Peuple qui chante ne mourra pas , Les Cantates

Publié le 1 Juillet 2013

Peuple qui chante ne mourra pas , Les Cantates

Encore une fois ce fut un mouvement convergeant, car les compositeurs eux-mêmes faisaient une démarche de musique plus élaborée sentant la nécessité de trouver de nouvelles formes d’expression plus riches. De cette rencontre sont nées des œuvres d’une grande importance. D’abord des chansons, des marches, de la musique instrumentale, mais surtout des œuvres de plus grande haleine qu’ l’on a appelée au Chili Cantates, bien que leur forme ne corresponde pas toujours à ce que l’on appelle classiquement une cantate.

La cantate la plus célèbre est la Cantate de Santa Maria de Iquique de Luis Advis qui fut la première du genre et dont la valeur est d’avoir réuni les buts artistiques mentionnés plus haut et une grande signification politique.

Présentée pour la première fois en 1970, peu de mois avant l’élection du président Salvador Allende elle est devenue un vrai symbole de lutte : à côté de sa saveur artistique magnifique, elle montrait, elle parlait de la nécessité de l’unité, elle rappelait un grand massacre des travailleurs chiliens, massacre qui avait été étouffé par l’histoire et la presse bourgeoise pendant plus de soixante ans.

La Cantate de Santa Maria de Iquique a prouvé qu’une œuvre longue en elle-même, composée par un musicien de conservatoire pouvait se transformer en musique de masse, ce qui jamais auparavant n’avait eu lieu dans l’histoire de la musique chilienne. Dans La cantate de Santa Maria de Iquique les travailleurs se sont reconnus, ils y ont retrouvé leur langage musical et politique, leurs problèmes, leurs espérances, leur douloureuse histoire. La cantate de Santa Maria de Iquique inaugurait un genre nouveau de musique sociale ; beaucoup d’ouvres l’ont suivie, plus ou moins réussies. Les plus importantes sont La fragua (la forge) de Sergio Ortega, qui retrace l’histoire du mouvement ouvrier chilien depuis ses origines les plus lointaines, et le Canto para une semilla (chant pour une semaille) qui rend hommage à la grande Violeta Parra. Il est important de dire que déjà La fragua était une tentative d’unir la chanson à la musique symphonique ce qui montre clairement que le mouvement de la Nouvelle chanson s’acheminait déjà vers une forme plus élaborée d’art musical, où l’on retrouvait les deux composantes essentielles : travail du texte et de la mélodie.

Les exemples de grande qualité poétique sont innombrables. Les « decimas » de Violeta Parra pétries d’une profonde sensibilité populaire, le lyrisme de Victor Jara, les images de Patricio Manns et le vers cristallin d’Isabel Parra.

De même, l’épanouissement musical se manifeste dans la finesse d’expression, depuis les premières compositions instrumentales qui sont presque une reproduction de la musique indigène jusqu’au travail précis et nuancé des Cantates ou des compositions des Inti Illimani et Quilapayun. L’utilisation des instruments s’enrichit dans chaque nouvelle interprétation d’une recherche constante de nouveaux sons, de nouvelles orchestrations. La richesse des arrangements vocaux offre une gamme immense de possibilités, les groupes étant à la fois des chanteurs et des instrumentistes. Cette particularité que l’on ne retrouve pas dans la musique européenne est probablement une des caractéristiques principales de la Nouvelle chanson chilienne sur le plan strictement musical.

Edouardo Carrasco et Guillermo Haschke ( traduction de Régine Mellac)
Les autres parties

1. Peuple qui chante ne mourra pas ICI

2. Les radios facteurs de frein ICI

3. Un art véritablement national ICI

4. Un mouvement libérateur ICI

5. La montée du mouvement populaire ICI

6. Les artistes et les travailleurs ICI

7. Le retour aux valeurs esthétiques ICI

8. Les cantates ICI

9. Les groupes ICI

10. La haine de la junte ICI

Rédigé par caroleone

Publié dans #Chili, #Arts et culture

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