Peuple qui chante ne mourra pas , Les groupes

Publié le 9 Juillet 2013

Peuple qui chante ne mourra pas , Les groupes

Les deux groupes Quilapayun et Inti Illimani, formés respectivement en 1965 et 1967 marquent deux lignes importantes de création et de style et s’ils sont les plus connus en Europe, ils ne sont pas les seuls. Les premiers ont eu le mérite d’avoir été les créateurs de cette forme de groupe musical, leur travail ayant surtout porté dans l’expression épique, sur le style expressionniste et sur la force des arrangements vocaux. Les seconds ont cherché à approfondir les possibilités instrumentales en créant des chansons d’un grand raffinement tout en donnant une importance de premier plan à l’interprétation de la chanson indigène.

A côté d’eux, aujourd’hui, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Chili, s’est réveillé un vaste mouvement de groupes qui ont enrichi de nouveaux apports ce genre musical. De ces groupes, les plus importants sont Tiempo nuevo, de Valparaiso, qui a joué un important rôle d’agitation et Aparcoa qui au départ se voulait un groupe d’expression folklorique strictement chilienne, et qui actuellement s’est tourné vers une populaire sans frontière. D’autres groupes plus liés au folklore andin sont les Curacas, Illapu, Huamari etc….

Autre remarque : la plupart de ces groupes se sont tournés vers la musique andine. Cela est d’abord dû aux possibilités musicales qu’offrent les instruments andins permettant un travail d’orchestration en finesse et dont les rythmes, les mélodies, les harmonies sont particulièrement intéressantes.

Les premiers groupes sont partis des expériences de Violeta Parra et de ses enfants sur la musique du nord du pays. Reprenant les formes classiques, ils ont utilisé la quena, le charango, le bombo leguero, la zampoña. Mais ce ne fut qu’un point de départ, car au fur et à mesure du développement musical ils ont introduit de nouveaux instruments offrant des sonorités qui déjà s’éloignaient de la sonorité de l’Altiplano au sens strict. Par exemple, ils ont introduit le triple, instrument colombien, le tres, instrument cubain ou certains instruments de percussions afro-cubaines comme les maracas ou la tumba. Ils ont aussi introduit quelques instruments européens comme le violoncelle, la basse, le piano, la flûte traversière, tous ces instruments se mêlant aux instruments indigènes, dans une recherche continue de nouvelles couleurs instrumentales.

Mais cette forme andine ou de l’Altiplano a aussi une connotation politique intéressante. Le folklore de carte postale dont nous parlons au début était aussi représenté par quelques groupes qui s’habillaient en huasos et, avec leur guitare jouaient la musique du centre du pays, la seule expression reconnue jusque-là comme chilienne. Il faudra Violeta Parra et d’autres folkloristes comme Hector Pavez, Margot Loyola pour redécouvrit la musique indigène du nord de l’Altiplano, la musique araucane du sud du Chili et la musique dite Chilota c’est-à-dire de l’archipel de Chiloé et de l’Ile de Pâques. Cette nouvelle dimension qui faisait découvrir la richesse du patrimoine folklorique chilien eut du mal à s’imposer au début. En effet, elle se heurta à la résistance des milieux réactionnaires qui virent alors que leur musique, celle qu’ils identifiaient à leurs valeurs nationales n’était qu’une expression parmi bien d’autres jusque-là restées cachées. Ce fut la tâche des groupes de consolider cette entreprise, et c’est ainsi que se forma le mouvement de la musique andine dont la force n’a même pas pu être détruite par la junte militaire alors que celle-ci est même allée jusqu’à interdire les instruments andins dont la sonorité était pour elle, déjà un signe de révolution.

Pendant les derniers mois du gouvernement populaire, la Nouvelle chanson chilienne était un immense mouvement de masse, une des expressions de l’avant-garde de l’art populaire chilien et un des chemins les plus créatifs qui naquirent dans le domaine culturel avec le mouvement ascendant de la lutte sociale.

Ses représentants les plus importants étaient reconnus par le peuple chilien comme les vrais représentants de son idéal, et les milieux politiques reconnaissaient à ce mouvement une grande importance pour le travail de propagande idéologique et le développement de la culture de masses qu’il effectuait. Chaque semaine, il y avait des récitals où les artistes montraient le fruit de leur travail dans une continuelle émulation et un constant dépassement. Il serait aujourd’hui impossible de faire le décompte des milliers de solistes et groupes qui existaient au Chili dans les écoles, dans les usines, dans les bureaux etc….

Edouardo Carrasco et Guillermo Haschke( traduction de Régine Mellac.)
Les autres parties

1. Peuple qui chante ne mourra pas ICI

2. Les radios facteurs de frein ICI

3. Un art véritablement national ICI

4. Un mouvement libérateur ICI

5. La montée du mouvement populaire ICI

6. Les artistes et les travailleurs ICI

7. Le retour aux valeurs esthétiques ICI

8. Les cantates ICI

9. Les groupes ICI

10. La haine de la junte ICI

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chili, #Arts et culture

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