Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

Publié le 14 Août 2013

Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

Clin d'oeil aux amis des bois.......(désolée, ça va "ramer" avec les chansons)

Il était l’un des plus célèbres accordéonistes français, compositeur, chef d’orchestre, 10 fois millionnaires du disque, auteur de plus de 600 chansons.

A la maison de pays des Monédières, une exposition sur l'enfant du pays, Jean Ségurel nous permet de mieux appréhender l'histoire de ce musicien si renommé en son temps.

Il était né le 13 octobre 1908 à Chaumeil, troisième enfant d’un couple de paysans qui pour arrondir ses fins de mois avait ouvert un petit café-auberge à Chaumeil , le café Jean Ségurel.

Le jeune Ségurel de son prénom Jean-Baptiste était surnommé « Baptistou ».

Il grandit dans cette belle région des Monédières partageant ses jeux avec les « violonaïres » de la commune.

Il semble doué pour la musique, aussi son institutrice l’encourage à persévérer dans cette voie et elle l’aidera même plus tard en lui écrivant des chansons.

A l’âge de 8 ans, sur sa demande, son père lui achète un violon à la foire de Tulle. Il joue alors l’hiver dans l’auberge de ces parents, les soirées d’hiver pendant les bourrées et sa mère ou sa sœur l’accompagnent en chantant.

Le premier accordéon

Son frère Joseph achète un jour un accordéon Castel-Fidardo et quand il part effectuer son service militaire il lui prête l’instrument qui est comme une révélation pour le jeune Ségurel.

Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

En 1927, il entre à la poste comme facteur à bicyclette à la commune du Lonzac.

En 1928, il fait son service militaire dans le 30e bataillon des chasseurs alpins à Grenoble. Il emporte son accordéon avec lui.

A son retour du service militaire en 1929, ayant décidé de devenir accordéoniste, Jean SEGUREL fut remarqué par les trois frères "Maugein".

Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour
Les troubadours corréziens

Au début des années 30, il monte une petite formation avec deux amis instituteurs, Jean Leymarie et Roger Leyssène : les troubadours corréziens.

Les bruyères corréziennes

Dans le courant de l’année 1935, alors qu’il discutait avec ses deux amis instituteurs sur le perron de sa villa de Chaumeil en observant les bruyères en fleurs, il eut une inspiration et dit « qu’il faudrait faire une chanson parlant des bruyères ». Jean Leymarie se mit donc à écrire les paroles de cette chanson intitulée « Bruyères corréziennes » et Roger Faure propose de la chanter. Cette valse devint un succès immédiat qui bâtît les records en 1946/1947. Il obtiendra d’ailleurs un disque d’or avec Odéon.

En 1931 il grave son premier disque 78 tours et entame sa carrière discographique.

En 1940 après sa démobilisation, il remonte une petite troupe composée d’artistes réfugiés en Corrèze dont certains étaient connus tels les fantaisistes Perrin, Mourier, Goudard et Pierre Doris et les accordéonistes Jean Prez et Edouard Duleu. C’est ainsi que renaissent les nouveaux troubadours corréziens qui sillonnent pendant quatre ans le Limousin, l’Auvergne et le Quercy. Se déplaçant à pied, à bicyclette, par le train ou avec une voiture à gazogène.

A la libération en août 1944, il cherche de nouveaux partenaires et remonte un véritable orchestre qui le mènera au sommet de sa popularité. Il engage son compatriote Robert Monédière, des musiciens comme Max Daumont, André Var, Roger Vincent puis par la suite Jack Erhard et Jo Sony et ils animent les bals, les galas d’accordéon, 6 jours sur 7 pendant 25 ans.

Jean Ségurel préférait se produire dans les petites localités que dans les grandes villes.

Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour
Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

Avec Poulidor en 1967 (la suite pour les zamateurs ICI )

Le bol d’or des Monédières

Ségurel avait toujours été passionné de cyclisme qu’il pratiqua d’ailleurs dans des courses locales. Il espérait bien un jour organiser une grande compétition sportive dans les Monédières et il invita grâce à ses connaissances, à Chaumeil, de grands champions.

Le 7 août 1952 a lieu le premier « bol d’or des Monédières ». Ce fut Robic, le champion du tour de France qui remporta la course. 15 « bols d’or » se tinrent par la suite à Chaumeil avec une foule toujours plus nombreuse.

Le fils de Jean, Alain repris le flambeau à la tête du « Club sportif des Monédières » et relança le bol d’or en 1982 à Chaumeil.

Trois tours de France sont passés dans les Monédières :

  • En 1987 avec arrivée de l’étape Poitiers/Chaumeil au sommet des Monédières
  • En 1998, la 7e étape contre la montre
  • En 2001, arrivée d’étape à Sarran
Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

Jean Ségurel et Robert Monédière

Jean SEGUREL a toujours été considéré comme l'une des grandes vedettes nationales de l'accordéon. Il a sorti de l'oubli nombre de chansons et danses folkloriques du Limousin. Son style si particulier et la sonorité de ses accordéons "Maugein" l'ont différencié de tous les autres accordéonistes célèbres. Parmi ses plus grands succès, figurent désormais des classiques de l'accordéon.

Il s’éteint le 29 décembre 1978 d’un arrêt cardiaque dans la ville qui l’avait vu naître.

Il avait été fait chevalier de la légion d’honneur en 1968.

Enregistrements publiés au format LP 33™
  • 1954 : Danses populaires du Massif central ∫ LP 25 cm Disques Odéon - Odéon OS 1016.
  • 1954 : Les danses du massif central ∫ LP 25 cm Disques Odéon - Odéon OS 1045.
  • 1957 : Pot-pourri de bourrées ∫ LP 25 cm Disques Odéon - Odéon OS 1134.
  • 1957 : Un grand bal corrézien ∫ LP 25 cm Disques Odéon - Odéon OS 1153.
  • 1958 : Iberica ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1169.
  • 1958 : Paysan mon ami ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1182.
  • 1958 : Auvergne et Limousin ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1201.
  • 1959 : Autour des Monédières ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1213.
  • 1959 : Aubade à la pastourelle ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1222.
  • 1959 : Les joyeux troubadours ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1225.
  • 1960 : Pour les routiers de France et en particulier de l'Auvergne et du Limousin ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1230.
  • 1960 : Bol d'or des Monédières ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1249.
  • 1961 : Souvenir du Limousin ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1263.
  • 1961 : À travers la Corrèze ∫ LP Disques Odéon - Odéon OS 1269.
  • 1961 : Évocation d'un mariage en Limousin- Évocation d'un mariage dans le Massif central ∫ LP Disques Odéon - Odéon OSX 175.
  • 1962 : Fidèle à son village ∫ LP Disques Odéon - Odéon OSX 191.
  • 1962 : Ça c'est chez nous ∫ LP Disques Odéon - Odéon OSX 198.
  • 1963 : 2 000 000e disque ∫ LP Disques Odéon - Odéon OSX 211

Sources : wikipédia, mdcn.fr, expo de la maison Des Monédières

Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour
Jean Ségurel, Baptistou devient troubadour

Caroleone

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire

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F
D'accord avec vous deux! Il reste bien présent dans les mémoires! perso je dirai que le Bol d'or des Monédières à son initiative a bien plus marqué les esprits de ma génération! Pour rien au monde on aurait raté le bol d'or! que de souvenirs<br /> bises à vous deux<br /> Michèle tu es d'où?
C
Bonsoir Dany,<br /> <br /> L'important c'est bien (pour moi sur ce blog) de mettre en avant votre région et ses richesses, je me sens corrézienne de cœur à présent et je me réjouis de toutes ses perles à voir et à découvrir encore. Même si je préfère bien me tourner vers l'histoire de la résistance que sur l'histoire de la musique et du cyclisme, mais comme je suis ouverte à tout, j'aime cette diversité.<br /> Je laisse à Michèle le soin de te répondre pour ta question.<br /> <br /> Bises et bonne soirée<br /> <br /> caro
M
D'accord avec vous les filles, on est loin de Ferrat ! <br /> Mais le folklore reste le folklore et il ne faut pas y chercher d'autre message que ce qu'il est censé représenter pour sa région, quelle qu'elle soit. <br /> En l'occurrence, beaucoup d'accordéonistes et de violoneux corréziens étaient loin d'être des 1er prix de conservatoire, mais, en même temps, ils ne faisaient pas guincher des danseurs étoiles !!! <br /> Tout ça a juste le goût de l'enfance et de l'adolescence, ni plus, ni moins ...<br /> Bises corréziennes.
C
Bonjour Michèle,<br /> <br /> Oui tu as bien raison, le message est celui que je souhaitais faire passer, la découverte du terroir en prime.<br /> C'est vrai aussi que question folklore le bal musette et les bourrées sont bien ancrées dans la génération de nos parents et grand-parents et je ne peux pour ma part pas du tout comparer ce folklore avec celui très engagé du Chili qui tourna autour de Jara et Violetta Para, hélas.<br /> Tu m'a bien fait rire avec le coup qu'il ne faisait pas guincher des danseurs étoiles !! C'est un autre monde bien plus proche du nôtre certes.<br /> Bises et bonne journée<br /> <br /> caro
F
Bonjour Caro<br /> Enfin j'ai le temps de me poser et de venir lire tes billets sur la Corrèze que j'ai bien apprécié!<br /> Hier j'avais déjà lu ce billet sur notre célèbre Jean Ségurel et j'en étais resté sur le c.. que tu puisses dire que c'était le Jean Ferrat corrézien! Enfin par chez nous on ne l'a jamais comparé à Ferrat.... il en était loin! <br /> Quand on lit ce qui est écrit sur lui évidemment la légende est belle.... mais le personnage a été tout autre! C'était Robert Monédière qui jouait bien.... Jean faisait beaucoup de canard! enfin bon je ne veux pas plus polémiquer .... ça ne sert à rien. Juste pour info, mon père accordéoniste a joué avec Jean dans les bals clandestins pendant la guerre. Bon camarade mais très opportuniste!<br /> Allez bises Caro<br /> tes billets sur la Corrèze m'ont fait bien plaisir!
C
Bonjour Dany,<br /> <br /> merci de venir m'apporter ses précisions locales.<br /> Je me suis mal exprimée quand j'ai écris cette comparaison avec Ferrat, c'était bien entendu comme le dit Michèle, il apporta à la Corrèze la notoriété qu'apporta Jean Ferrat à l'Ardèche. Je ne pouvais me permettre de juger plus à même ne le connaissant pas. <br /> J'avais quand même bien remarqué en cherchant des sources sur lui qu'il n'était surtout pas quelqu'un d'engagé mais je ne sélectionne pas non plus mes articles toujours en ce sens.<br /> D'un point de vue musical, évidemment, je préfère d'autres accordéonistes, par exemple Galliano et Ludovic Beier bien plus jeunes et avec le répertoire jazz.<br /> Contente de t'avoir fait de petits clins d'yeux sur ta belle région. Les bruyères commençaient à peine à fleurir lors de mon passage, j'ai comme un manque de rose du coup et j'imagine ce que ça doit être.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> caro
F
Avec humour, on peut dire, en effet, que Ségurel a été pour la notoriété de la Corrèze ce qu'a été Ferrat pour l'Ardèche ... Mais la comparaison s'arrête là ! <br /> Cela dit, tout corrézien de cette génération a baigné d'une façon ou d'une autre dans ce folklore, et ses compositions font encore danser lors des fêtes locales ...<br /> Et puis, ça donne envie d'aller faire un petit tour dans les Monédières voir si la bruyère est bien fleurie, et goûter un petit sorbet aux myrtilles à ta santé !<br /> Bises et merci du clin d'oeil, Caro.
C
Bonsoir les amis,<br /> <br /> J'y vais toujours à fond comme vous le savez : quand on aime !!<br /> Bon, c'est vrai que je ne voudrais pas non plus fâcher les fans de Ferrat.....<br /> En tout cas, j'ai bien aimé cette découverte. Même si je ne saurais pas dire en entendant les accordéonistes de cette époque qui ils sont, je les ai suffisamment entendu avec mon père puis ensuite mon beau-père pour apprécier l'accordéon (mais en version jazz toujours).<br /> Mon mari étant enfant a eu la chance de connaître Verchuren chez qui mon beau-père faisait le jardin.<br /> Et puis, je trouve ça bien que de petites chansons, de petits textes mettent à l'honneur des régions un peu reculées et ça pour la nuit des temps.<br /> Attention aux dents violettes avec les myrtilles : s'il y a un contrôle des gendarmes, ne souriez-pas surtout !!<br /> <br /> Bises et bonne soirée<br /> <br /> caro