Notre camarade Henri Alleg nous a quitté

Publié le 18 Juillet 2013

 

 

Henri Alleg (photo Jean Texier)

 

 

Des journalistes et des combats (44/49)

Henri Alleg est mort
 
 

Henri Alleg, le rêve algérien chevillé au corps

 

L'ancien journaliste de l'Humanité, militant communiste et auteur de l'ouvrage "La Question" (1958) qui dénonçait la torture pendant la guerre d'Algérie, est décédé mercredi à Paris à l'âge de 91 ans. Portrait.

Sa famille, ses amis, ses camarades lui rendront un hommage fraternel le lundi 29 juillet à 10h30, au crématorium du Père Lachaise, salle de la Coupole. Le même jour, à 16 h, une courte cérémonie d'inhumation aura lieu au cimetière de Palaiseau (Essonne).

Depuis Alger républicain dont il devient directeur en 1951, le journaliste communiste a fait de sa plume l’arme du combat pour une Algérie libérée du racisme et de l’oppression colonialiste. Son livre la Question a contribué de manière décisive à lever le voile sur les tortures de l’armée française.

«Enfin Alger ! Un quai inondé de soleil, que surplombe le boulevard du front de mer.» Lorsque le jeune Harry Salem débarque pour la première fois à Alger, au mois d’octobre 1939, c’est d’abord ce mythique éclat de la Ville blanche qui l’étreint. Alors que le fascisme étend ses tentacules sur la vieille Europe et fourbit les armes du désastre, le jeune homme, qui rêvait de nouveaux horizons, aurait pu embarquer pour New York, ou pour l’Amérique latine. Le hasard et quelques péripéties l’ont conduit en Afrique du Nord, vers ce qui était alors, encore, un «département français».

Société d'apartheid

Pour le petit Parisien, fils de tailleurs, né à Londres dans une famille de juifs russes et polonais ayant fui les pogroms, la découverte de l’Algérie est un bouleversement. Dans cet autre monde, son rêve algérien prend immédiatement corps. Il se lie avec des Algériens, des gosses déguenillés de la place du Gouvernement jusqu’aux amis rencontrés à l’auberge de jeunesse où il loge, parmi lesquels Mustapha Kateb. Des amitiés contre-nature, dans cette société d’apartheid. Instinctivement, le jeune homme refuse la frontière invisible qui sépare deux mondes, celui des Européens, citoyens français, et celui des indigènes, rendus étrangers à leur propre pays. Alors que les vichystes tiennent Alger, Henri, déjà communiste de cœur, adhère à la Jeunesse communiste clandestine, avant de rejoindre le Parti communiste algérien (PCA). C’est là, dans l’euphorie de la Libération, que son chemin croise celui d’une « sympathisante », Gilberte Serfaty. Elle deviendra une ardente militante et, pour lui, la compagne de toute une vie.

 

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Rosa Moussaoui

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire

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R
Tu comprendras,chère Carole,que je tienne à ce que mon hommage à Henri,avec respect et admiration,paraisse sur ton site fidèle à ses combats. Robert Lechêne,ancien journaliste auprès d'Henri Alleg à l'Humanité,organe central du Parti communiste français.
C
Bonjour Robert,<br /> <br /> Merci de ta confiance, je suis très touchée.<br /> Quand j'ai su hier matin qu'Henri était mort, j'ai attendu un peu de voir si j'étais capable de lui rendre hommage puis j'ai trouvé cet article de l'huma qui est très bien fait. En tout cas bien mieux que ce que j'aurais écrit c'est certain.<br /> Tu as eu une vie riche de belles rencontres mon cher Robert, et je suis contente que tu nous la fasse partager.<br /> <br /> Toutes mes amitiés<br /> <br /> caro
F
Un grand Monsieur qui mérite le plus grand respect.<br /> Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de te le dire, j'ai lu &quot;La question&quot; (j'avais 17 ans) c'était en 1963 et ce livre était toujours interdit en France.. c'est donc sous le manteau que nous nous le passions.. il a éclairé à jamais ma conscience politique (sans qu'il soit besoin de s'encarter).<br /> Je suis admirative du combat de cet homme cultivé, sensible et courageux.<br /> Bisous
C
Bonjour Fanfan,<br /> <br /> Oui, en effet je me souviens que tu m'avais confié cet éveil qu'avait provoqué la lecture de la Question. Tu vois, ce malheureux depuis un an attendait son départ. Grâce à son courage et son récit, le cas de l'Algérie et le rôle de la France auront été révélés enfin mais que de chemin encore à parcourir pour obtenir une reconnaissance pour les malheureux qui combattirent là-bas.<br /> Moi aussi j'ai lu la question, ça m'a perturbée également même si je n'étais plus adolescente alors, quand je l'ai lu.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> caro