Argentine : Peuple Mocoví ou Moqoit
Publié le 29 Janvier 2025
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Peuple autochtone d’Argentine dont la langue fait partie de la famille linguistique mataco-guiacurú et persiste dans certaines zones des provinces de Formosa, Santa Fe et Chaco.
Mocoví se dit en mocoví : moqoit
Population : 22.439 personnes
Noms : Mocovi, Moqoit, Montaraces
A l’origine, ils vivaient sur les rives du rio Bermejo dans les territoires des provinces actuelles de Chaco et Santiago del Eestero.
- Avant la colonisation, c’était un peuple nomade qui vivait de la chasse et de la cueillette. Peuple guerrier qui profitait de l’occasion pour attaquer plusieurs villes (1686 ville d’Esteco, 1690 : San Miguel de Tucumán). Ils se déplaçaient en petits groupes de familles apparentées pour obtenir des ressources nécessaires à leur survie. Au moment des fruits mûrs, ils se regroupaient pour échanger des produits, organiser des mariages, accomplir des rituels et élire ou consolider des dirigeants. Ils ont peu à peu développé des techniques agricoles rudimentaires.
- Au début du XVIIIe siècle, sous la pression espagnole, les Mocovies sous le commandement du chef Notiniri se déplacent vers le sud de la province du Chaco et le nord de la province de Santa Fe sur les terres des Abipones, les attaquant au passage.
- L’arrivée des jésuites implique un grand changement dans les modes de vie indigènes.
- 27 juin 1743 : fondation de la réduction de San Javier par les jésuites Francisco Burgés et Jerónimo Nuñez pour y réduire les bandes des chefs Mocovíes Chitalin et Aletin.
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la vie des Mocovies au XVIIIe siècle reportée par Florian Paucke (image)
- Le jésuite polonais Florián Paucke arrivé comme missionnaire à San Javier laissera une étude approfondie et détaillés sur ce peuple. Il sera expulsé ainsi que les autres jésuites en 1768 alors que la mission comptait 982 habitants. L’interaction des Mocovíes avec les missionnaires jésuites leur font intégrer la religion, des coutumes et de nouveaux éléments de leur alimentation comme les pêches, les blé et le bœuf.
- 1749 : la réduction est déplacée vers le nord pour l’éloigner des colons mais elle sera inondé epar le rio San Javier en 1750 et de nouveau déplacés vers l’emplacement actuel de la ville de San Javier.
- 1765 : Paucke fonde la réduction de San Pedro dans les envirions de San Javier avec 400 Mocovíes du chef Elebodgín. Ils sont expulsés 3 ans plus tard.
- Vers 1864 : le gouvernement de Santa Fe, Nicaso Oroño réussit à étendre la frontière avec les Mocovíes qui se trouvait à quelques lieues de la ville de Santa Fe jusqu’à une ligne allant de Sunchales au fort de Cayastacito et de là au nord-est jusqu’à la réduction de San Javier.
- 1869 : le gouverneur Mariano Cabal réalise un nouveau déplacement de la frontière des Mocovíes vers une ligne allant de Morteros à Córdoba, Fortin Soledad, Laguna la Blanca, San Martín Norte jusqu’au nord de San Javier.
- 1871 : nouvelle avancée de la ligne sous le gouvernement de Simón de Iriondo, de Tostado au rio Salado jusqu’à Alejandra.
- Entre 1867 et 1870 : les franciscains Gerónimo Marchetti et Bernardo Arana fondent la mission de Nuestro Señora de los Dolores dans l’ancien fortin Cayastá Viejo avec 60 familles Mocovíes du chef Mariano Salteño.
- Dans les années suivantes, les restes du territoire de l’actuelle province de Santa Fe reste sous contrôle du gouvernement tandis que le gouverneur national réalise la conquête du chaco argentin laissant les Mocovíes entièrement soumis à l’état argentin.
- 1704 : une rébellion éclate dans la réduction jésuite située à San Javier, dirigée par Salvador López pour une revendication des terres colonisées.
- 1707 : Esteban de Urizar y Arespacochaga devient le gouverneur de Tucumán en 1710, il organise une expédition à l’intérieur du Chaco avec un impressionnant déploiement de forces qui provoque le déplacement d’une partie des tribus guerrières vers d’autres frontières. Les Mocovíes déplacent le centre de leur zone d’action vers Corrientes et Santa Fe.
- 1773 : un groupe de chefs Mocovíes dirigé par Paykin se présente devant le gouverneur de Tucumán, Geronimo Matorras pour demander une réduction. L’accord est signé le 29 juillet 1774.
- 1780 : fondation des missions Nuestra Señora de los Dolores et Santiago de Mocoví à La Cangaye et San Bernardo de Vértiz dans l’actuelle province du Chaco. Succès éphémère car en 1801 elles ont totalement disparu.
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Mocovies au XVIIIe siècle dessin de Florian Paucke (image)
- Début XIXe siècle : les mouvements indépendantistes de la vice-royauté du Rio de la Plata n’ont pas changé la situation indigène et la population blanche continue de croître et occupe de plus en plus de terres.
- De 1818 à 1838 : Estanislao López avec l’aide des indigènes Abipones entreprend l’anéantissement des « montaraces » nom qu’il donne aux Mocovíes non réduits qui assiègent Santa Fe. Plusieurs campagnes auront lieu dans une opération de « nettoyage » des frontières.
- 1865/1870 : guerre de la Triple Alliance ou guerre du Paraguay qui conduit les autorités argentines à maintenir le Chaco dans une situation de faible conflictualité. Quelques accords sont signés au cours de la période (permission donnée aux natifs pour construire des routes en échange de l’octroi de terres). C’est une paix fragile et momentanée.
- Fin du XIXe siècle/début du XXe siècle : l’avancée de la colonisation provoque le retour de nombreux Mocovíes dans les régions du su de l’actuelle province du Chaco. Les Mocovíes restés à Santa Fe et ceux qui ont déménagé dans le Chaco sont progressivement incorporés dans le marché du travail comme moissonneurs, bûcherons, travailleurs dans les estancias.
- Des nouveaux cultes messianiques apparaissent cherchant à récupérer les valeurs communautaires traditionnelles et à travers des processus magico-religieux offrent une nouvelle stratégie pour mettre fin à l’oppression des blancs. 2 épisodes de rébellion restent dans l’histoire par la fin douloureuse des indigènes :
- 21 avril 1904 : dernière rébellion mocovíe dans la province de Santa Fe, où ils sont confrontés à l’expropriation des terres pour remettre celles-ci à de nouveaux colons. Les Mocovíes tentent de s’emparer de la ville avec leurs armes ancestrales contre des blancs bien mieux armés. Ils seront vaincus de façon décisive.
- 18 juillet 1924 : les « martyrs de Napalpi »
Cette journée-là à Napalpi – aujourd’hui Colonia aborigen Chaco – un soulèvement indigène mené par les chamanes/chefs Mocovíes et Tobas avait pour cause les conditions de travail dans les tellerias. Un massacre est ordonné par le gouverneur Fernando Centeno.
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Economie
Les espèces chassées préférées étaient les pécaris qui étaient chassés avec l’aide des chiens.
Les armes étaient l’arc et les flèches, la lance et le gourdin.
La pêche était surtout pratiquée par ceux vivant sur les rives du rio Bermejo.
Vie sociale
Ls groupes étaient composés de 2 ou plusieurs familles ayant des liens de parené. Ces unités ou bandes étaient exogames avec une linéarité bilatérale et une prédominance de la règle de résidence matrilocale.
Lors de certains rituels, ils consommaient des boissons fermentées leur permettant lors de cette occasion d’approfondir leur leadership et leurs alliances.
Croyances
Les croyances religieuses des Mocovies étaient basées sur l’animisme et la magie. Dans ces croyances, tous les êtres de la nature ont une âme ou sont animés par un esprit qui a été conçu avec une capacité d’action et des motivations humaines. Au-dessus de tout et de tous, il y a un être suprême qu’ils ne vénèrent pas. Ils ne vénèrent pas non plus les astres ou des phénomènes naturels même s’ils sont personnifiés et qu’ils y croient. Ceux-ci sont porteurs de pouvoirs bénéfiques ou maléfiques pour l’homme.
L’apparition de la constellation des Pléiades à l’horizon ou la nouvelle lune méritent d’être célébrées.
Le chaman ou sorcier occupe une place de choix dans la tribu, on lui attribuait le pouvoir d’intercéder auprès des esprits qui régissent les forces naturelles. Ils organisaient des cérémonies au cours desquelles ils imploraient le beau temps, la pluie et la fécondité.
Sources : wikipédia en espagnol, pueblos originarios.com, billiken.lat, elbibliote.com
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Monument à l’Indien Mocoví
Entièrement en bois de quebracho, dans la ville de San Javier, il y a un monument au peuple Mocoví.
Il a été réalisé par l’artisan Ovidio Vivas, et inauguré en 1979 à l’occasion de la déclaration de la ville de San Javier.
Il se compose de cinq troncs, dans l’un d’eux, un indien mocoví avec son front haut, garde la ville, dans les autres sont représentés des éléments de leur culture.
Drapeau Mocovi
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►Noir : La bande noire représente l’étape de l’obscurité, de l’incertitude qui commence avec l’invasion de l’homme blanc.
►Rouge : Le sang s’est répandu lors de la collision avec l’homme blanc.
►Astre : Les blessures se calment. Le soleil situé dans cette bande illumine et fait changer les pensées d’hostilité. Une des couleurs du drapeau argentin qui inclut le peuple Mocoví.
►Blanc : L’autre couleur du drapeau argentin.
►Vert : Espace fondamental, il représente la nature à l’état pur. C’est là que cette communauté a trouvé sa subsistance, dans un environnement sans frontières mais dans le respect de ses soins.
►Soleil (Ra´aasa) : Centre de vie, lumière qui enlève les ténèbres et permet à l’homme d’agir avec clarté. Sa proximité indique une période de floraison et de prospérité ; son éloignement, une période de manque de ressources.
►Ñandú (Mañik) : Animal qui fait partie des mythes des Mocovíes.
►Récipient (No’xona) : Artisanat typique à usage domestique.
►Garabato (Vacqaic) : Arbre caractéristique qui avec sa floraison indiquait l’arrivée de la nouvelle année.
►Croix du Sud (Nachishinaxanaxat) : Guide des peuples ancestraux, avec d’autres constellations ont représenté leurs mythes et légendes.
source pour cet extrait : traduction carolita du site Pueblos originarios.com Mocovíes (Moqoit).
Les communautés aujourd’hui :
Depuis 1995, l’Institut national des affaires indigènes (INAI) a commencé à reconnaître le statut juridique des communautés indigènes d’Argentine, y compris les communautés Mocoví, en les inscrivant au Registre national des communautés indigènes (Renaci):12
Province de Santa Fe (peuple Mocoví)
►Département General Obligado :
- –Communauté Rahachaglate Colonia La Lola (le 30 mars 1998).
- Communauté La Thee Palma (le 9 juin 1998)
- Communauté N-Chagüisat El Palmar (le 9 mars 1998)
- Communauté aborigène Nainic-El Ceibo (le 3 novembre 2000) (de Reconquista)
►Département Nueve de Julio :
- Communauté autochtone de Tostado Pedro José (le 6 juillet 1998)
Département de Vera :
- Communauté aborigène Comcaiaripi-Todos Somos Hermanos (le 27 novembre 2000)
►Département San Javier:
- Communauté Llalec Lavac-Hijos de la Tierra (le 27 novembre 2000)
- Communauté Mocoví de San Javier (depuis le 4 juin 2008)
►Département de la Constitución :
- Communauté autochtone de Kamikaia (le 24 juillet 2002)
- Communauté Mocoví lalek de Lav’a (19 janvier 2011)
►Département Général López :
- Communauté autochtone Mocoví Kotapik (le 14 mai 2002).
►Département de Rosario :
- Communauté autochtone Ialek Kotaá (le 16 avril 2004)
►Département de San Justo :
- Communauté autochtone Aim Mokoilek (Je suis Mocoví) (le 17 octobre 2008)
►Département Iriondo :
- Communauté Mocoví Comagüe Seluqueta’ C (Todos Estamos Luchando) (Nous sommes tous en train de nous battre) (le 7 mai 2008)
Province de Buenos Aires (peuple Mocoví)
►Comté de Berisso :
- Communauté Mocoví de Berisso (le 16 avril 2004)
Province du Chaco (peuple Mocoví)
►Département de Chacabuco :
- Communauté Juan Larrea (le 6 février 2009)
►Département Doce de Octubre :
- Communauté de Pueblo Viejo (le 6 février 2009)
►Départements d’Almirante Brown et de Maipú :
- Comunidad Aborigen Salcharó la ‘a-Paraje La 60 (6 février 2009)
►Département du maire Luis Jorge Fontana :
- Comunidad La’a’Na Moqoit-Lote 244-Colonia Juan José Paso (le 4 avril 2014), à Colonia Juan José Paso de la municipalité de Villa Ángela
►Département O’Higgins :
- Communauté Moqoit Raxalaa (le 11 mars 2014), dans la Colonia Domingo Matheu de la municipalité de San Bernardo.
Province de Santa Fe (peuples Mocoví et Toba).
►Département General Obligado :
- Communauté aborigène Pueblo Mocoví y Toba El Pignik (le 3 novembre 2000).
►Département de Rosario :
- Communauté autochtone Ralagay Yogoñí (Nuevo Amanecer) (le 7 novembre 2006).
Depuis 2009, la province de Santa Fe a commencé à enregistrer les communautés autochtones dans le registre spécial des communautés autochtones de la province de Santa Fe (RECA) de l’Institut provincial des indigènes de Santa Fe, les reconnaissant ainsi comme des entités juridiques au niveau provincial. Les communautés Mocovíes enregistrées par la province mais pas par Renaci sont 13.
►Département de La Capital :
- Nueva Comunidad Mocoví-Dalaxaig Covó (le 28 décembre 2009), dans Recreo.
- Communauté Comcaia-Somos Hermanos (le 28 décembre 2009), à Recreo
►Département Garay :
- Communauté Feliciano Eliseo Ovelar (le 10 décembre 2010), à Santa Rosa de Calchines.
- Communauté Calle Ancha (le 4 mars 2011), à Helvecia
- Communauté Doña Claudina Lanche (le 4 mars 2011), à Colonia Mascias
- Communauté Doña Jerónima Troncoso (le 24 janvier 2011), à Paraje Campo del Medio de Helvecia
- Communauté Doña Carmen Juana Tasori (le 24 janvier 2011), à Paraje Campo del Medio de Helvecia
- Communauté de Santa Teresita (le 10 décembre 2010), à Helvecia
- Communauté de Caiastas (le 19 décembre 2010), à Cayastá
- Cacique Santos Sañudo Communauté du quartier de Los Payucanos (le 17 novembre 2010), à Helvecia
- Communauté Dos de Febrero (le 18 juillet 2011), à Helvecia
- Communauté Aim Moqoit (1er septembre 2011), in Helvecia.
►Département Vera :
- Communauté Kami Iapa (le 24 janvier 2011), à Paraje el Toba de Margarita.
- Communauté Noagué Noa Nonot’i (le 18 août 2011), à Melincué
►Département General Obligado :
- Communauté Añaxas (le 18 août 2011), à Las Toscas.
- Communauté Cacique Colashi du quartier El Paraisal (le 27 septembre 2013), à Los Laureles
►Département du Général López :
- Communauté Lava Coqom (le 27 septembre 2013), à Venado Tuerto.
- Communauté Maicasari Iagpa (depuis le 1er juillet 2015), à Carreras
Lectures en français conseillées sur les Mocovies :
Dans l’ouvrage ci-dessous, il est fait mention des Mocobies.
La vie quotidienne des Indiens et des Jésuites du Paraguay au temps des missions de Maxime Haubert
Les traductions pour le peuple Mocovi
Des langues et des hommes : Les langues de la famille Guaykurú
Estanislao López – Massacres de Mocovíes
La dernière révolte des Mocovíes
Carancho dans la mythologie Mocovie et Chorote
Le cours de langue Moqoit porte ses fruits
MOWIQAPP : un logiciel gratuit pour les linguistes moqoit, wichi et qom
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