Pérou : Menaces de mort contre l'apu Teobaldo Flores du peuple Kukama
Publié le 15 Octobre 2022
Apu Teobaldo Flores. Photo : Puinamudt
Servindi, 13 octobre 2022 - L'apu (chef) Teobaldo Flores, de la communauté Kukama San José de Saramuro, a reçu des menaces de mort constantes de la part d'un groupe armé et violent.
Les menaces continues sont proférées au milieu de la mobilisation indéfinie que mènent les fédérations indigènes des quatre bassins de Loreto.
C'est ce que dénonce l'Observatorio Petrolero Puinamudt, qui indique que ce groupe a envoyé des photos et des vidéos depuis le premier jour de la mobilisation, qui a débuté le 5 octobre.
Les images montrent des hommes cagoulés et armés de fusils de chasse. Ils déclarent qu'ils ne permettront pas la saisie de la station PETROPERU 1 et qu'ils sont totalement opposés à la manifestation.
À l'époque, les menaces visaient également Alfonso López Tejada, président d'ACODECOSPAT, une organisation qui regroupe 60 communautés des peuples Kukama et Urarina.
Cependant, les jours suivants, les menaces ont été dirigées exclusivement vers l'apu Teobaldo Flores à travers les réseaux sociaux, où ils affirment qu'ils vont attenter à sa vie dès que le contrôle territorial prendra fin.
Le harcèlement a continué avec des cris et des coups de feu en l'air autour de la communauté.
Certains suspects ont été identifiés après avoir fait des déclarations à des médias tels que Radio Exitosa et Radio La Voz de La Selva, dans lesquelles ils cherchaient à discréditer la lutte des indigènes et leurs revendications.
Par l'intermédiaire des organisations des quatre bassins, les preuves des menaces sont envoyées aux autorités correspondantes.
L'enquête et des mesures de protection efficaces sont attendues pour l'apu Teobaldo Flores, l'apu Alfonso López et les autorités communales, mais aussi pour les conseillers et les délégations d'autres peuples qui sont sur le point d'arriver.
Les raisons de la mobilisation
La mobilisation, qui consiste à bloquer la rivière Marañón à la hauteur de San José de Saramuro, est une conséquence de l'expiration du délai donné au gouvernement de Pedro Castillo pour réactiver le dialogue avec les communautés.
Les demandes formulées répondent aux conséquences d'un demi-siècle de pollution pétrolière et à la négligence historique de l'État en matière de droits humains et collectifs.
Il ne s'agit pas seulement d'une marée noire et d'une communauté, mais de près de 100 communautés représentées par les fédérations FEDIQUEP, FECONACOR, OPIKAFPE et ACODECOSPAT, avec un programme sérieux en matière de santé, d'assainissement de l'environnement, d'éducation, de titres de propriété, etc.
La mesure est le résultat de l'épuisement des voies formelles et légales, annoncées à l'avance et respectant les procédures correspondantes.
Ainsi, le blocus se déroule de manière pacifique, les bateaux n'ayant pas résisté à l'arrêt de leur voyage.
L'Association interethnique pour le développement de la selva péruvienne (AIDESEP) vient de soutenir publiquement le blocus et a souligné l'urgence de répondre aux demandes des communautés.
De son côté, la présidence du Conseil des ministres (PCM) a également reconnu l'incapacité de l'État péruvien à respecter l'agenda de la mobilisation et a commencé à coordonner les premiers pas vers le dialogue.
Des défenseurs autochtones sans garantie pour leur vie
En prévision de scénarios similaires, les organisations indigènes avaient déjà demandé une vigilance compétente au Bureau du Médiateur et à la Commission des Peuples du Congrès de la République.
Mais aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire d'activer des alertes et des protections pour les défenseurs des droits afin d'éviter toute affectation ou perte irrémédiable. En ce sens, tout incident qui pourrait survenir devient la responsabilité de l'État.
Enfin, ACODECOSPAT lance un appel aux autres organisations alliées, aux institutions des droits de l'homme, aux médias indépendants et à l'opinion publique pour qu'ils fassent preuve de solidarité et se tiennent au courant du déroulement de la mobilisation et des menaces proférées, car il s'agit d'une constante malheureuse en Amazonie qui n'a pas encore attiré l'attention de l'État comme elle le mérite.
traduction caro d'un article paru sur Servindi.org le 13/10/2022
/https%3A%2F%2Fobservatoriopetrolero.org%2Fwp-content%2Fuploads%2F2022%2F10%2Fcoregid-1536x1024.jpg)
Amenazan de muerte al apu Teobaldo Flores del pueblo Kukama
Servindi, 13 de octubre, 2022.- El apu (jefe) Teobaldo Flores, de la comunidad kukama San José de Saramuro, viene recibiendo constantes amenazas de muerte por parte de un grupo armado y violentista
https://www.servindi.org/13/10/2022/amenazan-de-muerte-al-apu-teobaldo-flores-del-pueblo-kukama
/image%2F0566266%2F20210610%2Fob_9d8eb4_dsc04024-jpgm-jpgmm.jpg)