Equateur : Le peuple Otavalo

Publié le 21 Novembre 2018

 

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OTAVALO, nationalité de la sierra

Population : 65.000 personnes 

 

Situation géographique


Ils sont situés dans la province d'Imbabura, dans les cantons suivants :

Dans le canton d'Otavalo et ses paroisses : Otavalo, El Jordán, Eugenio Espejo (Calpaquí), San Juan de Ilumán, San Luís, San Rafael, Miguel Egas Cabezas (Peguche), González Suárez, San José de Quichinche, San Pablo.
Dans le canton de Cotacachi et ses paroisses : El Sagrario, Imantag, Quiroga, San Francisco.
Dans le canton d'Ibarra et ses paroisses : Ibarra, Sagrario et Ambuquí.
Dans le canton Antonio Ante et ses paroisses : Andrade Marín, San Francisco de Natabuela et San Roque.

Population organisée autour de 257 communes Kichwa-Otavalo.

Leur territoire ancestral est situé dans les montagnes du nord de l’Equateur où ils se sont installés au pied du volcan Imbabura.

 

sur la carte n° 8

 

volcan Imbabura CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=264466

Leur langue : le kichwa et l'espagnol (deuxième langue)

 

 

 

Histoire

 

Peuple aux origines mésoaméricaines.

 

Entre 300 et 700 avant JC, un déplacement s’est produit de l’Amérique centrale vers le sud et a atteint le nord de ce qui est de nos jours l’Equateur. De cette même origine sont apparues les cultures Awá, Chachi, Eperara et Tsáchila dont les langues étaient barbacoanes.

Plus tard, il est fait référence à un territoire bien organisé qui était en passe de devenir un état, la Confédération Cayambi-Karanki-Otavalo gouvernant par système de chefferie, qui ne le devint pas car il fut démantelé par l’empire Inca.

A cette époque, ils contrôlaient un espace plus vaste que l’actuel et empiétaient sur les forêts humides du piémont occidental des Andes dont les zones de Salinas (canton actuel d’Otavalo) et Intag (partie basse du canton de Cotacachi). L’accès à ces zones leur permettaient de disposer de ressources rares dont le sel de Salinas, le coton, la coca, des coquillages. Ils entretenaient des relations commerciales avec les peuples du piémont occidental et du piémont oriental (Amazonie).

Les Incas occupent militairement le territoire Otavalo à la fin du XVe siècle après 10 années de guerre. La conquête pacifique habituelle des Incas se confronte à un foyer de résistance sur le territoire otavalo et les régions plus au nord, peuplées par l’ethnie Pastos qui auraient été soumises avant celles des Otavalos au terme d’une guerre menée par Huayna Capac.

Les terres otavalos sont occupées entre 1500 et 1505 ; au terme de cette guerre, un massacre d’adultes otavalos aurait eu lieu près de la lagune Yahuarcocha (Ibarra) qui en a reçu le nom (lac de sang en quechua). A la suite de ce massacre, les jeunes survivants seront surnommés wambrakuna (enfants) et nombreux seront enrôlés dans la garde personnelle de l’Inca.

Pendant la période assez brève, de l’occupation inca jusqu’à la conquête espagnole.

En 1535 : les Otavalos ont conservé une certaine autonomie. Le seul noyau de population inca était caranqui. La présence de mitimaes aurait été faible, quelques dizaines. C’est donc une région qui a été peu « incaïsée ».

 

 

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Activités historiques

 

Otavalo était un ayllu Kichwa dont le chef était le chef du groupe de parenté (seigneurie ethnique) ou ango.

Avant l’arrivée des Espagnols, ils étaient traditionnellement marchands (d’où le nom de marchands appelés mindaláes). Ils ont développé cette activité sous le contrôle du cacao et ils étaient soumis par les Incas à des paiements en hommage en or, couvertures et chaquira en os blanc. Malgré leur constitution en marchands spécialisés dans la vente et les échanges, les mindaláes avaient gardé leur lien à la terre et maintenaient une production agricole et textile pour leur propre consommation et pour des échanges avec les villes voisines. La colonisation espagnole va apporter de grands changements qui vont perturber les éléments fondamentaux de leur relation avec la terre, leurs formes d’organisation et les liens symboliques avec le cosmos.

Ils essaient aujourd’hui de renforcer leurs liens entre leur identité et leur culture.

Ils ont de grandes connaissances dans l’artisanat des tissus et textiles qui leur ont permis de se familiariser avec le marché moderne et de créer des conditions propices à des changements culturels.

Des années 1950 à 1970, les Otavalos connaissent des conditions d’oppression sociale très difficiles héritées de l’époque coloniale.

Leur économie se maintient malgré tout, basée sur la production et le commerce d’artisanat pour le consommation domestique. C’était un peuple discriminé parce que pauvre et indigène.

Suite à cette discrimination, de nombreuses familles ont pris la décision d’élever leurs enfants loin de la terre, en abandonnant la tenue traditionnelle, en cherchant à se protéger de la discrimination qu’ils avaient subie tout au long de leur histoire. Ils s’établirent donc dans les villes, principalement à Otavalo.

Dans les années 1970, la communauté de Peguche, consciente de la perte culturelle occasionnée par le départ des familles dans la ville, décide d’un processus profond de sauvetage et de renforcement de la culture.

Le processus va s’étendre à toutes les communautés et obtenir un succès relatif. Les musiciens, artisans, marchands otavalos commencent à être considérés et respectés en tant que Kichwa Otavalo, une identité qui signifie pour les nouvelles générations la fierté de se sentir indigènes – l’appartenance culturelle est revenue mais il convient de continuer à la renforcer.

C’est un travail historique et culturel qui comprend également la préservation de la langue.

 

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Organisation politique

 

Ils sont organisés en communautés dont la cellule première est la famille monogame. Les communautés sont organisées par le droit à la terre, la défense de différentes formes de production artisanale et commerciale. Les organisations peuvent être urbaines ou morales, elles sont considérées comme organisations de premier degré, elles s’unissent et se joignant à d’autres organisations pour créer des organisations de second degré comme le FISI, Fédération Indigène et Paysanne d’Imbabura, et UNORCAC qui appartiennent respectivement à ECUARUNARI et FENOCIN.

Activités productives

 

Le peuple Otavalo est un peuple éminemment commercial et artisan. Son artisanat est lié à la production textile dirigée vers le commerce extérieur pour les grandes quantités et le commerce national pour les plus petites quantités.

Cette activité a permis le développement intense du tourisme national et international.

Les activités artistiques sont la céramique, la vannerie, la fabrication d’instruments de musique, l’artisanat du bois, les bijoux indigènes.

Les tissus entrent dans la composition de différentes vêtements et objets : ponchos, chaussures, tapisseries décorées, tissus, bas, couvertures.

Les travaux sont réalisés dans de petits ateliers artisanaux et des usines modernes qui permettent d’obtenir plus de rendement à fournir au marché national et international.

 

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Calendrier agricole, la temporalité

 

Leurs croyances sont liées au temps, à la temporalité donnée par la nature et l’agriculture.

Selon eux, la fin et le début d’une temporalité sont déterminés par la récolte du maïs au mois de juin pour le calendrier gréco-romain.

►Le 2e lundi de juillet : c’est le jour propice pour chercher, avec les plus jeunes de la communauté à faire connaître aux forces cosmiques de la pluie, du soleil, des nuits, des jours, de la pachamama et du grand seigneur du temps que les personnes sont présentes en tant que partie de la nature.

►Le mois d’août est le temps du repos de la terre, l’époque où l’on cesse de faire travailler l’agriculture pour prendre soin du bétail.

►Au mois de septembre, voici venue le temps de la préparation de la terre pour l’ensemencement. Autrefois, il était obligatoire de faire des offrandes ou des paiements à la terre, une pratique consistant à partager avec l’ayllu et la Pachamama à manger e à enfouir dans le sol un mediano (nourriture rituelle) pour qu’elle soit plus fertile et produise de bonnes récoltes.

►Au mois d’octobre est planté le haricot de vigne et le haricot rampant répondant à une technologie agricole associée.

►Au mois de novembre vient le temps de 2 variétés de katsu-s (coléoptères) dont certains sont noirs (aya-katsu) et d’autres sont très petits et bruns (pyanchu ou chayampullu). Quand les insectes apparaissent dans les champs le soit et la nuit, les Otavalo savent qu’est venu le temps des premiers soins de la chakra du maïs. Les plants exigent des soins contre les nombreux prédateurs et pour les protéger, ils mettent une bonne quantité de cendres du foyer sur le sol, plante par plante. Ainsi, les oiseaux ne s’approchent pas pour manger les plants et les ravageurs n’affectent pas la chakra.

En décembre c’est l’époque du désherbage afin de fournir une meilleure alimentation aux plants de maïs qui peuvent ainsi se développer plus rapidement.

Le reste des mois de décembre et janvier, ils laissent la terre faire ce qu’elle veut.

 

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Pratiques religieuses/festivités

 

Ils sont les héritiers de coutumes catholiques, de la fête de noël et du nouvel an.

En février se déroule le carnaval avec de l’eau entre voisins et visiteurs.

Ensuite ils célèbrent la semaine sainte avec la cuisson de la fanesca, une nourriture élaborée avec des grains tendres cultivés dans la chakra.

En juin commence le temps du maïs, la fête bien connue de l’Inti Raymi, fête du soleil ou récolte de juin avec des cérémonies, des rassemblements de groupes musicaux.

En septembre, ils préparent la chicha de maïs pour la fête de Yamor, une expression culturelle otavalo dans toute sa splendeur : tissages, artisanat, danses, chansons.

VIDEO La fiesta de Yamor

 

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Musique, chants et danses

 

Sont présentes les tonalités musicales suivantes : san juanitos, yaravies, albazos, tonadas mises en musique par leurs propres instruments de musique : cors, violons, guitares, zampoñas, rondadores.

La danse et les chants sont toujours popularisés dans les formes traditionnelles et parfois recrées avec des formes modernes, le contenu actuel.

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Tenue vestimentaire

 

Le costume traditionnel reflète non seulement l’identité du peuple mais raconte aussi l’histoire riche et profonde qui remonte à l’époque pré-hispanique. Les vêtements évoluent au fil des siècles et s’adaptent aux changements sociaux et culturels malgré tout ils conservent leur essence et leur symbolisme.

 L’époque pré-inca et coloniale, les vêtements otavalo étaient fabriqués à partit de matériaux naturels (coton, laine d’alpaga) et utilisaient les techniques de tissage transmises de génération en génération. Ces techniques et les couleurs utilisées servaient un but esthétique et communiquait le statut social, la profession et l’identité communautaire de la personne qui les portaient.

La tenue des femmes : huamaguatarina, un tissu que les femmes placent sur leur tête, symbole d’élégance et de protection ; l’anaco, une jupe noire ou bleue mettant en valeur la dualité de la vie et représentant la force féminine et la connexion à la terre.

Les ceintures mama chumbi et wawa chumbi sont essentielles dans la tenue des femmes. La mama chumbi est rouge, elle symbolise la force et la vitalité, la wawa chumbi est faite dans un tissu plus fin et plus coloré (c’est une touche de joie et de dynamisme à la tenue).

La cushma (chemise brodée) , le rebozo (châle) et la fachalina créent une tenue qui est non seulement belle mais qui témoigne de la cosmovision indigène.

La tenue des hommes : le poncho est foncé et le pantalon blanc, ces vêtements emblématiques représentent la pureté et le lien avec les racines andines.

Le chapeau de feutre et les cheveux tressés sont des symboles identitaires et de respect des traditions ancestrales.

 

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Cuisine d’Otavalo

 

La fritada pora :  le mote, pain grillé, pommes de terre, plantain mûr, maïs, est le plat le plus courant.

La chicha est fermentée avec 7 variétés différentes de maïs. Ils en boivent quand ils travaillent la terre, dans un petit verre et en jettent une partie à terre en respectant symboliquement le sens que les personnes doivent avoir avec la nature. Cette boisson est présente dans la principale célébration historique et culturelle d’Otavalo, le festival Yamor (Yamur Tuktuy) qui relie les origines pré-incas à la foi religieuse catholique. Cette coutume marque le début du nouveau cycle et coïncide avec l’équinoxe solaire qui a lieu chaque 22 septembre.

 

Médecine traditionnelle

Ils préservent encore des liens étroits avec la médecine traditionnelle uniquement dans les villages.

 

Histoire relative à la nationalité Kichwa des hautes terres équatoriennes

 

Cette nationalité s’est implantée dans tout le haut plateau équatorien y compris dans d’autres régions en raison de mouvements migratoires des différents peuples qui la composent.

Les Kichwa des Hautes terres équatoriennes se sont implantés dans les provinces suivantes :

►Carchi où était installé le peuple Pastos ;

►Imbabura : implantation des nationalités Otavalo, Karanqui, Natabuela et Kayambi ;

►Pichincha : la nationalité Kitucara ;

►Cotopaxi : installation du peuple Panzaleo ;

►Tungurahua : installation des nationalités Chibuleo, Salasaca et Kisapincha ;

►Bolivar : la nationalité Waranka ;

►Chimborazo : les Puruhás ;

►Provinces de Cañar et d’Azuay : installation de la nationalité Kañari ;

►Loja : implantation des nationalités Saraguro et Paltas.

 

Ces peuples sont liés par la langue kichwa, par un territoire qui leur a été confisqué pendant l’époque coloniale espagnole, par une cosmovision commune concernant la terre et l’univers et par des liens commerciaux existant bien avant l’arrivée des Espagnols.

 

Histoire

 

Ce sont des habitants immémoriaux de ces hauts plateaux équatoriens, ils étaient organisés en seigneuries et confédérations ethniques qui ont développé une culture fondée sur la propriété communautaire et le principe de réciprocité. Hélas, leur développement a été bouleversé par l’arrivée des Espagnols en 1492. Une nouvelle forme de production où la propriété qui appartenait à ces peuples est devenue la propriété absolue de la monarchie et des Espagnols. Un nouveau mode de vie arriva également avec les conquérants. Les Kichwas doivent quitter leurs territoires d’origine et partir à travers l’Amérique du sud, procédé qui permettait de contrôler toute forme de rébellion de leur part.

Ils furent soumis au travail forcé dans les mines, les ateliers de construction, la construction de routes et de villes coloniales et d’encomiendas. Ce travail se déroulait dans des conditions inhumaines. Par exemple, pour les hommes autochtones qui travaillaient dans les mines cela signifiait tout simplement la mort.

L’encomienda* était le point d’articulation de la société coloniale, moyen permettant le contrôle du travail indigène, permettant aux espagnols de recevoir des tributs des communautés indigènes, d’organiser la production agricole et artisanale, de contrôler la domination idéologique par le biais de l’évangélisation.

Les obrajes* constituaient le travail obligatoire s’adressant aux femmes qui devaient migrer vers les centres de production textile en tant que mitayos. Ce travail était également réalisé dans des conditions insalubres provoquant souvent le mort de femmes indigènes.

Les travaux des indigènes dans la construction de routes et de bâtiments dans les villes coloniales ont permis aux peuples de transposer leur savoir-faire architectural et de perpétuer leur relation avec la nature dans les églises (décoration intérieure basée sur leur cosmovision). Cette opportunité a néanmoins côuté la vie à nombre d’entre eux.

Entre 1810 et 1830, époque de l’indépendance des colonies de la domination espagnole, on note aucun changement dans les circonstances d’exploitation et de soumission des peuples y compris dans les 70 premières années de la République.

Après la révolution libérale le 5 juillet 1895 à laquelle participèrent beaucoup d’indigènes, d’importants changements auront lieu dans la législation relative à la terre et à la situation des indigènes. La collusion entre partis, l’emprisonnement pour dettes, ‘intervention de l’église dans les affaires de l’état sont éliminés et les grands domaines appartenant à l’église sont expropriés et transférés à la propriété publique.

L’élimination du concertaje* (accord agricole) conduit à la libération de la main d’œuvre indigène dont la plupart migrent vers la côte pour offrir leur force de travail. Ils vont tomber dans une autre forme d’assujettissement avec les propriétaires des plantations.

Le huasipungo* était une autre forme de soumission au travail des peuples indigènes. Cette pratique est née avec la libération des indigènes du concertaje, une pratique consistant à donner un morceau de terre à l’indigène en échange de quelques journées de travail dans la grande hacienda.

Le huasipungo donne naissance à 2 formes de groupement indigène :

►Les huasipunguerons et les roturiers libres.

Les premiers sont situés à l’intérieur du domaine, les seconds dans les centres paroissiaux religieux au marché.

Dans ce nouvel ordre de propriété foncière, il y a eu une augmentation démographique des communautés indigènes donnant lieu à des migrations de la campagne vers les villes, à différente soulèvements exigeant le droit à la terre, des luttes qui, dans les années 60 aboutirent à la première réforme agraire qui va bénéficier à très peu de huasipungueros.

Les années 70/80 sont consacrée par ces personnes à la constitution d’une organisation régionale garantissant et dirigeant leurs luttes, ECUARUNARI.

Le niveau de sensibilisation et d’organisation s’accroit parallèlement aux soulèvements pour la reconnaissance de ces peuples.

 

Au sujet des obrajes :

 

obrajes dans le corregimiento de Quito https://ealincangouce.wixsite.com/historia-del-ecuador/get_involved

 

Il s'agissait d'usines textiles de laine, de coton et de cabuya (agave), qui produisaient également des espadrilles, des sacs, des mèches, des selles, des chapeaux, de la poudre à canon, etc. et où les indigènes étaient obligés de travailler, jour et nuit, souvent jusqu'à leur mort.

« Chaque Indien travaillait 312 jours par an, et le maximum qu'ils pouvaient gagner pendant cette période était de 40 pesos, chacun pesant 8 réaux... Dans chaque Obraje, il y avait une prison, des fers, des chaînes et des coups de fouet. Les enfants ont été cruellement maltraités. De leur salaire étaient déduits les impôts et la pension synodale du prêtre. L'Indien payait sa nourriture et ses vêtements ; et bien souvent même des médicaments étaient déduits de leurs misérables salaires, qui leur étaient vendus à un prix très élevé, même lorsque l'excès de travail les laissait avec quelque maladie... Les Indiens étaient épuisés en peu de temps : le travail auquel ils n'étaient pas habitués était la cause de la mort de beaucoup d'entre eux" (Roberto Andrade.- Histoire de l'Équateur, volume I p. 109) .

https://www.enciclopediadelecuador.com/obrajes/

 

Au sujet de l’encomienda

 

Système d'« esclavage » que les Espagnols exerçaient sur indigènes d'Amérique. L'encomienda était une ancienne institution espagnole du Moyen Âge, et consistait en un territoire qui fournissait des revenus à un noble. En Amérique, cela a changé d'une manière vraiment dramatique et est devenu simplement « une disposition royale par laquelle le roi d'Espagne donnait des terres et des Indiens à perpétuité, comme prix, en récompense des souffrances endurées par ses soldats qui ont étendu les domaines de l'Espagne aux Antilles. La terre reçue à perpétuité était appelée Encomienda ; le noble espagnol qui la recevait pour avoir tué et exploité des Indiens était l'Encomendero et la mine de richesse et la source d'exploitation dans l'Encomienda, c'est-à-dire l'Indien, était appelé Encomendado » (M. Navas Jiménez.- Histoire, géographie et éducation civique ; n° 2, p. 41) . L'encomienda obligeait les Indiens à payer de lourds tributs aux encomenderos, et ceux-ci, en réciprocité théorique, à christianiser l'Indien ; le défendre des « cannibales » ou des attaques d’autres peuples ; et leur apprendre les travaux agricoles et comment laver l'or.

Ces encomiendas ont finalement laissé les Indiens dans une grande misère. (https://www.enciclopediadelecuador.com/encomienda/)

 

Sur le concertaje et le huasipungo

 

Les ouvriers ou « péons » vivaient dans les haciendas avec leurs familles. Ils « passaient des accords » (des engagements) avec les propriétaires, les « patrons » pour les travaux. C'est pourquoi on les appelait « conciertos ». Ils avaient un salaire, mais ils ne le recevaient jamais, car ils étaient endettés envers leurs patrons. Les ouvriers demandaient à leur employeur des avances de fonds pour payer les impôts et les obligations religieuses, comme les baptêmes, les mariages, les enterrements et autres.
La relation entre les peones et les patrons n'était libre qu'en théorie. En réalité, il s’agissait d’une forme de travail obligatoire, puisque l’employeur pouvait emprisonner le travailleur pour lui faire payer la dette. Parfois, les péons recevaient une portion de terre du propriétaire, le « huasipungo », qu’ils travaillaient avec leur famille.
C'est pourquoi on les appelait « huasipungueros ». Les dettes ne s'arrêtent pas même avec la mort du travailleur concerté. Elles passèrent à sa veuve et à ses enfants. L'ouvrier était soumis au patron, qui avait le soutien du clergé et des autorités de l'État. Le curé prêchait la soumission et faisait payer des services religieux qui perpétuaient la dette. Le lieutenant politique de la paroisse et d'autres autorités pouvaient envoyer en prison ceux qui ne payaient pas leur dette Le concertatje a eu lieu dans tout le pays, mais il a été plus fort dans la Sierra. (https://themeeveryday.blogspot.com/2011/09/el-concertaje.html)

 

 

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Sources : koyaecuador.com, peuples amérindiens.com, conaie.org, pamenriquez.blogspot.com

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Equateur, #Peuples originaires, #Kichwa, #Otavalo

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