Partager l'article ! MEXIQUE : les Tarahumaras ou Raramuris: Situation Les Tarahumaras vivent au nord du Mexique dans l' ...

Situation
Les Tarahumaras vivent au nord du Mexique dans l'état de Chihuahua et se sont réfugiés dans les contreforts de la 'Barranca del cobre" ( ravins du cuivre) à 1420
mètre d'altitude, dans la Sierra madre occidentale pour fuir les espagnols au 16 e siècle.
Cette région constitue une zone de biodiversité qui est la plus riche d'Amérique du Nord.
Cette région est également couramment dénommée "Sierra Tarahumara".

l'état du Chihuahua
Leur nom :
Tarahumara provient de la corruption du terme amérindien Raramuri qui veut dire en langage uto-aztèque " ceux qui ont les pieds légers".
Le terme Raramuri ne désigne que les hommes, les femmes sont nommées MUKI et en groupe IGOMELE.

Population :
Ce groupe est constitué de 4 ethnies :
- les RARAMURIS ( tarahumaras) : 50.000 personnes
- Les O'ODAM ( ou PIMAS) : 1000 personnes
- les ODAMIS : 6000 personnes
- les WARIJO :3000 personnes
La population totale est entre 50.000 et 70.000 personnes, quelques uns vivant en ville. C'est l'un des peuples indigènes les plus importants d'Amérique du Nord.
La course de fond : cette course sur de longues distances s'est développée dans le contexte d'un
peuplement de faible intensité pour assurer le transport et la communication dans les établissements éloignés. A présent, elle revêt un caractère plus cérémoniel et compétitif.
Ils vivent traditionnellement dans des habitats de type troglodytique ou dans des petites maisons en bois ou en pierre.
Ce sont des semi-nomades vivant en été sur les hauts plateaux et l'hiver dans les canyons.
Ils cultivent le maïs et les haricots qui sont la base de leur alimentation. Ils élèvent des bovins mais également des chèvres et des moutons tout en pratiquant la transhumance.
Ce sont des chasseurs occasionnels, le produit de la chasse servant surtout à compléter l'alimentation de base. Ce peuple d'agriculteur se répartit les tâches comme suit :
- les hommes cultivent le maïs et les haricots rouges
- les femmes s'occupent du foyer et des enfants et fabriquent des objets artisanaux.
Traditions et mode de vie :
Les indiens Tarahumaras sont de petite taille, très réservés et réputés pour leur capacité à parcourir de longues distances. Leur caractère est très discret et ils refusent les affrontements.
Tenue vestimentaire
Elle se compose de chasubles multicolores, pagnes triangulaires, le front est ceint d'un large bandeau.
Rites
C'est un peuple de tradition chamanique, qui ignore la notion de péché. Malgré leur convertion au catholicisme il y a 4 siècles, leur culte mêle la lithurgie
romaine et les rites millénaires.
Les manifestations sont organisées entre communautés autour de :
- rites visionnaires
- jeux de balle en bois ( RARiPA)
- courses en équipe de 60 Km et plus dans la montagne
La contemplation
Ils y consacrent une grande partie de leur temps qui se base sur un système de pensée lié à une quête spirituelle du bonheur et l'élévation le la conscience personnelle.
Chamanisme et consommation de "peyotl"
Le "peyotl" est un petit cactus de sans épine de la famille des cactacées. Son nom latin est lophophora williamsii.
« Peyotl » est un mot nahuatl signifiant brillant, soyeux, blanc, par référence probable à l'aspect de la dépression
centrale de ce cactus.

Le peyotl est utilisé depuis des siècles dans des cérémonies religieuses, divinatoires ou thérapeutiques par les chamans des tribus d'Indiens du Mexique.
Des fouilles archéologiques sur des sites d'Amérique centrale ont mis au jour des restes de peyotl dans des sites datant de plus de 3 000 ans.
L'ensemble des cérémonies religieuses concernant le peyotl n'occupe pas moins de quatre mois de l'année.
Le peyotl ne s'utilise pas comme drogue sensorielle. Il se consomme toujours en groupe, dans le cadre des croyances et des pratiques religieuses. Il permet de
supporter la fatigue et de garder un lien avec la terre des ancêtres pour la continuité de la tradition. Il donne pouvoir et divination au chamane, permet de connaitre l'origine des maladies et
de donner des soins.
Il existe également un pèlerinage en vue de la récolte du cactus. Les préparatifs et la grande fête du Hicourine différent que par quelques détails. Tout
comme les Huichol, ils vendent aux Coras des peyotls contre un mouton ou une chèvre.
Les Tarahumaras croient que les plantes ont une âme comme les hommes. Ainsi quand le Père Soleil se sépara de la Terre pour gagner le Ciel, il laissa derrière lui
le peyotl pour permettre à l'homme de se soigner.

Danses :
Elles sont pratiquées uniquement par les hommes qui à l'occasion sont vêtus de grandes capes d'étoffe, ceints de petites couronnes de miroirs où se réflètent toute
la puissance et l'omniprésence de dieu assimilée au soleil.

La déforestation et le narcotrafic
Leur stratégie d 'isolement et le semi-nomadisme qu'ils pratiquent leur a permis de résister aux assauts de l'histoire, aux conquistadores, aux travaux forcés
dans les mines d'or, d'argent et d'opale, aux missionnaires et au régime post-révolutionnaire du PRI.
Depuis environ une trentaine d'année, leurs "ennemis" ont changé de figure et sont devenus une terrible menace pour les communautés : le narcotrafic qui est
inévitable dans cette région et la présence d'industries du bois .
Les communautés sont propriétaires de leurs terres depuis 1960, mais la domination des "scieurs" les a fait passer du statut de propriétaires à celui d'employés
sous payés.
La construction des routes dirigée par la banque mondiale contribue également au désastre écologique.
Les indiens sont malgré tout appuyés dans leur résistance par certains acteurs locaux ( ONG, avocats, écologistes).
Entre 1986 et 1994, 36 raramuris ont été assassinés dans la communauté de "Coloradas" laissant derrière eux 146 enfants et veuves.
"La violence du narcotrafic est un serpent à mille têtes. Quand on lui en coupe une, cent repoussent" explique un indien
Tarahumara.
Le pillage du bois se poursuit, expulsions, défrichage, en toute impunité, sans battage médiatique.
La communauté de Coloradas protège l'un des plus vieux pins éndémiques du monde ( il en restait à peine 1000 en 2003). Le raramuri a vis à vis de l'arbre une
relation totalement différente des mestizo ( métis). Comme on ne peut commercialiser sa famille, on ne peut vendre ce qui appartient à Terre Mère et au dieu père.
Le bois est aliment, pour le feu, pour l'esprit du dessus, pour la musique, pour le violon, les rites, les fêtes, les danses traditionnelles.
" Ils viennent, tuent les arbres et après, on doit choisir : soit nous quittons nos terres, soit nous restons pour cultiver leur drogue"
explique un indien Tarahumara.
Le cartel de sinaloa commandé par le narcotrafiquant le plus recherché au Mexique pratique les violations aux droits de l'homme, des massacres d'une violence
indicible qui mettent ce peuple dans une position de totale vulnérabilité.
Nous autres Européens avons les moyens de diffuser les informations, de soutenir même à distance les luttes de toutes les communautés indigènes d'Amérique
latine. Il nous suffit de nous regrouper au sein d'associations et d"oeuvrer à cette grande cause humanitaire qu'est le maintien des communautés indigènes sur leurs terres d'origine.
A l'heure où l'écologie est en vogue, ma conviction est que seules ces communautés ont le pouvoir et le savoir nécessaires à la préservation de notre capital
d'oxygène au monde ainsi que le pouvoir de faire prendre conscience aux peuples civilisés que nos origines sont nos racines, que sans respect pour l'homme et pour la nature, il n'y a pas de
liberté possible.
Ce sont à mes yeux les seuls écolos qui soient, leurs traditions ancestrales bien ancrées et leurs rites animistes même pour une athée comme moi, constituent le
maintien des traditions dans le respect de la terre......sans terre, pas d'homme, c'est pourtant simple.
Je ne dirais pas comme un camarade qui a écrit sur ces peuples, que ces derniers n'ont pas droit à la médiatisation de la lutte des Zapatistes, toutes les
communautés ont droit au même combat de notre part.


Cela ne tient qu' à nous de les faire connaître.......C'EST LE BUT DE MES ARTICLES.
J'espère qu'ils rencontreront un effet favorable , provoqueront un électrochoc nécessaire chez mes lecteurs et leur ouvriront les portes de la sagesse et du
combat révolutionnaire pour la préservation des peuples premiers.
Une partie des photos est tirée du site :
http://www.revemexicain.com/barrancas_del_cobre_mexique.php
Mise à jour le 24 avril 2011

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