No mires fotografías
Publié le 24 Novembre 2025
Ne regardes pas les photographies
Mon amie, tu passes ta vie
A regarder des photographies
Dans les magazines
Les mariages d'artistes
Beaucoup de divorces amoureux
Enchantée et embaumée
Le nez collé
Aux figurines qui te donnent des rendez-vous
Avec une dévotion hebdomadaire
Belle lectrice, réveille-toi
Le prince est déjà venu et il ne t'a même pas regardée
Il lisait des bandes dessinées
De Superman et d'Astérix et avec le dragon
Ta nuit blanche
Je m'en imprègne pour toi
Eros aux romans photos
Taches de rousseur sur les yeux, baisers écrits
Beaucoup d'adultère masculin
Tu connais un peu
Les ragots et les faits divers
Des portraits menteurs
Tu pleures tu ries pour les mannequins
Mais pas pour ton voisin
Belle lectrice, réveille-toi
Le prince est déjà venu et il ne t'a même pas regardée
Il lisait des bandes dessinées
De Superman et d'Astérix avec le dragon
Brise la malchance et le ridicule
Tu n'as pas vu le prince
Et il ne t'a pas vue
Et maintenant vous vous retrouvez
Dans l'absencl, tous les deux.
No mires fotografías
Amiga mía, pasas la vida
Mirando fotografías
En las revistas
Bodas de artistas
Mucho divorcio de amor
Embelesada y embalsamada
Con la nariz bien pegada
A figuritas, que te dan citas
Con semanal devoción
Bella leyente, despierta
Que ya vino el príncipe y ni te miró
Iba leyendo historietas
De Superman y Astérix con el dragón
Tu noche en vela
Te la empapela
Eros con fotonovelas
Pecas de ojito, besos escritos
Mucho adulterio varón
Sabes un rato
Chismes y datos
De mentirosos retratos
Lloras y ríes por maniquíes
Y por tu prójimo no
Bella leyente, despierta
Que ya vino el príncipe y ni te miró
Iba leyendo historietas
De Superman y Astérix con el dragón
Rompe la yeta y el papelón
No viste al príncipe
Y él no te vio
Y ahora se encuentran
En babia los dos.
María Elena Walsh (album El buen modo, 1975) traduction carolita
Le piège de la photographie : une analyse de « Ne regardes pas les photographies » de María Elena Walsh
La chanson « No Mires Fotografías » de María Elena Walsh est une critique acerbe et poétique de l'obsession des images et de la vie des autres présentées dans les médias. Les paroles décrivent une amie qui passe sa vie fascinée par les photographies de magazines, les mariages d'artistes et les potins sur les célébrités. Cette obsession la maintient déconnectée de sa propre réalité et des gens qui l’entourent. La métaphore de l'embaumement suggère une paralysie émotionnelle et une vie vécue à travers les expériences des autres, plutôt que les siennes.
Walsh utilise un ton ironique et parfois sarcastique pour souligner la superficialité de ce mode de vie. L'amie est tellement absorbée par les histoires des autres qu'elle ne remarque pas que son « prince » est passé, lui aussi distrait par ses propres fantasmes et distractions. La référence à « Superman et Astérix avec le dragon » ajoute une touche d'humour, mais souligne également la déconnexion avec la réalité. La chanson suggère que l'amie et son « prince » sont tous deux perdus dans des mondes fictifs, incapables de voir et de vivre la réalité qui s'offre à eux.
Le refrain « Belle lectrice, réveille-toi » est un appel à l’action, une invitation à rompre avec le « yeta » (la malchance) et le « papelón » (le ridicule) de vivre à travers les images et les histoires des autres. La chanson se termine sur une note de mélancolie, soulignant que les deux personnages sont « in babia », une expression signifiant être distrait ou absent. En fin de compte, « No mires fotografías » est une réflexion sur l’aliénation et la perte d’authenticité à une époque saturée d’images et de récits médiatiques.
https://www.letras.com/maria-elena-walsh/no-mires-fotografias/significado.html
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