Nous les ZADISTES RADIS-CO (ZAD NDDL)
Publié le 6 Février 2018
Lettre à la République 26 01 2018
Nous ne voulons pas que ces terres soient à « nous » :
nous voulons que ce terres soient LIBRES.
Aucune règle mis à part le respect du vivant :
ta liberté s’arrête là où commence celle de l’autre.
Nous ne voulons pas travailler pour le système,
nous voulons apprendre ensemble,
et continuer à avancer vers l’autonomie.
Dans la zone-non-motorisée nous n’avons pas piraté l’eau et l’électricité
car nous vivons sans (avec parfois quelques panneaux solaires…)
Bien sûr nous ne payons pas d’impôts.
Mais la majorité des skouateurs/skouateuses
de la Zone-non-Motorisée ne touche aucune aide.
Parfois par choix et rejet de l’argent,
et aussi car beaucoup ont moins de 25 ans
et beaucoup sont étranger-e-s
On ne vous demande rien,
tout ce qu’on vous demande
c’est de rien nous demander.
Ne me parlez pas du prix de ces terres,
car qui peut prétendre posséder la Terre ?
De plus, vu la quantité de kérosène
utilisée presque chaque jour depuis 2 mois
pour nous « espionner »,
je ne pense pas qu’il s’agisse d’une question d’argent…
On ne veut pas détruire votre système
car on pense que votre système va se détruire tout seul.
Et comprenez qu’à 20 ans, on n’a pas envie
de s’investir dans une société qui fonce dans le mur.
Ici, on a retrouvé une vie et un avenir qui a du sens.
On vit dans la paix.
On ne veut pas créer de violence,
on en a déjà subi assez dans votre système.
Néanmoins on se défendra
si vous voulez détruire les cabanes de terre-paille
et couper les arbres
pour créer des exploitations qui vous rapportent.
On se défendra
si vous voulez nous arracher le dernier espoir ancré dans nos cœurs.
Aujourd’hui, vous avez manipulé certains zadistes plus anciens, avec vos « négociations », en leur promettant une propriété afin qu’ils puissent vivre légalement là où ils ont investi leur vie et parfois fondé une famille. Vous avez profité de ça ; c’est malsain. Diviser pour mieux régner. Cela vous dérange donc tant que certains ou certaines décident de vivre autrement ?
Aujourd’hui et devant leurs camarades de lutte, ils ont détruit la cabane dans laquelle j’ai vu mourir la personne qui était à mes côtés. Et cela me brise le cœur. Même pas un soupçon d’humanité, quand j’ai proposé que cette cabane soit conservée en hommage : on ne m’a même pas répondu quand j’ai émis cette proposition. Je suis très déçue de l’humain, une fois de plus. Heureusement, ici il y a encore une poignée de personnes, zadistes radicaux, qui restent unis et qui écoutent leur cœur et non leurs intérêts : merci à eux.
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