Philippines : Le peuple Aeta

Publié le 16 Mai 2023

By Unknown author - http://quod.lib.umich.edu/cgi/i/image/image-idx?id=S-SCLPHILIMG-X-563%5DPHLA589, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4267127

 

Les Aeta, Agta ou Dulagat sont des termes collectifs pour désigner plusieurs peuples autochtones philippins qui vivent dans différentes parties de l’île de Luçon aux Philippines

Ils sont également connus sous le nom de Négritos des Philippines et inclus dans le groupe plus large des Négritos d’Asir su sud-est avec qui ils partagent des caractéristiques communes, superficielles comme les tons de peau foncés, les petites tailles, les cheveux crépus à bouclés et une fréquence élevée de cheveux frisés naturellement et de couleur plus claire (blonde) que la population générale

On pense qu’ils font partie des tous premiers habitants des Philippines précédent les migrations austronésiennes

Ils sont par ailleurs issus à présent d’un mélange austronésien significatif et parlent des langues austronésiennes

A l’origine les communautés Aeta étaient des chasseurs, cueilleurs nomades composés d’environ  à  familles par groupe mobile les groupes sous le terme « aeta » sont normalement désignés d’après leurs emplacements géographiques ou leurs langues communes.

Population

50.236 personnes (2010)

Langues : philippines négritos

Ils ont adopté les langues de leurs voisins philippins austronésiens qui ont divergées au fil du temps pour devenir des langues différentes. Par ordre de nombre de locuteurs mag-indi, mag-antsi, abellen, ambeila, mariveleño.

Le mot aeta vient du proto-malayo-polynésien = personne à la peau foncée

Le terme dumangat/dumaget est un exonyme qui signifie »les gens de la rivière Magat ».

 

By Dnacario - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46163407

Liste des groupes ethnolinguistiques considérés comme Aeta et des provinces dont ils sont originaires

  • AETA – Centre de Luçon

Ambala Aeta  - Zambalas, Bataan

Abellan Aeta (Abenlen, Abelling, Aburlin) – Tarlac

Magbukún Aeta (Magbikin, Magbeken, Bataan Ayta) – Bataan

Mag-antsi Aeta (Mag-Anchi ou Magganchi) – Zambalas, Tarlac, Pampanga

Mag-indi Aeta (Maggindi) – Zambalas, Pampanga

  • AGTA – Luçon sud-est

Alabat Agta (Alabat island Agta) – Quezon

Agta Cimarron – Camarines sur

Manide (Abiyan Agta ou Camarines norte Agta) – Camarines norte

Rinconado Agta (Iriga Agta) – Camarines sur

Tabangnon (Partido Agta, Katabangan, Katubung, Isarog Agta) – Sorsogon, Quezon, Camarines sur

  • DUMAGAT – Luçon orientale

Alta dont :

Northern Alta – Aurora

Southern Alta (Kabulowan Alta ou Edimala) – Quezon, Nueva Ecija

Arta – Quirino

Atta  dont :

Faire-Rizal Atta – province de Cayagan

Pamplona Atta – province de Cayagan

Pudtol Atta – province de Cayagan

Casiguran Dumagat – Aurora

Central Cagayan Dumagat – Cagayan

Palanan Dumagat – Isabela

Paranan Dumagat(Pahanan Dumagat) – Isabela

Disabungan Dumagat – Isabela

Dupaningan Dumagat – Cagayan

Madella Dumagat – Cagayan

Sinauna Tagalag (Remontadi Dumagat) – Rizal, Quezon

Umiray Dumagat – Quezon

 

 

province de Cagayan

 

Localisation

 

 

Les Aetas vivent à Zambalas, Tarlac, Pampanga, Panay, Bataan et Nueva Ecija.

Ils ont dû se déplacer vers une zone de réinstallation à Pampanga et Tarlac suite à l’éruption dévastatrice du mont Pinatubo en 1991. Certaines communautés ont des titres fonciers gouvernementaux reconnaissant leurs revendications sur leurs terres ancestrales.

 

Eruption du mont Pinatubo en 1991 By Dave Harlow, USGS - CVO Photo Archives - Pinatubo, Philippines, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=545011

 

Les Aetas ont été les plus touchés par le réveil du volcan, la destruction de nombre de leurs villages ayant complètement bouleversé leur mode de vie. Relogés pour la plupart dans des campements, leurs conditions de vie demeurent difficiles. Incapables de subvenir à leurs besoins alimentaires avec les petites parcelles offertes par le gouvernement, beaucoup d'Aetas travaillent de ferme en ferme pour le compte de grands propriétaires des plaines, fragmentant leur société et la rendant dépendante de l'économie régionale.

454 familles Aeta à Floridablanca, Pampanga ont reçu leur certificat de titre de domaine ancestral (CADT) en 2009. C’était la première fois que des titres de domaine ancestraux étaient distribués par la Commission Nationale des Peuples Autochtones.

Les communautés Dumagat-Remontado habitent les chaînes de montagnes de la Sierra Madre à Rizal et Quezon. Leurs revendications de domaine ancestral couvrent des parties de cette chaîne montagneuse.

 

L’île de Luçon

8

 

Tagalog en philippin, Luzon en anglais

C’est la plus grande île des Philippines, un des 3 grands groupes d’îles du pays (les 2 autres sont Visayas et Mindanao).

Superficie : 104.688 km2

Population : 50.000.000 d’habitants

Luçon couvre 35% du territoire national et rassemble la moitié de la population du pays.

Elle abrite Manille la capitale ainsi que la ville la plus peuplées, Quezon city.

C’est une île montagneuse bordée par la mer de Chine méridionale à l’ouest, la mer des Philippines à l’est et le détroit de Luçon au nord.

L’île est parsemée de volcans dont le Pinatubo à l’ouest, un stratovolcan actif qui a connu une éruption volcanique en 1991 qui est l’une des plus importantes du XXe siècle avec des conséquences à l’échelle planétaire.

En 2018, sur le site de Kalinga, une équipe de préhistoriens a découvert des outils et des os de rhinocéros dépecés par des homininés il y a 709.000 ans. Le peuplement des Philippines pourrait être plus ancien que ne le pensaient les archéologues. Ces humains seraient apparentés à l’homme de Florés dont on a trouvé des ossements vieux de 700.000 ans sur l’île de Florés en Indonésie.

En 2019, des recherches menées par une équipe de chercheurs philippins et français ont abouti à la découverte d’ossements de 3 individus identifiés comme une espèce d’hominidés encore inconnue baptiése Homo luzonensis (L’Homme de Callao), plus ancienne qu’Homo Sapiens, de petite taille, une caractéristique typique de l’endémisme insulaire. Cette espèce se distingue également par la taille de ses molaires et prémolaires.

Sinon, l’île est très marquée par le colonialisme espagnol, elle est catholique à au moins 85% de la population.

Question ressources alimentaires, le riz cultivé avec force engrais et pesticides doit permettre d’aboutir à 3 récoltes par an pour suffire aux besoins du pays.

Histoire des Aeta

Origines et liens

 

Négritos des Philippines vers 1899 Par Auteur inconnu — Page 29 of The history and conquest of the Philippines and our other island possessions; embracing our war with the Filipinos in 1899 by Alden March, published in 1899., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3208360

Le peuple Aeta est généralement regroupé avec le groupe de population Negrito plus large d’Asie du sud-est comme les Semang de la péninsule malaise et le peuple Andamanais. Les Negritos des Philippines ont une affinité génétique relativement plus étroite avec différentes populations d’Asie de l’est ainsi qu’avec des peuples autochtones de Nouvelle Guinée et les aborigènes australiens dont ils ont divergé il y a 40.000 ans. Ils ont des pourcentages élevés de flux génétique de Denisovan. Les Aeta sont les descendants de la même meta-population ancienne d’Eurasie orientale qui a également donné naissance aux asiatiques de l’est et aux australasiens modernes.

Migrations

Les premières migrations modernes vers les îles Philippines ont lieu au Paléolithique il y environ 40.000 ans suivies de deux vagues de migration entre 25.000 et 12.000 à travers les ponts terrestres du Sundaland qui reliaient les îles au continent asiatique.

La dernière migration des Philippines est associés aux peuples austronésiens (vers environ 7000 ans) de Taiwan.

Affinités et apports

Les Negritos présentent aussi des affinités craniométriques et dentaires avec diverses population d’Asie du sud-est et du Japon suggérant des liens ancestraux profonds.

Les dents des Aeta modernes affichent un mélange austronésien important (10 à 30 %) en raison du contact avec la population et le mélange après l’arrivée des austronésiens.

Les Aeta modernes parlent des langues austronésiennes avec un nombre élevé de vocabulaire non austronésien.

Ils suivent des pratiques culturelles, syncrétiques incorporant de nombreux éléments austronésiens dans leur culture traditionnelle.

Une étude récente en 2021 analysant l’ascendance archaïque dans 118 groupes ethniques philippins a découvert un évènement de mélange indépendant chez les Negritos philippins avec les dénisoviens.

 

Par Seanaleta — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=100413600

Les Ayta Magbukon en particulier se sont avérés posséder le plus haut niveau d’ascendance denisovan au monde (entre 3 et 9%) ce qui est d’environ 30 à 40% supérieur au montant observé chez les australo-papous.

Résistance au contact, caractéristiques anciennes, processus d’esclavage

Contrairement aux autres groupes ethniques philippins, les Aeta ont montré une résistance au changement.

Ils ont eu peu d’interactions avec les espagnols car ils sont restés dans les montagnes pendant la domination espagnole. Ceux-ci n’ont pas réussi à les faire entrer dans les réductions ni dans les réserves.

Ils étaient de redoutables guerriers, possédaient des armes et des outils en fer.

Ils étaient rapides et précis avec leurs arcs et leurs flèches.

Pour autant, leur petit nombre, leur économie primitive et leur manque d’organisation en faisait  des proies faciles pour les groupes les mieux organisés. Ils étaient souvent réduits en esclavage et vendus à Bornéo et en Chine. Ils n’avaient, une fois réduit au statut d’esclave, de solution pour en sortir.

 

Mode de vie

 

Aetas en 1885 By Fondo Antiguo de la Biblioteca de la Universidad de Sevilla from Sevilla, España - "Negritos o Aetas", CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=51652935

Ce sont des peuples nomades qui ne construisent que des abris temporaires faits de branches enfoncées dans le sol et recouverts de palmes de feuilles de bananiers.

Les plus modernisés se sont déplacés vers les villages et les zones de montagnes défrichées. Ils vivent dans des maisons faites de bambou et cogon.

Les Aetas ont subi l’exploitation minière, la déforestation, l’exploitation forestière illégale, l’agriculture sur brûlis, ce qui a entraîné une baisse de population indigène dans le pays. Ils ont peu ou pas la priorité du gouvernement philippin et sont devenus nomades sous la pression sociale et économique sur leur culture, sur leur mode de vie inchangés depuis des milliers d’années.

En tant que chasseurs/cueilleurs, l’adaptation joue un rôle important dans la communauté afin de survivre. Ils doivent acquérir les connaissances sur la forêt tropicale dans laquelle ils vivent, les cycles des typhons qui traversent la région et les autres changements météorologiques saisonniers qui affectent le comportement de la flore et de la faune de leur région.

La narration est une autre compétence de survie.

Leurs valeurs humaines et sociales sont liées à la coopération à travers les histoires et ils apprécient les bons conteurs.

La saison sèche représente pour eux un travail intense, avec la chasse, la pêche et le défrichage des terres pour les récoltes futures. Ces tâches sont effectuées par les hommes et les femmes.

La récolte des parcelles est l’affaire des femmes ainsi que les transactions commerciales avec les non autochtones vivant dans les environs pour vendre la nourriture récoltée.

La plupart travaillent aussi comme agriculteurs temporaires ou ouvriers agricoles, les femmes sont commerçantes ou ouvrières agricoles dans les basses terres.

La saison sèche est synonyme de nourriture plus abondante alors que la saison des pluies (septembre à décembre) offre l’inverse (difficultés à traverses les forêts inondées et humides pour la chasse et la cueillette).

Différents outils sont utilisés pour la chasse et la cueillette, pièges, couteaux, arcs, flèches aux différents types de pointes à des fins spécialisées.

A partir de l’âge de 15 ans les Aetas sont formés à la chasse et à la cueillette y compris les femmes qui chassent avec des couteaux et des chiens en groupe pour être plus efficaces.

La pêche et la cueillette sont également pratiquées par les hommes et les femmes.

Religion

Ils sont de religion monothéiste autochtone. Ceux qui croient qu’ils sont monothéistes soutiennent que diverses tribus aeta croient en un être suprême qui règne sur des esprits ou des divinités inférieures.

Les Aetas du mont Pinatubo adorent Apona.

Ils sont aussi animistes, croyant aux esprits environnementaux bons et mauvais (esprits de la rivière, de la mer, du ciel, de la montagne, des collines, des vallées).

Kamara est un esprit de la forêt qui apparaît et disparaît apportant réconfort et espoir dans les moments difficiles.

Il existe une danse avant et après la chasse aux cochons sauvages.

Les femmes, avant de ramasser des coquillages exécutent aussi une danse qui est une sorte d’excuse aux crustacés et poissons et un charme pour la prise.

Les hommes font une danse des abeilles après l’expédition de récolte de miel.

Quelques dieux :

  • Tigbalog, source de la vie et de l’action
  • Lueve, s’occupe de la production et de la croissance
  • Amas, pousse les gens à la pitié, à l’amour, à l’unité et à la paix du cœur
  • Binangewan, est responsable du changement, de la vie et de la mort
  • Gutugumakkan, être suprême et grand créateur
  • Kedes, dieu de la chasse
  • Pawi, dieu de la forêt
  • Sedsed, dieu de la mer

Certains Aetas de Zambales et Pampanga ont été évangélisés par les Missions new tribes.

Artisanat

Ils sont habiles en tissage et tressage (les femmes fabriquent paniers et nasses).

Les hommes fabriquent des bracelets et un des imperméables en feuilles de palmier dont les bases entourent le cou du porteur et la partie haute s’étend comme un éventail autour du corps.

Médecine traditionnelle

Les femmes aetas sont connues dans tout le pays pour être expertes en plantes médicinales.

Les feuilles de bananiers servent dans la douleur des maux de dents, les feuilles de camphre lors des fièvres et des rhumes. La pratique de bains est souvent utilisée dans lesquels elles ajoutent des plantes médicinales. Les tisanes sont fréquentes, pour vermifuger les enfants, contre les maux de ventre. Les plantes servent aussi au contrôle des naissances (vin à base de racine de lukban), elles savent soigner les cycles menstruels irréguliers, contrôler la tension artérielle(citronnelle, ou barbaraniw).

Si les troubles persistent malgré l’utilisation des remèdes traditionnels, elles demandent l’aide d’un herbolario (devin). Les Aetas pensent que les maladies sont causées par un esprit qu’ils ont peut-être offensé et dans ce cas ni les plantes ni les médecins seraient efficaces.

Pour apaiser les esprits, ils demandent à l’herbolario d’accomplir un rituel appelé « ud-udung » au cours duquel il place du riz ou des œufs crus sur le front du patient pour déterminer la cause de la maladie et répète l’opération à plusieurs reprises pour confirmer. Ensuite le patient doit se baigner avec du lait, du riz et offrir la nourriture pour apaiser l’esprit offensé (Mijares Sharon Grace 2015).

 

Scarifications corporelles

 

Scarifications By Peter - A LUZON NEGRITO WITH SPEAR, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6752318

Ils se font des scarifications dans le dos, les bras, la poitrine, les jambes, les mains, les mollets, l’abdomen en irritant ensuite les plaies avec du feu et de la chaux afin de former des cicatrices.

L’ébréchage des dents a lieu également avec une lime chez les Dumagat qui procèdent à la modification des dents de leurs enfants à la puberté. Les dents sont teintes en noir quelques années plus tard.

En ce qui concerne les ornements, ils utilisent des fleurs et des feuilles en bouchons d’oreilles lors de certaines occasions.

Ils portent des ceintures et des colliers en rotin tressé avec des poils de porc sauvage.

Musique

La musique se compose de divers types d’ensemble agung composés de 2 gongs suspendus ou tenus qui agissent comme des bourdons.

Organisation politique

A l’origine le père était la figure principale de la famille, de la communauté et des bandes qui avaient une structure politique anarchique sans chefs nommés. L’Aeta était sur un pied d’égalité avec l’autre et son principal contact d’interaction sociale passait par la tradition.

L’égalité entre eux était maintenue par la même tradition et guidait leur mode de vie.

Les anciens (pisen) arbitraient les décisions à titre consultatif mais personnes ne pouvait forcer quiconque à suivre ces décisions. Le principe directeur et la résolution des conflits passaient par une délibération soutenue.

Cette structure politique égalitaire a été perturbée en raison des contacts avec des philippins des basses terres où les responsables locaux et les individus avec lesquels ils interagissaient ont forcé les communautés aeta à créer des structures gouvernementales ressemblant aux leurs.

Parfois, ils s’organisent dans des systèmes gouvernementaux avec un Capitan (Capitaine), un Conseyal (Conseiller) et une Policia (Police) mais malgré tout ils résistent à une telle organisation imposée. Ils refusent de nommer un chef (ou un président) qui les gouvernera bien qu’ils aient un ancien qui assume la responsabilité de la direction.

Reconnaissance  et droits territoriaux

The ingenous people right act de 1997 a été reconnu par le gouvernement en ce qui consiste leurs domaines ancestraux, leur identité culturelle, leur droit à l’autogouvernement et leurs droits humains à travers la justice. Cette loi est loin d’être mise en œuvre ou mise en application et les procédures d’attribution des terres sont toujours de longs processus. Les autorités politiques de même ont du mal à reconnaître les recherches scientifiques qui attestent que les Aetas sont les premiers habitants des Philippines (McHenry, Anwar-McHenry, Balilla et Parkinson 2013).

Les minorités ont moins de chance d’être reconnues dans les pays en voie de développement qui cherchent à s’enrichir avec les ressources naturelles de leurs territoires.

Projets de développements contre peuples indigènes

 

Projet de barrage Kaliwa

 

Pendant ce temps, l'opposition au projet de barrage de Kaliwa financé par la Chine s'est intensifiée, car le projet doit déplacer plus de 1 400 familles autochtones Dumagat et affecter plus de 100 000 personnes.

 Malgré les menaces qui pèsent sur les communautés autochtones et les dommages massifs à l’encontre de l'environnement et de la biodiversité6 que le projet pourrait causer, le président Duterte a déclaré qu'il utiliserait des «pouvoirs extraordinaires» pour garantir la réussite du projet. Les peuples autochtones et d’autres groupes ont également critiqué le Ministère de l'Environnement et des Ressources Naturelles (Department of Environment and Natural Resources, DENR) pour avoir délivré un certificat de conformité environnementale malgré une vive opposition au projet.8 Les 4 avril et le 9 mai, des pétitions ont été déposées par le Bloc Makabayan, l'alliance nationale des peuples autochtones de KATRIBU et des défenseurs de l'environnement auprès de la Cour suprême des Philippines. Les pétitions visaient à empêcher la mise en œuvre des prêts pour les projets d'irrigation par pompage de la rivière Chico et du barrage de Kaliwa, car plusieurs dispositions des accords de prêt violent la Constitution philippine de 1987.

 Ces violations sont, entre autres, la clause de confidentialité, le choix de la loi chinoise comme loi applicable, la sélection d'un tribunal d'arbitrage à Hong Kong et la levée de l'immunité souveraine sur les biens patrimoniaux philippins de valeur commerciale. Concernant le projet d'irrigation par pompage de la rivière Chico, le Malacanang Palace a déclaré qu'il se conformerait à l'ordonnance de la Cour suprême11 demandant au gouvernement de répondre à la pétition contre le projet, mais a insisté pour que l'accord de prêt soit constitutionnel12. À ce jour, les peuples autochtones de la Cordillère ne savent pas si le gouvernement a répondu.

Pétition sur change contre ce barrage

VIDEO ‘The river will bleed red’: Indigenous Filipinos face down dam projects

 

New Clark City

 

Un autre projet phare chinois soutenu par l’administration de Duterte qui a totalement ignoré les droits des peuples autochtones est la New Clark City, qui est envisagée par le gouvernement comme la première ville intelligente et verte du pays. La première phase du projet, se trouvant sur une « installation sportive de pointe » qui a été utilisée pendant les Jeux d'Asie du Sud-Est de 2019, a déjà déplacé plus de 27 500 membres du peuple autochtone Aeta. L'expansion du projet menace de déplacer environ 500 familles Aeta. Le Service de développement et de reconversion des bases (Bases Conversion and Development Authority, BCDA), une société d'État placée sous la tutelle du président et chargée de renforcer les forces armées du pays tout en construisant des villes, soutient que les Aetas ne sont pas déplacés en ce qu’il n’existe pas de certificats de titres de propriété des domaines ancestraux dans la zone.

(source pour cette partie concernant les mégas projets) https://www.gitpa.org/web/PHILIPPINES%20en%202019.pdf

Source : wikipedia en anglais, gitpa

Article complémentaire

"Elle donne la vie": une tribu philippine se bat pour sauver une rivière sacrée d'un barrage

Rédigé par caroleone

Publié dans #Peuples originaires, #Philippines, #Aeta, #Négritos

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