Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Publié le 27 Avril 2013

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Tu portais dans ta voix comme un chant de Nerval
Quand tu parlais du sang jeune homme singulier
Scandant la cruauté de tes vers réguliers
Le rire des bouchers t'escortait dans les Halles
Tu avais en ces jours ces accents de gageure
Que j'entends retentir à travers les années
Poète de vingt ans d'avance assassiné
Et que vengeaient déjà le blasphème et l'injure

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre s
iècle saigne

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Debout sous un porche avec un cornet de frites
Te voilà par mauvais temps près de Saint-Merry
Dévisageant le monde avec effronterie
De ton regard pareil à celui d'Amphitrite
Enorme et palpitant d'une pâle buée
Et le sol à ton pied comme au sein nu l'écume
Se couvre de mégots de crachats de légumes
Dans les pas de la pluie et des prostituées

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre s
iècle saigne

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Et c'est encore toi sans fin qui te promènes
Berger des longs désirs et des songes brisés
Sous les arbres obscurs dans les Champs-Elysées
Jusqu'à l'épuisement de la nuit ton domaine
O la Gare de l'Est et le premier croissant
Le café noir qu'on prend près du percolateur
Les journaux frais les boulevards pleins de senteur
Les bouches du métro qui captent les passants

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de n
otre siècle saigne

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

La ville un peu partout garde de ton passage
Une ombre de couleur à ses frontons salis
Et quand le jour se lève au Sacré-Coeur pâli
Quand sur le Panthéon comme un équarissage
Le crépuscule met ses lambeaux écorchés
Quand le vent hurle aux loups dessous le Pont-au-Change
Quand le soleil au Bois roule avec les oranges
Quand la lune s'assied de clocher en clocher

Le petit Ferrat illustré : Robert le diable

Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le destin de notre s
iècle saigne

Jean Ferrat ( Paroles d'Aragon) 1971, Ferrat chante Aragon, Barclay

Petit bonus, spécial poètes, d'un poème que j'aime :

Au mocassin le verbe

Extraits de Corps et biens Langage cuit (1923)


Tu me suicides, si docilement.
Je te mourrai pourtant un jour.
Je connaîtrons cette femme idéale
et lentement je neigerai sur sa bouche.
Et je pleuvrai sans doute même si je fais tard,
même si je fais beau temps.
Nous aimez si peu nos yeux
et s'écroulerai cette larme
sans
raison bien entendu et sans tristesse.
Sans.


Robert Desnos

Rédigé par caroleone

Publié dans #Le petit Ferrat illustré

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F
Perso, je n'aime pas trop cette nouvelle configuration d'OB, mais bon, il faut faire bosser les informaticiens!! Merci pour Desnos et Ferrat!!BISOUS FAN
C
Bonjour Fan,

On y perd beaucoup au niveau de la configuration des articles, c'est évident, mais je ne pense pas qu'on ait eu trop le choix. Je teste, je verrais bien par la suite. Les statistiques fortement réduites aussi risquent bien un jour ou l'autre de retirer ma motivation car travailler pour des minorités dans le vide, je ne sais pas si ça va le faire.
Mais bon, faut s'adapter, je ne sais pas si c'est pour faire travailler les informaticiens, je pense qu'il y a des raisons plus obscures qui ne sont pas par exemple de permettre des échanges plus importants en dehors des réseaux sociaux.

Bises et merci de ta visite

caro