Argentine : #PrisonnièresMapuche : Des femmes Mapuche et des personnalités des droits de l'homme exigent des progrès dans la " Mesa de Diálogo " (Table ronde de dialogue)
Publié le 10 Avril 2023
ANRed 03/04/2023
Par le biais d'une lettre intitulée "La parole des femmes : Nous exigeons l'avancée de la table de dialogue ", des femmes mapuche et des personnalités des droits de l'homme demandent une réponse immédiate à la situation des quatre prisonnières mapuche détenues il y a six mois lors de l'expulsion du Lof Lafken Winkul Mapu (Villa Mascardi), "Nous demandons une réponse immédiate et l'avancement de la Table de dialogue" par l'Administration des Parcs Nationaux, le Secrétariat des Droits de l'Homme, l'INAI, le Ministère de la Femme et le Ministère de la Sécurité de la Nation, aujourd'hui représentants du Pouvoir Exécutif qui ont bloqué le dialogue, sans avoir la moindre humanité pour penser à nos sœurs détenues avec des puchikeche. ".
Nous reproduisons la lettre :
La parole des femmes : Nous exigeons l'avancement de la table de dialogue. Depuis l'émergence du peuple argentin, nos Machi ont été persécutées et emprisonnées. Aujourd'hui, le pays est à l'avant-garde des droits de l'homme, mais leur pratique de la dépossession et de la criminalisation n'a pas cessé. Et ce n'est pas un échec. C'est une décision.
Dans quelques jours, six mois se seront écoulés depuis la détention illégale de notre lamuen Machi. Au 21ème siècle, le racisme en Argentine est structurel. Personne n'est contrôlé, personne n'est regardé, personne n'est fouillé, encore moins reconnu (et si cela vous semble exagéré, lisez les dernières nouvelles de la province de Mendoza, et sa politique négationniste).
Ils croient que tous leurs ancêtres sont descendus des bateaux, comme si cela leur conférait un statut de personnes soignées et bienveillantes. Dans l'histoire du peuple argentin, "ils utilisent la prison comme une méthode pour déshumaniser et effacer toute capacité de résistance, ils se cachent derrière 1000 mensonges pour justifier leur emprisonnement politique" (Pilar Calveiro "Pouvoir et Disparition").
Depuis le 4 octobre 2022, nous avons, par décision du pouvoir exécutif et d'un pouvoir juridique corrompu, quatre femmes en prison avec neuf enfants pour usurpation. Une femme se cache avec cinq enfants, et le Rewe (espace cérémoniel) est gardé par quatre forces de répression.
En tant que femmes mapuche, nous ressentons la douleur et l'incertitude qui entourent notre lamuen, coincées dans la haine raciale imposée par l'État, qui écoute de toute urgence les jérémiades de la droite récalcitrante.
Cette année, nous n'avons pas eu de changement de législateur, ni renouvelé l'engagement envers/au Rewe. Pu zomo, com inchiñ, lamuen, ñuque (nous, femmes, sœurs, mères) ne sommes pas prêtes à perdre notre capacité de résistance. Parce qu'on nous manque de respect dans notre pratique de la santé traditionnelle mapuche et dans notre pratique spirituelle. Et cela a de graves conséquences.
Nous exigeons l'avancement de la table de dialogue, en tant que résolution du conflit, et non comme un geste d'oubli ou de soumission à l'État, car nous ne pardonnons pas la violence extrême et humiliante qu'ils ont exercée sur nos lamuen. Mais précisément pour mettre fin à la répression, à la maltraitance de tout un Lof. Parce que nous sommes capables de discuter sur la base de notre vérité historique.
Ils ne nous feront pas la morale et nous n'écouterons pas la peur et la terreur que l'État répand par le biais de la criminalisation. Avant notre naissance, nous étions niés, invisibles, racialisés. Mais nous avons des pu lawen qui guérissent les souvenirs de la douleur laissée par la dépossession. Et cela nous donne la force de continuer.
Nous exigeons la liberté de nos sœurs, nous en avons assez d'être enfermées parce que nous sommes des Mapuche, parce que nous sommes des femmes. Retour de la machi Betiana Coluan Nahuel à son Rewe. En tant que pu zomo, en tant que femmes, nous élevons nos voix et nous affirmons notre force pour marcher librement avec nos pu lamuen dans les territoires.
Nous demandons une réponse immédiate et des progrès à la table de dialogue, de la part de l'Administration des Parcs Nationaux, du Secrétariat des Droits de l'Homme, de l'INAI, du Ministère de la Femme et du Ministère de la Sécurité de la Nation, aujourd'hui représentants du Pouvoir Exécutif qui ont bloqué le dialogue, sans avoir la moindre humanité pour penser à nos sœurs détenues avec les pu puchikeche.
Signataires
Soraya Maicoño Pillan Kushe El Bolsón Río Negro. – Fernanda Neculman Torres: Werken Parlamento Mapuche Tehuelche, Kurru Lewfu Río Negro. – Comunidad Curruhuinca San Martín de los Andes. – Nora Cortiñas Madre de Plaza de Mayo Línea Fundadora. – Doctora Miriam Álvarez IIDy PC a UNRN/ Conicet. – Zomo Mapuche Rocío Andrade. Fiske Menuco Río Negro. – -Azmaun Red de Educadores Interculturales. Feminismo Territorial Mapuche. – Zomo Mapuche Malvina Soledad Marcial Comodoro Rivadavia. – Beatriz Pichi Malen Ullkantufe/ Amellkafe. – Weichafe Zomo Mapuche Moira Millán Lof Pillan Mahuiza Corcovado Chubut. – Zomo Mapuche Florencia Torres Catrihuala Educación Intercultural Bilingüe. Cervantes Río Negro. – Zomo Mapuche Soledad Cayunao Lof Cayunao, Altos Chubut Río Negro. – Comunidad Peumayen Alto Rio Percy Esquel. – Comunidad Mapuche Elel Kimun Fiske Menuco Río Negro. – Cacique Margarita Mamani Comunidad Indígena Diaguita El Mollar. – Pu Zomo Lof Nahuelpán Esquel Chubut. – Zomo Mapuche Gina Jara Esquel Chubut. – Pu Zomo Lof Quemqemtrew Cuesta del Ternero Río Negro. – Zomo Mapuche Lawentuchefe Flavia Sepúlveda Wall Mapu. – Zomo Mapuche Adriana Baigorria Esquel Chubut. – Lof Leufu Ka Lafkenche Carmen de Patagones Bs As. – Inchiñ Comunicación Mapuche. Carmen de Patagones Bs As. – Zomo Mapuche Juana Antieco Educadora Tradicional Mapuche Tehuelche. Rawson Chubut – Zomo Mapuche Mirta Ñancunao y Elisa Ose Ñancunao Lof Las Huaytekas. – Zomo Mapuche Alejandra Ayelen Nuwurken Warria Puel Mapu. -Movimiento de Mujeres y Diversidades Indígenas por el Buen Vivir. – Feministas del Abya Yala. – Equipo de Educación Popular Pañuelos en Rebeldía. – Educadora Popular Claudia Korol.Bs As. – Doctora Adriana Marcus Red Jarilla Plantas Saludables de la Patagonia. – Analiza Pensiero Convergencia de las Culturas Argentina. – Alicia Blanco Convergencia de las Culturas Argentina. – Maria Eugenia Vittori DNI 20045436. – Elizabeth Garrillo Melo DNI 39881932. – Nómadas Comunicación Feminista El Bolsón Río Negro. – Maria Inés Alonso Armesto DNI 11517898. Izquierda Socialista Parque San Martín, Marcos Paz, Las Heras, Lobos.
traduction caro d'un communiqué paru sur ANRed le 03/04/2023
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