Argentine : Mobilisation auprès du Congrès pour exiger le renouvellement de la loi d'urgence territoriale 26.160 et le respect de la propriété indigène
Publié le 9 Octobre 2021
Ce mercredi, 6 peuples et nations indigènes se réuniront à 10 heures au croisement de l'Avenida de Mayo et du 9 de Julio pour ensuite se mobiliser - avec des organisations sociales, politiques et syndicales - jusqu'au Congrès national pour exiger le renouvellement de la loi d'urgence territoriale 26.160, qui expire en novembre de cette année et qui exige la suspension des expulsions et la réalisation d'un relevé technique, juridique et cadastral des terres dans tous les territoires communautaires du pays. En outre, ils demandent que le droit à la propriété d'origine soit respecté. Les contingents viendront de Buenos Aires, Neuquén, Río Negro, La Pampa, Tucumán, Salta, Jujuy, Chaco, Misiones et Santa Fe. "Sœurs et frères, Coyas, Guaranis, Ava Guaranis, Mbya Guaranis, Wichí, Pilagá, Qom, Mocoví, Diaguitas, Quilmes, Ranculche, Mapuches, Quechuas, Aimaras, Lules, nous sommes unis pour obtenir l'extension et le budget nécessaires afin que la loi 26160 puisse être appliquée et rendue effective", a fait remarquer le Movimiento Naciones y Pueblos Originarios en Lucha (Mouvement des nations et des peuples autochtones en lutte).
Par ANRed.
Le Mouvement des nations et des peuples autochtones en lutte (Movimiento de Naciones y Pueblos Originarios en Lucha) a publié un communiqué dans lequel il déclare : "Sœurs et frères, Coyas, Guaraní, Ava Guaraní, Mbya Guaraní, Wichí, Pilagá, Qom, Mocoví, Diaguitas, Quilmes, Ranculche, Mapuches, Quechuas, Aimaras, Lules, nous sommes unis pour obtenir l'extension et le budget nécessaires pour que la loi 26160 puisse être appliquée et devenir effective", ont expliqué les peuples organisateurs.
Ils ont ajouté : "Nous avons besoin que l'interdiction d'expulsion de nos peuples reste en vigueur et que l'enquête en cours soit définitivement résolue afin que nous puissions trouver une solution équitable pour ceux d'entre nous qui habitent ces terres. Nous nous engageons à intervenir dans toutes les provinces auprès des députés et sénateurs nationaux. Dans le même temps, nous nous engageons à veiller à ce que toutes les législatures provinciales adhèrent à la loi 26.160″.
En outre, ils ont à nouveau exigé que le projet de loi sur la propriété des communautés indigènes, qui permettrait aux peuples d'obtenir des titres de propriété sur les territoires étudiés, soit traité et approuvé.
De son côté, la Confédération Mapuche de Neuquén, une autre des organisations convoquées, a également pris position dans un communiqué du 27 septembre : " 15 ans après l'entrée en vigueur de cette loi, ces objectifs n'ont pas été atteints : les expulsions continuent d'être appliquées avec toutes les conséquences que l'on peut prévoir, et en ce qui concerne l'étude des territoires, plus de 50% des territoires n'ont pas été étudiés, et parmi les terres étudiées, un pourcentage important l'a été de manière incorrecte. Il n'existe pas de mécanismes pour corriger les tâches mal exécutées, ni de canaux de plainte clairs pour les dénoncer", affirment-ils.
"Cette non-conformité et cet état de menace ne relèvent pas seulement de la responsabilité des provinces, mais aussi du gouvernement fédéral, qui est l'organe responsable de l'application de la loi 26.160". - Ils ajoutent : "La seule mention en deux ans de gouvernement du président Alberto Fernández a été l'engagement, lors de l'ouverture des sessions en mars de cette année, de promouvoir le renouvellement de la loi avant son expiration en novembre prochain. Aucune mention ou engagement à l'appliquer", a fait remarquer la confédération.
C'est pourquoi elle souligne : " on ne peut pas continuer à quémander le renouvellement d'une loi alors qu'il a été démontré qu'il n'y a pas de volonté politique de l'appliquer. Jusqu'à présent, les intérêts des gouvernements provinciaux ont prévalu, et ils entendent continuer à appliquer un modèle d'exploitation et de pillage des territoires. Le gouvernement fédéral ne s'est pas engagé sérieusement dans son application, car il n'a pas à son ordre du jour la dette historique avec les nations autochtones. Dès lors, seule la capacité à se mobiliser, à dénoncer et à s'opposer aux plans de mort qui se préparent sur nos territoires de vie est la garantie de notre survie".
Enfin, ils demandent : "le défi que nous laissons sur votre table est de renouveler la validité de la loi et de la renouveler sans limite de durée. Mais fondamentalement l'engagement de l'appliquer, ce qu'ils n'ont pas fait en 15 ans. Cette action doit être l'étape préalable à la titularisation des territoires, ce que la Constitution, la Convention 169 de l'OIT et une énorme jurisprudence vous demandent. Pour cela, vous devez vous-mêmes approuver la loi sur la propriété communautaire indigène, qui a été présentée plus d'une fois face à l'opposition à son approbation. Nous allons nous tenir au centre de nos territoires pour défendre nos projets de vie contre ce qu'ils appellent des projets de développement. Cela nous a coûté la vie de nos meilleurs hommes et femmes, la base de la loi qui soutient nos actions. S'ils commettent la folie de faire expirer la loi 26.160, nous devrons nous appuyer fermement sur les droits que la Constitution, les normes internationales et les derniers arrêts qui marquent une jurisprudence claire. Il est bon de rappeler que c'est votre Congrès national qui, le 5 octobre 1878, par le biais de la loi 947, a approuvé la "campagne du désert" de Julio A. Roca, qui a marqué le début de la dépossession que l'actuelle loi 26.160 veut arrêter. Vous, députés et sénateurs, devez vous élever au niveau de l'histoire et inscrire dans votre agenda urgent une réparation historique de vos institutions fondées sur un génocide. C'est la dette de la soi-disant démocratie avec plus de 40 nations autochtones. Une démocratie qui sera authentique lorsque nos institutions seront reconnues dans le cadre d'un État plurinational", conclut le communiqué.
traduction carolita d'un article paru sur ANred le 06/10/2021
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