Goutte de lave

Publié le 8 Juillet 2013

Goutte de lave

Madame la Terre-mère

éructant de colère

éventre sa géologie.

Elle déroule en son sein

un couloir d’intestins,

qui de leur gargouillis,

d’une roche dure et fière,

fabrique un magma prospère.

Caramel porté à la chaleur ultime,

des gouttelettes sautent de- ci, de-là

empilant leur empreinte de cire,

elles sculptent des visages d’au-delà.

Et ça bouillonne,

ça tourbillonne,

ça papillonne,

ça mitonne

puis fusionne,

et dans le moment présent

fige en sa plus extrême expression,

la pierre en un plâtre

à nul autre semblable.

Et c’est la salle de spectacle

de statues minérales,

uniques et surréalistes

qui dessinent dans les siècles

des figures de malice.

La caldeira cache au creux

de son giron

un lac de lave,

des tunnels qui se lavent

dans la matière active.

Un essaim de cratères

fait bouillir la marmite

du volcan qui détonne,

qui crépite,

qui part en pépite.

En surface,

la vie suit son cours,

elle tente de renaître

dans une fissure naissante.

Il y faudra deux siècles

pour reprendre vie.

La faune y trouve son compte,

habillant de couleurs

la grisaille volcanique,

subtil mélange de vie et de mort,

pépiements et piaillements,

face à face

avec le désert brûlant.

Sous la terre ça s’anime,

ça vibre et ça persiste,

afin que la nature

un jour reprenne ses droits.

Goutte de lave
Carole Radureau (08/07/2013)

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Ce poème est inspiré par le volcan masaya ou popogatepe (montagne qui bruit dans la langue indigène chorotega).

C'est un volcan-bouclier qui est l'un des plus actifs du Nicaragua.

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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