Des membres du Parlement européen expriment leur inquiétude quant à la sécurité des autorités Xinka au Guatemala

Publié le 24 Février 2025

22 février 2025

6h00

Crédits : Welinton Osorio

Temps de lecture : 3 minutes

 

Les représentants du peuple Xinka continuent d’être criminalisés, désormais à cause de leur participation au processus de consultation sur les activités de l’entreprise minière El Escobal.

Plusieurs dirigeants ont été contraints à l’exil, notamment l’ancien président du Parlement Xinka, Aleisar Arana.

Par Juan Bautista Xol

Des députés européens ont envoyé une lettre au président Bernardo Arévalo, exprimant leur inquiétude pour la sécurité des représentants du peuple Xinka au Guatemala, qui continuent d'être criminalisés pour leur résistance à l'imposition de la mine d'argent El Escobal sur leur territoire.

Dans la lettre envoyée au président, ils indiquent qu'ils sont préoccupés par le fait que l'entreprise minière canadienne Pan American Silver viole le droit international et les droits des peuples autochtones, ceci dans le cadre du processus de consultation avec le peuple Xinka concernant l'entreprise argentifère installée dans les départements de Jalapa et Santa Rosa.

Le projet, connu sous le nom d'El Escobal, est situé dans la municipalité de San Rafael las Flores, Santa Rosa, dans le sud du Guatemala, et abrite l'un des plus grands gisements d'argent au monde.

Dans la lettre datée du 21 janvier, les parlementaires se disent préoccupés par les tentatives de l'entreprise d'entraver et de délégitimer les processus décisionnels des communautés.

Selon certaines informations, plusieurs dirigeants et autorités Xinka ont dû s’exiler. En 2022, Julio González Arango a dû quitter le Guatemala après avoir subi une agression en 2021.

Pour en savoir plus, cliquez ici :

El Parlamento Xinka denuncia actos de mala fe de la mina El Escobal en proceso de consulta

Et plus récemment, l'ancien président du Parlement du peuple Xinka du Guatemala (Papxigua), Aleisar Arana, a été contraint de fuir le pays en raison du grave risque pour sa sécurité et celle de sa famille découlant de la défense des droits de son peuple, ont indiqué les parlementaires.

Aleisar Arana, ancien président du Parlement Xinka, a été contraint à l'exil en raison des risques pour sa sécurité. Photo de prensa comunitaria

Selon Prensa Comunitaria, au moins 10 dirigeants et autorités du Parlement Xinka ont dû quitter le pays pour leur sécurité.

 

Histoire des abus miniers

 

Les parlementaires ont évoqué les abus que la population Xinka subit depuis 15 ans à cause du projet minier. L'ancien propriétaire de la mine El Escobal, Tahoe Resources, a mis la mine en service en 2014 au travers d'une répression violente et d'une campagne de diffamation et de criminalisation des dirigeants opposés au projet.

En 2013, les forces de sécurité privées de l'entreprise ont ouvert le feu sur des manifestants, blessant six personnes. En conséquence, le propriétaire actuel de la mine a assumé la responsabilité de l’attaque et des violations des droits de l’homme.

Toutefois, d’autres actes de violence, notamment le meurtre de membres du peuple Xinka pour s’être opposés à la compagnie minière, restent impunis, indique la lettre.

Les parlementaires rappellent que les opérations de la société minière Escobal ont été suspendues par les tribunaux guatémaltèques en 2017, en raison de discriminations et d'un manque de consultation adéquate avec le peuple Xinka.

En septembre 2018, la Cour constitutionnelle (CC) du Guatemala a ordonné un processus de consultation conforme au droit international exigeant le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones avant d'approuver le projet, actuellement en cours.

« Nous sommes préoccupés par les tentatives de l’entreprise d’entraver et de délégitimer les processus de prise de décision communautaire », ont-ils déclaré.

Pour le Parlement européen, la consultation historique représente une opportunité pour le Guatemala d’affirmer que les droits des peuples autochtones ne doivent pas être violés afin que les entreprises multinationales puissent profiter des ressources naturelles des peuples autochtones du pays.

 

La comunauté effectue des consultations

 

La communauté mène actuellement une consultation communautaire et les résultats seront annoncés en avril. C'est la première sentence qui a été exécutée à presque 100 pour cent, car dans des cas comme La Puya et El Estor cela n'a pas été atteint, a déclaré un leader Xinka.

Cependant, une dizaine de personnes ayant contribué à la tenue de la consultation sont en exil.

traduction caro d'un article de Prensa comunitaria du 22/02/2025

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