Lengua filosa

Publié le 8 Décembre 2025

Langue acérée

Ils semblent dire
Dans tout le quartier
Que j'ai la langue bien pendue
Comme yarará

J'ai l'oreille fine
Et je vois dans le noir
Et il se trouve que cela arrive souvent
Dans une ville si familière

Pour voir des visions
J'ai beaucoup d'idées préconçues
Mais je dis
Ce que j'ai vu derrière la petite porte

Ce que j'ai pris pour acquis
Si c'était un mensonge, je tomberais raide morte
Et tant de sincérité
Qui me remerciera
Je dis toujours la vérité
Et c'est comme ça que ça se passe

Il parait qu'ils disent
Que je vis dans l'oisiveté
Oisif est celui qui voit et ne regarde pas
Qui entend sans écouter

Je suis très occupée
Avec du linge à laver
Il y a beaucoup de linge sale
Dans une ville si familière

Pour les ciseaux
Il y a un tailleur et un coiffeur
Je suis honnête
Je ne coupe ni n'ajoute rien

Ce que je prenais pour acquis
Si c'était un mensonge, je tomberais raide morte
Et tant de sincérité
Qui me remerciera
Je dis toujours la vérité
Et c'est comme ça que ça se passe.

 

 

Lengua filosa

 

Parece que están diciendo
Por toda la vecindad
Que tengo lengua filosa
Lo mismo que yarará

Filoso tengo el oído
Y veo en la oscuridad
Y pasa que pasa mucho
En un pueblo que es tan familiar

Pa’ ver visiones
Beatas hay a montones
Yo en cambio digo
Lo que vi tras el postigo

Cosa que di por cierta
Si era mentira que me caiga muerta
Y tanta sinceridad
Quién me la agradecerá
Digo siempre la verdad
Y así me va

Parece que están diciendo
Que vivo en la ociosidad
Ocioso es quien ve y no mira
Quien oye sin escuchar

Estoy requete ocupada
Con ropa para lavar
Que hay mucho trapito sucio
En un pueblo que es tan familiar

Pa’ la tijera
Hay sastre y hay peluquera
Yo soy honrada
No corto ni agrego nada

Cosa que di por cierta
Si era mentira que me caiga muerta
Y tanta sinceridad
Quién me la agradecerá
Digo siempre la verdad
Y así me va.

María Elena Walsh (album De puño y letra, 1976) traduction carolita

La vérité dérangeante de la langue acérée par Maria Elena Walsh

 

La chanson « Lengua Filosa » de María Elena Walsh est une critique acerbe et satirique de l'hypocrisie et du manque de sincérité dans une petite communauté. Les paroles commencent avec la protagoniste reconnaissant que les gens l'accusent d'avoir une « langue acérée », la comparant à un serpent venimeux, le yarará. Cette métaphore suggère que ses paroles sont perçues comme dangereuses et nuisibles, mais aussi incisives et véridiques.

Walsh utilise la figure du protagoniste pour exposer les doubles standards de la société. Alors que d’autres préfèrent avoir des visions et vivre dans l’ignorance, elle est fière de dire la vérité, même si cela lui apporte des ennuis. L'expression « Je dis toujours la vérité et c'est comme ça que ça se passe pour moi » reflète la solitude et le rejet auxquels elle est confrontée en raison de son honnêteté. La protagoniste ne se limite pas à observer passivement ; elle écoute et observe attentivement, révélant les vérités inconfortables que les autres préfèrent ignorer.

La chanson aborde également le thème de l’oisiveté et de l’activité. L'héroïne se défend contre les accusations d'oisiveté, affirmant qu'elle est « vraiment occupée » par des tâches quotidiennes comme laver le linge. Mais la véritable oisiveté, selon elle, est celle de ceux qui voient sans regarder et entendent sans écouter. Cette critique s’étend au manque d’action et à la passivité de la communauté, qui préfère sauver les apparences plutôt que d’affronter la vérité. En bref, « Lengua Filosa » est une défense de la sincérité et une dénonciation de l’hypocrisie sociale, en utilisant l’humour et l’ironie caractéristiques de María Elena Walsh.

https://www.letras.com/maria-elena-walsh/lengua-filosa/significado.html

Rédigé par caroleone

Publié dans #Argentine, #Maria Elena Walsh

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