Le poète
Publié le 11 Janvier 2014
Rouge rose le soleil nouveau monte très haut dans le ciel,
Ondule ondoie la mer dans le lointain, chariot bleu dans
ses chenaux,
Ondule ondoie le vent sur le sein de la mer jusque dans
l’intérieur des terres,
Le grand souffle régulier soufflant ouest sud-ouest,
Ondoyant et dansant avec le lait blanc de l’écume sur les eaux.
Je ne suis ni le soleil rouge ni la mer cependant,
Je ne suis pas le vent au rire de jeune fille,
Je ne suis pas l’immense vent qui revigore, non plus que
le vent qui fouette,
Non plus que l’esprit qui fustige son propre corps jusqu’à
la frayeur jusqu’à la mort,
Mais je suis l’hôte invisible qui chante, qui chante encore,
qui chante sans fin,
Qui babille aux ruisseaux, qui siffle dans les averses sur
le sol,
Celui que les oiseaux matin et soir connaissent dans le
bois,
Celui que connaissent les rivages sablonneux et la vague
chuchotante, que connaissent la bannière le drapeau
Très haut en l’air ailes battantes, ailes dépliées.
Walt Whitman, Le tambour bat (Feuilles d’herbe) extrait
image Bob Burckardt
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