Brésil : Des autochtones occupent une ferme pour protester contre l'avancée de l'exploitation minière du lithium dans la vallée du Jequitinhonha
Publié le 2 Août 2025
Pour défendre leur territoire sacré et l'avenir de leur peuple, les communautés affrontent les géants miniers
30 juillet 2025 à 17h25
Belo Horizonte (MG)
Katia Torres
- Photo : Reproduction
Depuis le 27 juillet 2025, une centaine d'autochtones des peuples Pankararu et Pataxó occupent pacifiquement la Fazenda Cristal, d'une superficie de 560 hectares, située sur les rives du rio Jequitinhonha. L'objectif de cette action est clair : empêcher la vente de ces terres, limitrophes de la Terre Indigène Cinta Vermelha Jundiba , aux sociétés minières Sigma Lithium et Atlas Lithium.
Cette occupation intervient après plus d'une décennie de lutte pour les terres des communautés de la région. Par cette occupation, les peuples autochtones dénoncent non seulement la menace directe posée par les sociétés minières, mais aussi la lenteur de l'État à garantir leurs droits territoriaux historiques. Le mouvement dénonce le racisme environnemental et les illégalités dans l'octroi de licences pour les projets de lithium dans la région.
Les peuples autochtones attendent la démarcation de leurs terres depuis plus de 12 ans
L'occupation de cette semaine marque le dernier chapitre d'une longue bataille pour l'expansion du territoire du village de Cinta Vermelha, commencée en 2005, lorsque les familles Pankararu et Pataxó ont acquis 68 hectares grâce à un crédit foncier. Cette superficie s'est rapidement avérée insuffisante pour la croissance de la communauté et la reproduction de ses pratiques culturelles et productives. La pression exercée par la monoculture d'eucalyptus dans la région a également intensifié le besoin de terres supplémentaires.
« Cette lutte est celle des peuples autochtones traditionnels, les Quilombolas, les Pankararu et les Pataxós. Cela fait plus de 12 ans que nous attendons que la Funai et le gouvernement fédéral se saisissent de cette cause. Ce territoire est sacré pour notre peuple. Le rio Jequitinhonha n'est pas un lieu d'exploitation pour les entreprises minières. Regardez ce qui se passe dans la communauté de Poço Dantas avec Sigma. Poussières toxiques, bruits provoquant des troubles mentaux et respiratoires. Nous ne pouvons pas accepter cela, c'est pour cela que nous sommes là », déclare ToaKaninã Pankararu, l'un des leaders de l'occupation.
Un combat de plus d'une décennie
Une lettre de soutien du Groupe de recherche et de vulgarisation sur l'agriculture familiale (GEPAF) de l'UFVJM, datant de juin 2012, témoigne de la persistance de ce combat. En 2011, à la suggestion du député Leonardo Monteiro, un amendement parlementaire d'un montant de 1,7 million de réaux a été présenté et approuvé au budget fédéral pour que la FUNAI puisse agrandir et délimiter le territoire du village.
Cependant, selon les rapports du GEPAF et de la communauté, les fonds n'ont pas été débloqués ni mis en œuvre par la FUNAI. La justification invoquée était l'incapacité administrative de la Fondation à respecter les exigences bureaucratiques pour exécuter les dépenses dans les délais du cycle budgétaire. Pour que les fonds soient utilisés efficacement pour l'achat de la ferme, la FUNAI aurait dû « engager » le montant, c'est-à-dire le réserver officiellement à cet effet.
L'absence de rapports techniques, d'avis et de négociations en temps opportun a entravé cet engagement. À la fin de l'exercice, les fonds non engagés ont tout simplement « expiré », retournant dans les caisses générales du Trésor.
L'inaction de la FUNAI a conduit les familles autochtones à occuper la ferme en 2012. L'objectif était de faire pression sur la fondation pour qu'elle agisse, craignant la perte de fonds due à l'amendement parlementaire.
Dialogue avec la Funai
L’occupation de 2025 reflète donc la persistance d’un problème non résolu. Le 13 septembre 2023, une délégation composée de Cleonice Pankararu, Uakirê Pankararu-Pataxó et de représentants du Conseil Missionnaire Indigène (Cimi) a été reçue à Brasilia par la présidente de la Funai, Joenia Wapichana, et la directrice de la Protection Territoriale (DPT), Janete de Carvalho.
Lors de la réunion, deux revendications centrales ont été présentées : la proposition de transférer les terres indigènes, dont la Fazenda Cristal, à l'Union, dans le but d'agrandir la réserve indigène Cinta Vermelha Jundiba, et la demande à la Funai d'intervenir dans l'octroi de licences environnementales pour un projet d'exploitation minière de lithium dans la région, qui avait déjà un impact négatif sur la vie de la communauté, avec des pertes dans l'approvisionnement en eau et des restrictions sur les zones de pêche.
Près de deux ans après cette réunion et plus d’une décennie après l’approbation de l’amendement, la communauté dénonce l’inertie qui continue de forcer la nouvelle occupation comme moyen de garantir ses droits.
Exploration du lithium
Les inquiétudes des familles autochtones se sont intensifiées avec la ruée vers le lithium dans la vallée du Jequitinhonha , critiquée par les écologistes et les communautés traditionnelles. L'action directe en inconstitutionnalité (ADI) que la députée fédérale Célia Xakriabá (PSOL) déposera cette semaine contre le projet de loi sur la dévastation révèle des « illégalités calculées » dans l'octroi de licences à la société minière Sigma Lithium, telles que le « fractionnement des licences », et dénonce un « racisme environnemental » dû à l'exclusion de la consultation libre, préalable et éclairée des communautés quilombolas, comme l'exige l'article 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT).
Mgr Geraldo Maia, évêque du diocèse d'Araçuaí, dénonce la situation dans la région. « La région où se trouve la Fazenda Cristal fait partie d'un territoire où se côtoient des intérêts de divers secteurs : communautés autochtones, communautés quilombolas, propriétaires fonciers et sociétés minières. Cela en fait une zone de disputes. Nous espérons qu'elle ne deviendra pas une zone de conflit, et encore moins une zone de sacrifice. Par le dialogue, nous espérons parvenir à des accords pour préserver l'environnement et garantir l'harmonie, le respect et la dignité des habitants de ce territoire, en veillant toujours à la justice sociale et au bien commun », déclare Mgr Maia.
Édité par : Elis Almeida
traduction caro d'un article de Brasil de fato du 30/07/2025
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Indígenas ocupam fazenda contra avanço da exploração do lítio no Vale do Jequitinhonha
Em defesa de território sagrado e de um futuro para seu povo, comunidades enfrentam gigantes da mineração
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