Carte postale de Bretagne, le phare de st-Mathieu, un phare très à l’ouest
Publié le 8 Juin 2017

Par Georges Clerc-Rampal — Clerc-Rampal, G. (1913) Mer : la Mer Dans la Nature, la Mer et l'Homme, Paris : Librairie Larousse, p. 289, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43173693
A Plougonvelin dans le Finistère, près du Conquet, situé au bout du bout du monde, à la limite extrême du continent, sur un site grandiose et original réunissant phare, ruines d’une ancienne abbaye, sémaphore, cénotaphe et monument aux marins disparus en mer, le phare de st-Mathieu habille le lieu de sa physionomie blanche et rouge, allumant ses feux à la longue histoire.
Le cap de la pointe St-Mathieu s’avance dans l’océan Atlantique, protégeant les falaises et formant la limite nord de la rade de Brest.
Le phare donne la direction du chenal du Four. Son alignement avec le phare du Portzic donne la route à suivre pour entrer dans le goulet de Brest.
C’est un phare d’une architecture simple, épurée, construit en maçonnerie lisse. Le matériau qui le compose c’est le granite de l’aber Ildut et on trouve aussi un apporte de granite de Kersanton.
Il est érigé dans l’enceinte de l’abbaye bénédictine qui a été détruite pendant la révolution.
Le panorama s’étend de la pointe du Raz à l’île d’Ouessant, embrasse la chaussée des Pierres Noires et l’archipel de Molène.

appareil d'éclairage st-mathieu 1834- Par graveur "A.B.L." — Le Magasin pittoresque, 1834, t.2, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3965659
Les feux de St-Mathieu
Dès 1157 : le duc de Bretagne accorde aux moines bénédictins des droits de compensation pour l’entretien d’un feu sur le site de l’abbaye.
1250 : l’abbaye est achevée, les moines placent un fanal au sommet d’une tour à feu carrée haute de 40 mètres.
1689 : la marine royale expérimente un nouveau type de lanterne vitrée close installée au sommet de la tour de l’abbaye de St-Mathieu. Comme l’expérience s’avère efficace, les ingénieurs du royaume décident de remplacer les foyers ouverts déjà existants par ces foyers fermés qui comportent une lanterne permettant aux gardiens de surveiller leur feu par tous les temps.
Septembre 1692 : le projet est terminé à st-Mathieu.
Mais le feu coûte cher, aussi on ne l’allume que lors des nuits les plus sombres en automne et en hiver.
Mais le feu comporte des dangers et pourrait fort bien embraser l’abbaye.
1695 : on le remplace par une lanterne avec 15 lampions de cuivre placés sur 3 rangées superposées et alimentées par de l’huile. Ce qui n’est pas moins dangereux ni moins pratique.
1701 : la marine récupère le phare et loue une maison pour y installer un gardien.
1750 : l’édifice est renforcé par une armature métallique. Pour protéger les oiseaux marins qui viennent s’écraser et briser les carreaux, on pose un grillage ce qui absorbe une grande partie de la lumière.
1771 : des modifications sont apportées par le comte d’Estaing dont le remplacement des petits carreaux par des glaces en verre de bohème, des lampions par des lampes à double mèche, des réflecteurs en métal poli renforcent la puissance des réverbères. On peut voir le phare à cette époque à 30 km.
24 juillet 1796 : l’abbaye en ruine est vendue comme bien national à un notable du Conquet. Ce bourgeois s’engage à ne pas détruire ni l’église ni la tour carrée qui sert de phare.
1820 : le feu de st-Mathieu est équipé d’une installation pour feu tournant avec 8 réflecteurs Lenoir et des lampes d’Argand. Mais sa hauteur reste insuffisante.

Par Alberto Baldaccini — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21747864
Quelques chiffres pour le phare ouest
1835 : mise en service
163 : son nombre de marches
37 mètres : sa hauteur
56 mètres : son élévation au-dessus des plus hautes mers
29 miles : sa portée (soit 46 km)
1932 : année où il est électrifié
1996 : année où il est automatisé
2005 : inscription aux Monuments Historiques
2011 : classement aux Monuments Historiques
26.000 : le nombre de visiteurs chaque année

Le phare comme on le connaît
La marine finance et construit une nouvelle tour plus grande en utilisant une partie des pierres de l’abbaye de st-Mathieu de Fine-Terre pour bâtir une tour tronçonnique. On l’équipe d’un escalier à 163 marches et d’un feu tournant.
1900 : le phare est équipé d’un brûleur consommant un mélange de pétrole vaporisé et d’air comprimé. Cela donne une meilleure intensité au feu.
1911 : le feu est posé sur un bain de mercure et il devient un feu à éclat d’une période de 15 secondes. Le poste de gardien est alors supprimé.
1932 : le phare est électrifié
1963 : il prend son aspect actuel : tour peinte en blanc, marquée st-Mathieu en rouge (enfin jaune sur ce que l’on a pu voir est-ce possible-repeint) bande rouge au sommet.
1996 : le phare est automatisé
2005 : le phare est télécontrôlé
Depuis 2006 : le phare n’est plus gardienné.
Sources : wikipedia, phares de France.fr
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