisation d’un projet de ralliement au fascisme.
Petit zoom sur les LR, symptôme éclairant sur la période de crise que nous vivons.
En pleine désintégration publique, désormais plus rien ne tient.
Tout l’héritage moral « antifasciste » de l’après-guerre vole en éclat et aucun argument conservateur ne les fera revenir à la raison. C’est de leur survie même dont il s’agit.
Le Parti socialiste semblait tomber de 10 étages lorsque Retailleau et les autres ont appelés à voter pour l’extrême-droite face à la candidate de « gauche », ici socialiste dans le Tarn-et-Garonne.
Nous l’avions annoncé, cela se produit. Non pas parce que nous serions devins, mais parce que nous comprenons les dynamiques économiques et sociales en cours et donc la période que nous vivons et qui s’est malheureusement en de nombreux points déjà produite il y a un peu moins d’un siècle.
Là aussi étions-nous devins lorsque nous expliquions que Macron ne céderait sur rien ? Lorsque nous expliquons qu’un gouvernement de gauche, même le plus rabougrit possible, serait impossible sous Macron ?
Une perte de temps sans nom, une mascarade politique à laquelle plus personne ne croit et qui provoque de la résignation et du dégoût.
Pour les plus sincères d’entre eux, certains pensent peut-être encore que dans la lutte contre l’extrême-droite il y a quelque chose à tirer des libéraux. Si les éléments les plus démocrates d’entre eux pourront, peut-être, se rapprocher de nos résistances en cas de prise de pouvoir de l’extrême-droite, ils ne feront aucune concession avant.
C’est ce que nous apprend l’histoire mais aussi les dynamiques sociales et économiques. Il n’y ont tout simplement pas intérêt. Dans le monde entier les forces libérales s’allient avec les fascistes pour former une coalition d’une brutalité sans nom envers tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à du social, quitte à détruire toute institution démocratique considéré alors comme un frein dans leur chute en avant.
Nous pouvons tenter de déceler une partie de ce qui se joue actuellement et de ce qui va se jouer dans les années à venir en observant le champ politique mais nous prenons une hauteur instantanée sur les événements en cours et à venir lorsque nous parvenons à analyser les rapports de force généraux dans la société. Le « champ politique » y est seulement une arène dans laquelle se joue ces rapports de force.
Ceux qui font de la politique la tête dans le guidon du monde politicien (microcosme éloigné des réalités parfaitement illustré par la classe médiatique), sont alors voués à l’échec ou, lorsqu’il n’y a pas de crise, à un simple conservatisme des rapports de force et de l’ordre social en cours.
Le but ici n’est pas de quémander aux socialistes sur la censure. Juste d’alerter, seulement d’alerter sur le chemin qu’ils empruntent.
Certains, à l’instar de François Hollande, en ont parfaitement conscience, d’autres, j’ose l’espérer ne comprennent définitivement juste plus rien à ce qu’il se passe. Et pour les plus cyniques, seule la perspective de ne pas perdre un siège les maintient alors en activité.
La gauche, avec ses diversités, pourrait et surtout devrait avancer comme un bloc face à Emmanuel Macron alors que nous sommes à quelques pas de sa chute.
C’était d’ailleurs l’objectif que s’était fixé le NFP il y a à peine quelques mois.
Plutôt que de passer toute notre énergie sur le Rassemblement National qui décide de sauver Macron en évitant la destitution, nous voilà contraint à devoir aussi batailler contre une minorité de la « gauche » qui décide de servir la soupe aux macronistes.
Dans cette course de vitesse face à l’extrême-droite, cela nous fragilise, en tout cas temporairement.
Il est évident que le Parti socialiste va lui même se fragiliser encore plus dans la période. Quiconque tente de sauver les macronistes s’effondrera avec eux.
Mais que le parti socialiste se fragilise ne doit en en aucun cas nous intéresser. Que le Parti socialiste prenne ou non des taules lors des prochaines échéances électorales n’est pas une « aubaine ».
Toute notre attention doit se focaliser sur l’anéantissement de notre ennemi qu’est l’extrême-droite.
Un nouveau monde est en train de naître. La bascule pourrait pencher d’un côté ou de l’autre.
Ce n’est pas par plaisir mais c’est un constat : la droite dans son ensemble est en train de comprendre qu’ils vont disparaître s’ils ne se rangent pas aux côtés des fascistes.
Quand la gauche dans son ensemble comprendra qu’eux aussi vont se faire avaler s’ils ne rejoignent pas un processus clair de rupture avec ce vieux monde ?
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