A Paris aussi ils ont demandé la liberté de la machi Francisca Linconao et la fin de la répression des Mapuche
Publié le 23 Novembre 2016
EN FINIR AVEC LA RÉPRESSION POLICIÈRE, LA MILITARISATION, LA JUDICIARISATION, LA TORTURE ET L’HUMILIATION INTOLÉRABLES EXERCÉES À L’ENCONTRE DES MEMBRES DES COMMUNAUTÉS MAPUCHE AU CHILI
Malgré que le gouvernement chilien de Mme Bachelet ait promulgué le 11 novembre dernier, en compagnie du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jaime Campos, la loi caractérisant les actes de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants des Nations Unies, ratifiée par le Chili en 1988 (*), nous sommes profondément choqués et indignés par la succession intolérable d’actes survenus ces derniers mois en territoire mapuche, au sud du Chili.
Ainsi en est-il de la mort suspecte et non encore élucidée, le 22 août 2016, de Macarena Valdez Collio, défenseuse mapuche de l’environnement de Tranguil. Ainsi en est-il de Lorenza Cayuhan, prisonnière politique mapuche contrainte de mettre sa fille au monde, les pieds attachés, sous la surveillance de deux gendarmes, le 14 octobre dernier, à la Clinique Aleman de la Femme de Concepción. Ainsi en est-il du jeune Fabián Llanca, âgé de 21 ans, membre de la communauté traditionnelle de Temucuicui, arrêté arbitrairement le 12 novembre dernier à Ercilla avec 4 autres jeunes Mapuche et frappé toute la nuit dans le commissariat d’Ercilla avec une telle violence qu’il a dû être transporté en urgence dans une unité de soins intensifs de l’hôpital de Temuco avec une commotion cérérébrale. Et enfin, en est-il de la situation de Francisca Linconao Huircapán, machi du Lof Rahue, de la commune de Padre Las Casas, détenue préventivement depuis près de 9 mois à la prison de Temuco, et pour la libération de laquelle nous manifestons aujourd’hui.
Nous dénonçons le harcèlement quotidien et la persécution policière et judiciaire que subissent quotidiennement les membres des communautés mapuche et jusqu’à même leurs autorités spirituelles ancestrales telles que la Machi Francisca Linconao dont l’état de santé s’est aggravé de jour en jour, du fait de son injuste détention intervenue à trois reprises en l’espace de neuf mois.
Quand enfin le gouvernement chilien appliquera-t-il strictement la loi qu’il vient de promulguer à l’encontre des auteurs d’actes cruels, inhumains et dégradants infligés aux membres des communautés mapuche ?
Restons vigilants et solidaires en continuant à exiger de l’Etat chilien et de ses autorités :
RESPECT DU PEUPLE MAPUCHE ET DE SES AUTORITÉS ANCESTRALES JUSTICE ET LIBERTÉ POUR TOUS SES PRISONNIERS POLITIQUES
(*) La présidente M. Bachelet a promulgué vendredi 11 novembre dernier la loi caractérisant les délits de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants, en compagnie du ministre de la Justice et de défense des droits humains, Jaime Campos. A La Moneda, la mandataire a valorisé la promulgation de cette loi qui établit une peine allant jusqu’à 10 ans de détention pour les tortures commises par un fonctionnaire ou des particuliers en fonctions publiques de même que les instigateurs de ces actes. La chef d’Etat a expliqué que lorsqu’il s’agit d’actes cruels, inhumains ou dégradants, qui ne sont pas qualifiés de tortures, la peine peut aller jusqu’à 5 ans de prison.
Terre et Liberté pour Arauco, 21 novembre 2016
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