La révolte latino-Caribéenne secoue l'OEA

Publié le 12 Juillet 2013

La révolte latino-Caribéenne secoue l'OEA

Angel Guerra Cabrera

Traduit par Maurice Lecomte

11 juillet 2013

http://www.cubadebate.cu/opinion/2013/07/11/la-rebelion-latino-caribena-estremece-a-la-oea/


La sévère condamnation des gouvernements d'Amérique latine et des Caraïbes de l'OEA pour la violation par les pays européens de l'immunité du président de la Bolivie, Evo Morales, met en évidence le changement politique colossal que vit notre région. Oui, rien moins que l'OEA, si bien définie comme Ministère des colonies de Washington. Le fait que la résolution ait été adoptée avec les réserves expresses des États-Unis et du Canada et malgré leur évidente contrariété, rend le fait encore plus remarquable.

Dans quelle autre région du monde est-il possible de voir aujourd'hui une aussi forte déclaration collective d'indépendance et de souveraineté par rapport à l'empire ? Il est vrai que le projet approuvé a été présenté par la Bolivie, le Venezuela, l'Equateur et le Nicaragua, membres de l’ALBA ayant des positions nettement anti-impérialistes, mais il en est pas moins certain qu’il a reçu le soutien de tous les gouvernements latino-américains et caribéens en ces termes :

"L’OEA condamne ces actes qui violent les règles et principes du droit international, l'inviolabilité des chefs d'Etat"

et

"appelle fermement les gouvernements de la France, du Portugal, d'Italie et d'Espagne ;

  • à fournir les explications nécessaires sur ce qui s'est passé avec le président Evo Morales
  • et aux excuses afférentes".


Comment ne confronterions-nous pas la vigueur de l’indignation de notre Amérique exprimée là avec de solides arguments et les explications inconsistantes présentées par les ambassadeurs de France, d'Italie, d'Espagne et du Portugal face à cette insulte ? Le secrétaire de l’OEA, manquant certes de certains attributs, mais pas d’odorat politique, a flagellé les anciennes puissances coloniales européennes ;

"(l'action contre Evo Morales) est une infraction grave qui a laissé une plaie" dans les relations entre l'Amérique latine et l'Europe.

"Aujourd’hui nous approuverons la résolution et nous nous en irons, mais il n’en reste pas moins vrai que les faits n'ont pas été clarifiés et que la meilleure façon de les résoudre serait la transparence."


Et depuis que l'agression contre Evo s'est produite, la réaction des gouvernements de la région a été, à quelques nuances prés, une condamnation presque unanime. Dès le début, se sont distingués par leur combativité et leur solidarité avec le digne président de la Bolivie, l'Équateur, l'Argentine, le Venezuela, le Brésil, Cuba, l'Uruguay et le Nicaragua, dont les dirigeants détiennent des positions fortes en matière d'indépendance et de souveraineté. Toutefois, des gouvernements de droite comme ceux de l'Alliance du Pacifique du Mexique, de la Colombie, du Pérou et du Chili, ont également signé, avec de légères modifications, la déclaration proposée par la Bolivie, l'Équateur, le Nicaragua et le Venezuela.

Il s'agit d'un signe clair de l'évolution des temps que vit notre région selon la définition heureuse de président équatorien Rafael Correa. La corrélation des forces au sud du Rio Grande incline en faveur de l'indépendance de ses États et peuples vis-à-vis des Etats-Unis, tels qu’en eux-mêmes ;

  • possédant plus de pouvoir militaire, l
  • espionnant de façon plus flagrante
  • et proférant des menaces contre les gouvernements qui ne lui sont pas subordonnés.

C'est pourquoi nous devrions tous appuyer l'asile politique offert par le président Maduro au jeune brave Edward Snowden dans un geste de justice élémentaire protégé par le droit international qu’exalte le Venezuela.

La lutte et la prise de conscience des peuples ont établi pour la première fois dans l'histoire de notre région un groupe de leaders socialement sensibles, jaloux de la souveraineté de leurs Etats membres et partisans de l'unité et de l'intégration selon la conception bolivarienne de Marti et de Chavez. Mais comme le démontre le Brésil, les gouvernements même avec une orientation sociale et ne laissant pas tout à l'action du marché peuvent avoir à faire face à des protestations populaires s’ils baissent leur garde et font confiance [s’abandonnent] à leur succès.

Qui ne le voit pas est aveugle, les peuples de Notre Amérique ne sont dorénavant plus disposés à accepter le néolibéralisme et encore moins son approfondissement, ils croient de moins en moins dans les médias dominants et les partis politiques de vulgaires négociants indépendamment des acronymes dont ils s’affublent. Nous le disons ;

  • aux enseignants dans leur lutte démocratique exemplaire contre la soi-disant réforme de l'éducation du Mexique,
  • aux combattants infatigables pour l’enseignement public des étudiants et du peuple du Chili pour le droit à l'instruction publique gratuite
  • ou à la résistance héroïque des indigènes et métis du Pérou et de la Colombie contre les mégaprojets des prédateurs miniers et de l'agro-industrie.

Ils sont nombreux ceux qui luttent et beaucoup d'autres les imiteront bientôt.

Source : Maurice Lecomte

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA

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