Goutte de sang

Publié le 1 Juillet 2013

Un jour ils trouvèrent

une veine,

arrachèrent la roche-mère

à pleines dents,

mordant,

brisant,

broyant

le feuilleté stratifié.

Le trésor enfoui

de siècles en ères de fer,

brilla sous leurs yeux

d’un feu éclatant.

C’était un bloc dur soigneusement empaqueté

qui, goutte après goutte

s’était constitué,

de sang à sang trop coulé

qu’un jour la honte l’emporte,

le stocke dans une cache gardée

(le sang, c’est bien connu attire à lui le sang).

Éclaboussant le jour,

la pierre rouge aux cous

à nouveau resplendit.

Elle ne tache pas l’encolure,

elle à, c’est vrai fière allure,

mais en son sein

brûlent et palpitent

les battements d’ailes, les étoiles filantes

d’un cœur bien blotti

dans son cocon de passé.

Il bat à l’unisson

dans un cri figé d’effroi :

le cri ultime du sacrifié

qui sait que l’histoire

se répète sans fin.

Goutte de sang
Carole Radureau (01/07/2013)

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Je vais tenter d'écrire sur les pierres, les précieuses et aussi celles que l'on ne considère pas comme telles et qui pourtant le sont beaucoup plus que les pierres d'apparat.

Tous ses petits poèmes sans prétention, dont certains seront réussis et d'autres moins à mon habitude seront classés dans une catégorie spéciale comme je l'ai fait pour mes autres poèmes et que j'intitule : Feuillets de pierres ( en référence aux feuillets d'Hypnos de René Char).

Ils sont dédiés à deux personnes sans qui, jamais je n'aurais continué à écrire, car le doute toujours est là en moi qui me fait mépriser tous mes écrits.

Accepter à mon âge d'assumer cette muse envahissante ne fut pas de tout repos.

Aussi, mes compagnons de route (et de doute), Pablo et Serge-Hobo me guident chaque jour sur des routes poétiques qui me disent de toujours chercher à m'améliorer et non pas me contenter de ce qui vient si facilement et n'est pas toujours conforme à mes idéaux.

Merci encore à toi Serge-Hobo, si j'osais je t’appellerais ma muse, mais ça ne le fait pas trop pour un homme, alors, je ne sais pas comment te dire autrement que mon compagnon de route, ou plutôt mon compagnon de chemin de traverse (blanc et semé de petits cailloux).

Pour Pablo, pas de merci qui tienne car si un jour je suis capable d'écrire un vers de la trempe des siens, je pourrais mourir heureuse.

Voilà, je vous laisse avec ceci, j'espère que je serais à la hauteur de mes ambitions et que vous trouverez, amis lecteurs toujours plaisir à venir sur ce blog.

Caroleone

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Hobo Lullaby 02/07/2013 22:18

Bonsoir Caro

Quand le rubis se transforme en boite de Pandore, C'est superbe.

Merci à toi d'être là, à l'écoute, toujours prête au partage. Je suis heureux d'avoir croisé ton chemin.


La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.

Paul Eluard

Bises

Serge

caroleone 03/07/2013 13:17

Bonjour Serge,

Je vais essayer de faire les prochains dans le même ton avec chacun sa touche bien particulière.
Tu sais, nous ne sommes pas si nombreux que ça à emprunter les chemins de traverse, alors quand on se croise, c'est quelque chose de rare qui mérite d'être dit et d'être apprécié à sa juste valeur.

Bisous et bonne journée, merci pour Eluard, c'est toujours très sobre et très juste.

Caro