Les hannetons sacrifiés + La cigale de Roger

Publié le 14 Juillet 2013

Les hannetons sacrifiés + La cigale de Roger

Un jour, j’eus des petits compagnons

hannetons

qui partagèrent mon chemin de vie.

Très peu de temps c’est vrai.

Avec ma Marie-Rose, à Rouen,

dans la rue nous trouvâmes,

en-dessous d’un majestueux et très vieux

marronnier,

deux hannetons égarés,

posés par terre comme une offrande.

C’étaient de gros hannetons.

Pas comme les petits de la St Jean

qui volent par centaines,

le soir après la tombée du soleil.

Marie-Rose me dit de les prendre,

soigneusement les mettre dans mon mouchoir,

bien au frais dans ma poche,

et le lendemain les porter à mon maître d’école

qui serait content de montrer ces merveilles

aux enfants en soif d'apprendre.

Le lendemain je partis à l’école accompagnée

de mes petits insectes dorés.

J’écoutais, bien sage ma petite grand-mère

et montrais notre découverte

au maître toutes ouïes, tous yeux ouverts.

Ce dernier, bien malappris

nous dit :" Regardez cette belle expérience ,

paraît-il,

si l’on accroche un fil à la patte du hanneton,

il vole et vole de ses petites ailes".

Le premier hanneton en effet vole,

se fracasse à la fenêtre qui était bien entendu fermée.

C'est beau c'est vrai, le vol mais,

mon cœur se fige d'effroi.

Le second l’imite,

prend le même chemin.

La vie est trop courte, vite de l'air.

Mais la liberté,

jamais ne se trouve au bout d’un fil.

Et la petite Caro de rentrer le soir

à la maison avec ses compagnons moribonds

qui ne virent plus le lendemain.

J’enterrais mes amis,

comme s’ils étaient d’anciens compagnons

de jeu :

un chaton,

ou un chiot,

ou un lapin,

ou bien un adorable cochon d'Inde.

J'y mis les mêmes précautions

et moult larmes

qui firent dire à ma mère

qu’on n’a jamais vu ça de vie d’homme :

pleurer des hannetons, quelle idée !!

C’était un signe de mon petit destin :

cœur trop gros

cœur trop lourd,

les valises s’annonçaient bien chargées,

il y faudrait des roulettes

pour arriver à les porter

sans perdre haleine.

Carole Radureau (14/07/2013)

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Les hannetons parlent à la cigale :
Les hannetons sacrifiés + La cigale de Roger

Entre insectes ils se comprennent.

Et la cigale de Roger Colombier, elle connaît des histoires,

que même Alphonse Daudet ne les pas entendues dans sa garrigue

que même Alphonse Daudet n'aurait pas su si bien les narrer.

Car pour retranscrire les histoires des cigales,

il y faut du cœur, et une bonne âme de troubadour,

des mots qui fleurent bon le thym et le ciste

avec une pointe de kermès arrosé d'un filet de raisin vendangé,

des mots qui savent être justes et dire les choses

des gens humbles qui n’ont bien souvent

pour toute compagnie que des mots de poètes

et le chant des cigales pour les accompagner.

Merci à Roger le troubadour de la toile.

Carole Radureau

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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Roger Colombier 15/07/2013 06:51

Une bien belle histoire que celle de ces deux petits hannetons de Normandie. Le destin des hommes passe aussi par toutes ces histoire qu'il faut leur conter pour avancer vers la lumière de la fraternité et de la liberté. Merci.
Amitiés matinales.
Roger.

caroleone 15/07/2013 10:59

Bonjour Roger,

Cette histoire en fait, est le reflet de ce que j'allais faire un peu de ma vie et je me devais d'arriver à la coucher en poème pour que mes enfants l'aient ensuite dans leur héritage.
Tu as raison ce sont de telles petites histoires qui forgent lentement les pensées et les actes des hommes, mais nombreux sont ceux qui les négligent et se concentrent que sur des histoires de bling bling insipides et inutiles.

Amitiés

caro