Etudiants d'Ayotzinapa, l'horrible conclusion
Publié le 8 Novembre 2014
image Sélection de portraits des étudiants disparus réalisés par des artistes mexicains - Ilustradores Con Ayotzinapa
On ne s'attendait hélas pas à les revoir vivants et qu'ils soient présentés tels quels comme le demandaient les familles et les proches.
Des témoignages, dont celui du prêtre Alejandro Solalinde qui est bien connu pour sa défense des migrants ne laissaient aucuns doute là-dessus.
Des fosses communes ont été trouvées mais apparemment les restes des jeunes n'y figuraient pas comme cela a été constaté à l'aide des recherches ADN (mais comment est-ce possible qu'il y ait autant de fosses communes ? Incroyable même pour moi qui connaît l'état criminel qu'est le Mexique).
Le couple "impérial" d'Iguala a été arrêté, on en a su un peu plus sur les raisons et les coupables potentiels, le gang de narcotrafiquants nommé guerreros unidos.
Le couple (josé luis abarca et maria de los angeles pineda) est certainement impliqué dans ce groupe et on a même pu lire que les étudiants avaient été arrêtés pour ne pas gêner un événement public organisé par la femme à Iguala.
Ce couple est devenu le couple le plus haï du Mexique et pour cause.
Ce sont les policiers d'Iguala qui auraient livrés les jeunes au gang qui s'est chargé de les assassiner et de les réduire en cendre ce qui a pris 14 heures.
Au total 74 personnes - policiers, fonctionnaires, criminels présumés - ont été arrêtées depuis les faits.
Les cendres réparties dans des sacs ont été jetées dans la rivière ce qui sera très difficile à présent à analyser.
Mais, même si les aveux du gouvernement ont été publics, les familles elles, contestent les faits et ne les considèrent pas comme preuve, attendant les résultats de recherches ADN pour vraiment être fixées.
«Tant qu'il n'y a pas de preuves, nos enfants sont vivants», a déclaré Felipe de la Cruz, porte-parole des parents.
On se doute de l'horrible situation que vivent les familles et comme ce drame bouleverse le pays, voire le monde entier.
Il faut comprendre à travers cette négation des faits relatés par les instances politiques toute la méfiance qui entoure le gouvernement mexicain qui est responsable de tant de répression dans ce pays sous couvert de lutte contre le narcotrafic. Je comprends donc la réserve des familles et j'attendais moi-même plus de sources sûres pour relater les faits en raison de cela.
Selon Human rights c'est la plus grave crise politique de l'histoire contemporaine du Mexique et de la présidence de Peña Nieto, elle révèle au grand jour ce que chacun, qui suit un peu les actualités au Mexique sait, à savoir la collusion entre les polices municipales fédérales et les cartels.
Il faut se souvenir et ça, les médias aux ordres savent très bien l'oublier, qu'un autre grand massacre concernant plus d'une quarantaine de personnes, des femmes, des enfants , des femmes enceintes a été commis il y a vingt ans au début du soulèvement zapatiste à Acteal au Chiapas. Ce sont des indigènes mayas tzotziles qui ont fait les frais des paramilitaires à la solde du gouvernement, pour l'exemple, afin de faire mourir dans l’œuf le mouvement naissant qui est celui que l'on connaît aujourd'hui et qui connait bien les méthodes des gouvernements fédéraux successifs à leur encontre.
Depuis, vingt ans plus tard, l'impunité règne et pire, les paramilitaires qui avaient été emprisonnés sortent les uns après les autres, blanchis.
C'est une communauté, les Abejas qui ne peut plus vivre sans avoir fait son deuil et qui traîne ce cruel fardeau de l'injustice.
Que ce soient les Abejas ou les étudiants d'Iguala, ce sont des morts de trop et il convient que cela ne se reproduise plus, qu'on arrête de donner des chèques en blanc à des hommes politiques corrompus et que l'on se tourne vers des projets d'autonomie sans lesquels le chaos présent ne va faire que s'accentuer dans cette société décadente.
Caroleone
Les sources :le parisien, la presse.ca, le monde, courrier international
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