Equateur : La Nationalité Saraguro

Publié le 8 Novembre 2018

De Rinaldo Wurglitsch from Vienna, Austria - Saraguro, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=113464611

 

Peuple autochtone d’Equateur qui est une Nationalité indigène Kichwa de la sierra équatorienne, habitant dans le sud du pays dans les provinces de Loja et hors de l’Equateur.

Il y a de nombreux Saraguro qui ont émigré dont en Europe et aux EU.

C’est le seul groupe ethnique de la province de Loja qui a survécu à la colonisation espagnole.

 

Ils vivent sur un vaste territoire s’étendant de la province de Loja à la province de Zamora Chinchipe dans la région amazonienne.

Population : 37.000 à 60.000 personnes organisée dans environ 183 communes.

Langue : runashimi ou kichwa et espagnol

 

Localisation

 

►Canton de Saraguro : paroisses de Saraguro, Tenta, Paraíso de Celén, San Antonio de Cumbe, El Tablón, Sela Alegre, Urdoneta

►Canton de Yacyambi  ‘Zamora Chinchipe)

►Canton de Loja : paroisse de San Lucas

►Canton de Zamora : paroisses de Gaudalupe, Imbana, Guayzimi Zumbi, 28 de mayo, La Paz, Tutupali, Yantzaza

►Provinces d’Azuay et de Pichinche

sur la carte n° 19

 

Origine

 

Dans les années 1460, l’empire inca conquit la région de Saraguro. Le peuple pré-inca qui y vivait était peut-être le peuple Paltas ou le peuple Cañari. Les ancêtres des Saraguro actuels, selon leur tradition orale, auraient été amenés à Saraguro par les Incas d’autres régions, peut-être les Collas ou d’autres peuples des régions du lac Titicaca ou de Cuzco. Les Incas avaient pour politique de transférer de force les personnes d’une région de l’empire à une autre afin de diversifier la population et disperser les oppositions potentielles à leur domination. Cette politique de réinstallation s’appelait mitma.

Environ 80% de la population de ces provinces en faisaient partie.

Un document espagnol affirme que les ancêtres des Saraguro actuels étaient des soldats d’élite de l’armée inca, une affirmation renforcée par le fait que les Saraguro vivaient le long du chemin inca, le Qapaq ñan qui s’ étendait de Cuzco à Tumebamba (capitale du nord des Incas) et jusqu’à Quito.

Au XXe siècle, les Saraguro célèbrent leur héritage inca, des écoles ont été nommées d’après des empereurs incas, des coutumes incas ont été recréées, l’architecture inca est copiée et des tentatives sont faites pour préserver la langue kichwa.

Les documents historiques et les traditions orales attribuent les couleurs traditionnelles noir et blanc de leurs vêtements à la cérémonie et à la noblesse qui étaient les significations données par les Incas selon le chroniqueur Cieza de León et rapporté par les Saraguro.

Ils attribuent également les concepts symboliques de leurs vêtements à une représentation du Curiquingue (caracara caronculé) qui a des plumes noir et blanc et qui était un oiseau symbolique de la royauté inca. Les curiquingue habitaient la paroisse et les páramos de Saraguro et leurs symboles représentés dans les costumes continuent d’être présent dans la célébration du Kapak Raymi (la grande fête) à Saraguro.

 

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Organisation politique

 

La base de l’organisation sociale est la famille organisée en communes comptant au moins 10 familles. Il existe des formes d’autorité symbolique obtenues par l’exercice rituel (marcataita, alumbrador, fondateur, prioste, majordome et muñidor), expressions d’autorité et de prestige social et symbolique. Au niveau des communes, le cabildo est la plus haute autorité de la communauté et ses membres sont nommés au suffrage direct par tous les habitants. Au sein des organisations locales, cantonales ou provincales, l’assemblée générale constitue la plus haute autorité comptant parmi les autorités, le président et le conseil d’administration qui est élu lors d’une assemblée générale.

 

Activités productives

 

Le peuple Saraguro est éminemment agricole, utilisant des techniques artisanales comme la charrue à soc, le joug, l’attelage, la jachère, les engrais organiques, les croisements et les semis. Ils pratiquent la rotation des cultures et un système de cultures associées de différentes espèces : maïs, haricots, fèves alternées avec des pois, des pommes de terre, du blé, de l’orge. Ils cultivent de l’oca, du melloco (ulluku), du quinoa, du sambo, de la citrouille, tout ceci pour l’autoconsommation.

D’autres cultures servent à la vente sur les marchés locaux et provinciaux (ail, oignons, céréales).

Ils entretiennent des serres de tomates en grappe, de babaco (papayer hybride) et de vanita pour le marché local.

Ils cultivent des fruits comme des pêches, des pommes, des poires, des légumes, des plantes médicinales (bourrache, ataco, jicama…)

L’élevage bovin, porcin, ovin est une autre activité économique des Saraguro et dans une moindre mesure l’élevage du cheval. Ces animaux sont vendus sur les marchés locaux, privinciaux.

Au niveau familial ils élèvent des volailles, moutons, cochons, cochons d’inde pour l’autoconsommation et pour consommer lors des fêtes communautaires.

 

Tenue vestimentaire

 

La tenue des femmes

 

Anaco (jupe) en laine ou orlon avec un pli fin

Pollera (jupon) qui se place sous l’anaco avec une broderie sur la bordure qui correspond à la ceinture et au chemisier

Chapeau en laine blanc aux motifs noirs

Bayeta ou rebozo (châle) fabriqué en laine de mouton et teint en noir (parfois bleu) et sert à protéger du froid

Boucles d’oreilles, clous d’oreilles en forme de ½ lune

Collier wallka ou tendido

Tupu/topo (broche) en argent avec une perle colorée au centre, qui sert à maintenir le tissu avec une chaîne qui pend autour du cou. Dans les familles, le tupo est donné par la mère à la fille et ainsi de suited e génération en génération.

Chemise/chemisier brodé

Ceinture : elle maintient l’anaco et le jupon, représente la fertilité de la femme et la protection du ventre. Les motifs sont assortis à ceux de la chemise.

 

La tenue des hommes

 

Poncho en laine noire pour les jours de fête

Ceinture en cuir avec des boutons en or et d’autres ornements qui représentent la richesse de l’homme

Pantalon noir jusqu’aux genoux

Zamarro fabriqué en laine blanche qui ne couvre que la partie allant des chevilles à la taille.

Pas de chaussures avant les années 1950, aujourd’hui ils portent des chaussures noires

La plupart des couleurs noires présentes dans les vêtements sont dues à des problèmes de matières premières comme la laine de mouton ou de lamas qui étaient noirs.

 

Tenue des femmes   De Urkumanta - Trabajo propio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=67515912

Tenue des hommes  De Angelpaqui - Trabajo propio, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=64048110

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Festivités

Kulla Raymi  le 21 septembre, fête de préparation de la terre, de la féminité qui marque le début de la période agricole  ou wata.

Kapak Raymi le 21 décembre, fête des jeunes leaders qui est devenue une fête de syncrétisme religieux en fusionnant plus ou moins avec noël.

Pawkar Raymi  le 21 mars, fête des fleurs fruitières avec un carnaval andin.

Inti Raymi le 21 juin, fête du soleil en remerciement pour les récoltes reçues, fête de la joie et fin de la période agricole.

 

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Artisanat

L’artisanat est également une importante source de revenus dans l’économie saraguro et l’on trouve divers produits : textile, vannerie, céramique, sellerie.

Cet artisanat est utilisé dans le cadre de l’autoconsommation et pour la vente sur les marchés locaux.

 

Coutumes

Ils sont la coutume d’enterrer un os de cobaye au moment des plantations, tenant compte des phases lunaires avec des dates spécifiques pour le semis, le désherbage et la récolte.

 

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Pratiques médicinales

 

Les Saraguro utilisent les plantes médicinales pour soigner différents maux courants relativement bénins, certaines plantes permettent d’éviter les infections. Les spécialistes de la médecine traditionnelle sont les sage-femmes, les guérisseurs et le yachag.

 

Musique

Ils ont leurs propres danses et chants accompagnés d’instruments de musique comme les chakchas, les pingullos. La danse la plus célèbre est la danse curikinguis. La musique de Saraguro est la chapishka qui a une caractéristique unique dans le temps ou le tempo musical.

De nombreux groupes de jeunes et adultes essaient d’exprimer leurs émotions à travers la musique. Parmie les groupes musicaux se distinguent ces dernières années : Mawkas, La Voz del Viento, Mishki Taki, Amaru, Amarak.

 

 

Alimentation

 

Plat principal

Plat comprenant du cochon d’inde rôti, assaisonné de sel et d’ail puis grillé. Il est servi avec des pommes de terre, du mote, de la laitue, des oignons, de l’aji de pepa.

Autres spécialités

►Piment aux graines de zambo : fabriqué avec des graines de zambo grillées et moulues, assaisonnées de piment et autres épices. Sert d’accompagnement idéal à la plupart des plats typiques de Loja.

►Humitas : maïs moulu mélangé à du saindoux de porc, des œufs, du sel, farci de fromage ou quesillo et enveloppé dans des feuilles de maïs puis cuit dans de l’eau.

►Bouillon de bœuf ou bœuf agrémenté de chou et de manioc.

►Tortillas de gualo

►Aji de papa : poivre de sambo grillé, moulu, assaisonné de piment rouge et d’épices qui accompagne les plats de Loja.

►Figues au fromage

►Miel au quesillo

►Poulet créole

►Chicha de jora : boisson rafraichissante à base de maïs jora qui est utilisée  lors des mingas

 

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Tourisme communautaire

 

Les communautés autochtones ont choisi, en 1995, de participer au tourisme communautaire, une alternative au développement par et pour les communautés en tant qu’actrices principales.
Les touristes peuvent participer à différentes activités sociales et culturelles et à toutes les activités quotidiennes qui s’y déroulent (visite des entreprises locales de filature et tissage, céramique, instruments de musique, broderies).
Certains lieux touristiques sont  : le Point de Vue (Cera), le Lion endormi (Urdaneta), la Lagune Chcinchilla (Paraíso de Celén), le Cerro de la Cruz (Selva Alegre), le Cerro d’Arcos (Manú), la cascade d’eau bénite (Oñacapak), les bains incas (ñamarin).

 

Cosmovision

 

La cosmovision du peuple Saraguro est basée sur la dualité ou chacana : toute chose est en relation avec la dualité, avant elle, il n’y a que le néant.
Les premières dualités sont homme/femme, jour/nuit, fort/faible. De la dualité ressortent les 4 éléments, les 4 vents, les 4 fondements de l’univers, le temps, le mouvement et l’être ainsi que la croix du sud (chacana).
La chacana est un cycle sans fin dans lequel le temps, l’espace, le mouvement se rencontrent et se retrouvent dans des situations qui ne sont pas étrangères à l’individu. L’individu ne fait que revivre des situations déjà vécues.

Histoire relative à la nationalité Kichwa des hautes terres équatoriennes

 

 

Cette nationalité s’est implantée dans tout le haut plateau équatorien y compris dans d’autres régions en raison de mouvements migratoires des différents peuples qui la composent.

Les Kichwa des Hautes terres équatoriennes se sont implantés dans les provinces suivantes :

►Carchi où était installé le peuple Pastos ;

►Imbabura : implantation des nationalités Otavalo, Karanqui, Natabuela et Kayambi ;

►Pichincha : la nationalité Kitucara ;

►Cotopaxi : installation du peuple Panzaleo ;

►Tungurahua : installation des nationalités Chibuleo, Salasaca et Kisapincha ;

►Bolivar : la nationalité Waranka ;

►Chimborazo : les Puruhás ;

►Provinces de Cañar et d’Azuay : installation de la nationalité Kañari ;

►Loja : implantation des nationalités Saraguro et Paltas.

 

Ces peuples sont liés par la langue kichwa, par un territoire qui leur a été confisqué pendant l’époque coloniale espagnole, par une cosmovision commune concernant la terre et l’univers et par des liens commerciaux existant bien avant l’arrivée des Espagnols.

 

Histoire

 

Ce sont des habitants immémoriaux de ces hauts plateaux équatoriens, ils étaient organisés en seigneuries et confédérations ethniques qui ont développé une culture fondée sur la propriété communautaire et le principe de réciprocité. Hélas, leur développement a été bouleversé par l’arrivée des Espagnols en 1492. Une nouvelle forme de production où la propriété qui appartenait à ces peuples est devenue la propriété absolue de la monarchie et des Espagnols. Un nouveau mode de vie arriva également avec les conquérants. Les Kichwas doivent quitter leurs territoires d’origine et partir à travers l’Amérique du sud, procédé qui permettait de contrôler toute forme de rébellion de leur part.

Ils furent soumis au travail forcé dans les mines, les ateliers de construction, la construction de routes et de villes coloniales et d’encomiendas. Ce travail se déroulait dans des conditions inhumaines. Par exemple, pour les hommes autochtones qui travaillaient dans les mines cela signifiait tout simplement la mort.

L’encomienda* était le point d’articulation de la société coloniale, moyen permettant le contrôle du travail indigène, permettant aux espagnols de recevoir des tributs des communautés indigènes, d’organiser la production agricole et artisanale, de contrôler la domination idéologique par le biais de l’évangélisation.

Les obrajes* constituaient le travail obligatoire s’adressant aux femmes qui devaient migrer vers les centres de production textile en tant que mitayos. Ce travail était également réalisé dans des conditions insalubres provoquant souvent le mort de femmes indigènes.

Les travaux des indigènes dans la construction de routes et de bâtiments dans les villes coloniales ont permis aux peuples de transposer leur savoir-faire architectural et de perpétuer leur relation avec la nature dans les églises (décoration intérieure basée sur leur cosmovision). Cette opportunité a néanmoins côuté la vie à nombre d’entre eux.

Entre 1810 et 1830, époque de l’indépendance des colonies de la domination espagnole, on note aucun changement dans les circonstances d’exploitation et de soumission des peuples y compris dans les 70 premières années de la République.

Après la révolution libérale le 5 juillet 1895 à laquelle participèrent beaucoup d’indigènes, d’importants changements auront lieu dans la législation relative à la terre et à la situation des indigènes. La collusion entre partis, l’emprisonnement pour dettes, ‘intervention de l’église dans les affaires de l’état sont éliminés et les grands domaines appartenant à l’église sont expropriés et transférés à la propriété publique.

L’élimination du concertaje* (accord agricole) conduit à la libération de la main d’œuvre indigène dont la plupart migrent vers la côte pour offrir leur force de travail. Ils vont tomber dans une autre forme d’assujettissement avec les propriétaires des plantations.

Le huasipungo* était une autre forme de soumission au travail des peuples indigènes. Cette pratique est née avec la libération des indigènes du concertaje, une pratique consistant à donner un morceau de terre à l’indigène en échange de quelques journées de travail dans la grande hacienda.

Le huasipungo donne naissance à 2 formes de groupement indigène :

►Les huasipunguerons et les roturiers libres.

Les premiers sont situés à l’intérieur du domaine, les seconds dans les centres paroissiaux religieux au marché.

Dans ce nouvel ordre de propriété foncière, il y a eu une augmentation démographique des communautés indigènes donnant lieu à des migrations de la campagne vers les villes, à différente soulèvements exigeant le droit à la terre, des luttes qui, dans les années 60 aboutirent à la première réforme agraire qui va bénéficier à très peu de huasipungueros.

Les années 70/80 sont consacrée par ces personnes à la constitution d’une organisation régionale garantissant et dirigeant leurs luttes, ECUARUNARI.

Le niveau de sensibilisation et d’organisation s’accroit parallèlement aux soulèvements pour la reconnaissance de ces peuples.

Au sujet des obrajes :

 

obrajes dans le corregimiento de Quito https://ealincangouce.wixsite.com/historia-del-ecuador/get_involved

Il s'agissait d'usines textiles de laine, de coton et de cabuya (agave), qui produisaient également des espadrilles, des sacs, des mèches, des selles, des chapeaux, de la poudre à canon, etc. et où les indigènes étaient obligés de travailler, jour et nuit, souvent jusqu'à leur mort.

« Chaque Indien travaillait 312 jours par an, et le maximum qu'ils pouvaient gagner pendant cette période était de 40 pesos, chacun pesant 8 réaux... Dans chaque Obraje, il y avait une prison, des fers, des chaînes et des coups de fouet. Les enfants ont été cruellement maltraités. De leur salaire étaient déduits les impôts et la pension synodale du prêtre. L'Indien payait sa nourriture et ses vêtements ; et bien souvent même des médicaments étaient déduits de leurs misérables salaires, qui leur étaient vendus à un prix très élevé, même lorsque l'excès de travail les laissait avec quelque maladie... Les Indiens étaient épuisés en peu de temps : le travail auquel ils n'étaient pas habitués était la cause de la mort de beaucoup d'entre eux" (Roberto Andrade.- Histoire de l'Équateur, volume I p. 109) .

https://www.enciclopediadelecuador.com/obrajes/

 

Au sujet de l’encomienda

 

Système d'« esclavage » que les Espagnols exerçaient sur indigènes d'Amérique. L'encomienda était une ancienne institution espagnole du Moyen Âge, et consistait en un territoire qui fournissait des revenus à un noble. En Amérique, cela a changé d'une manière vraiment dramatique et est devenu simplement « une disposition royale par laquelle le roi d'Espagne donnait des terres et des Indiens à perpétuité, comme prix, en récompense des souffrances endurées par ses soldats qui ont étendu les domaines de l'Espagne aux Antilles. La terre reçue à perpétuité était appelée Encomienda ; le noble espagnol qui la recevait pour avoir tué et exploité des Indiens était l'Encomendero et la mine de richesse et la source d'exploitation dans l'Encomienda, c'est-à-dire l'Indien, était appelé Encomendado » (M. Navas Jiménez.- Histoire, géographie et éducation civique ; n° 2, p. 41) . L'encomienda obligeait les Indiens à payer de lourds tributs aux encomenderos, et ceux-ci, en réciprocité théorique, à christianiser l'Indien ; le défendre des « cannibales » ou des attaques d’autres peuples ; et leur apprendre les travaux agricoles et comment laver l'or.

Ces encomiendas ont finalement laissé les Indiens dans une grande misère. (https://www.enciclopediadelecuador.com/encomienda/)

 

Sur le concertaje et le huasipungo

 

Les ouvriers ou « péons » vivaient dans les haciendas avec leurs familles. Ils « passaient des accords » (des engagements) avec les propriétaires, les « patrons » pour les
travaux. C'est pourquoi on les appelait « conciertos ». Ils avaient un salaire, mais ils ne le recevaient jamais, car ils étaient endettés envers leurs patrons. Les ouvriers demandaient à leur employeur des avances de fonds pour payer les impôts et les obligations religieuses, comme les baptêmes, les mariages, les enterrements et autres.
La relation entre les peones et les patrons n'était libre qu'en théorie. En réalité, il s’agissait d’une forme de travail obligatoire, puisque l’employeur pouvait emprisonner le travailleur pour lui faire payer la dette. Parfois, les péons recevaient une portion de terre du propriétaire, le « huasipungo », qu’ils travaillaient avec leur famille.
C'est pourquoi on les appelait « huasipungueros ». Les dettes ne s'arrêtent pas même avec la mort du travailleur concerté. Elles passèrent à sa veuve et à ses enfants. L'ouvrier était soumis au patron, qui avait le soutien du clergé et des autorités de l'État. Le curé prêchait la soumission et faisait payer des services religieux qui perpétuaient la dette. Le lieutenant politique de la paroisse et d'autres autorités pouvaient envoyer en prison ceux qui ne payaient pas leur dette Le concertatje a eu lieu dans tout le pays, mais il a été plus fort dans la Sierra. (https://themeeveryday.blogspot.com/2011/09/el-concertaje.html)

sources ; CONAIE.org, wikipédia en espagnol

Articles complémentaire

Les peuples andins et le curiquingue

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Peuples originaires, #Equateur, #Saraguro, #Kichwa

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