Si nous transhumions, amis ?

Publié le 30 Juillet 2013

Si nous transhumions, amis ?

Le troupeau et les bergers 1958 Robert Doisneau

Un quignon de pain

Une boîte de sardines

Un oignon rouge

Un opinel

Puis une gourde d’eau fraiche

Mon sac est prêt.

Vers le col de Valberg 25 juin 1958 Robert Doisneau

Vers le col de Valberg 25 juin 1958 Robert Doisneau

De bonnes chaussures

Des mollets fermes

Un bâton pour s’appuyer

Un béret sur la tête

Me voilà prêt.

Le repos de l'agneau 1958 Robert Doisneau

Le repos de l'agneau 1958 Robert Doisneau

Pas de soucis.

Pas de tracas.

Le chemin est sûr,

le troupeau guide mes pas.

Au son des cloches

tintinnabulantes,

la musique du grand air

écrit sa mélodie.

Les bruits des hommes modernes

petit à petit s’enfuient,

bêlements,

chant du merle,

vent bruissant dans les feuillages,

vite remplacent les nuisances

par la mélopée éternelle.

Les chemins de la transhumance 1958 Robert Doisneau

Les chemins de la transhumance 1958 Robert Doisneau

Marcher au gré du temps,

laisser ses pensées divaguer,

s’écouter enfin réfléchir,

sentir sous son pied

la petite pierre qui roule

sans nous faire chavirer,

seul le cœur chavire

de ce grand bol d’air pur.

S’asseoir sur ce rocher,

sa face aplanie propice nous invitant

à prendre un repos mérité.

Voir à perte de vue

un paysage préservé,

s’étonner de cela :

la nature est si belle

quand elle s'habille en nature.

Le bouc 1958 Robert Doisneau

Le bouc 1958 Robert Doisneau

Pour un peu on devient chèvre,

pour un peu on devient mouton,

porté par le même horizon,

porté dans la même direction,

guidé par la même raison :

trouver une herbe verte et tendre

féconde et généreuse

pour combler nos besoins

sans chercher à comprendre.

Le bivouac 1958 Robert Doisneau

Le bivouac 1958 Robert Doisneau

Si nous transhumions, amis ?
Carole Radureau (30/07/2013)

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Transhumance par Jacques Prévert

Un jour, dans les petites montagnes des Alpes Maritimes, du côté d'Entrevaux je crois, Robert Doisneau « en reportage » accompagnait un berger, ses moutons et ses chiens, lorsqu'un camion éventra le troupeau et tua aussi les deux chiens.

- Tu as pris des photos ?
- Non, j'ai consolé le berger, répondit Doisne
au.

Et c'était comme si la vie, en instantané, avait fait le portrait de Doisneau.
Simple échange de bons procédés.
Depuis déjà longtemps, Robert Doisneau fait de si belles et simplement étonnantes images, et toujours à l'occasion des Noces et Banquets de l'amour et de l'humour de l
a vie.

Jacques Prévert (Automne 1975)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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