Exposition La résistance du plateau des étangs à Paris libéré - Jeantou

Publié le 8 Août 2013

Exposition La résistance du plateau des étangs à Paris libéré - Jeantou

Lors de notre visite au château de Sédières (Corrèze), nous avons découvert l’exposition temporaire intitulée 1939-1945 La Résistance du Plateau des Etangs à Paris libéré.

Cette exposition a été réalisée par le comité de parrainage de la Stèle sous la houlette de son président, Jean Maison que nous avons eu la chance de rencontrer.

Les 27 panneaux illustrés qui composent cette exposition illustrent « le combat des femmes et des hommes, souvent très jeunes, qui ont lutté au péril de leurs vies contre l’occupant nazi et le régime de Vichy au sein des Francs Tireurs Partisans (FTP), et plus particulièrement sur le plateau des Étangs (région de Clergoux) ». Tout en présentant de manière chronologique et thématique les événements du second conflit mondial en les reliant aux actes de résistance du Plateau des Étangs, l’exposition propose aussi une sélection d’objets d’époque (habit du déporté jean Viacroze, machine à écrire, machine morse, documents de réquisition ou encore de reddition de l’armée allemande à Tulle…).

Exposition La résistance du plateau des étangs à Paris libéré - Jeantou
Jean Maison explique :

«J’ai réalisé cette exposition surtout en direction des jeunes pour leur transmettre cette mémoire. Mémoire qui n’est pas seulement la mienne, mais aussi celle de mes compagnons encore vivants ou de ceux malheureusement morts dans la Résistance », explique Jean Maison, ancien résistant et président du Comité de parrainage de la Stèle. « Un peu comme cette cravate des médaillés des Résistants que j’arbore et qui m’appartient autant qu’à tous mes amis de la Résistance », continue, avec malice, celui qui a monté cette exposition à partir de son livre retraçant son parcours dans la Résistance, « Jeantou, un enfant de chez nous ».(la montagne)

En bonne parisienne, je m’étonne de ce surnom de Jeantou, pensant qu’il s’agissait du père de Jean Maison. Je vis toujours en décalé alors Jean et Serge me rétorquent que Jeantou est le petit surnom de tous les Jean en Corrèze (peut-être aussi en Limousin). Hé bien, j’avais appris quelque chose.

Mais surtout en parcourant l’exposition, je me suis plongée dans ces moments si durs de notre histoire où des hommes et des femmes au mépris de leurs vies ont su faire ce qu’il fallait pour résister à l’intolérable. Ont su être braves, courageux, téméraires, guerriers aussi, rusés, fraternels, humains, bons et sincères, entièrement dévoués à cette cause qu’ils trouvaient juste.

Et je me demande si c’était à refaire de nos jours pour X raison qui nous pend lamentablement au nez, serions-nous capables de trouver en nous ce potentiel et ces qualités comme l’ont fait nos anciens ?

Caroleone

Le dossier de presse de l’exposition pour son vernissage à Tulle ICI

N’hésitez pas à regarder les quelques panneaux choisis qui sont très intéressants.

Je reprends mot à mot le texte de Jean qui figure dans le dossier de presse :

La réalisation de ce livre album, répondant à la demande de ceux qui ont visionné notre exposition est une copie conforme de celle-ci.

C’est notre vécu, celui de notre génération, qui disparait aujourd’hui.

C’est mon vécu personnel, car, chez nous, notre résistance commence avant l’appel du général de Gaulle :

  1. Mon père n’hésite pas à recueillir une famille entière, la mère et ses trois enfants, dont le père, officier de l’armée républicaine espagnole, lutte contre l’instauration du fascisme dans son pays. Nous sommes dix à la maison.
  2. Ma sœur aînée, étudiante à Tulle à comme correspondante une jeune fille de Prague en Tchécoslovaquie. Quelle honte pour nous quand elle écrit : « Marcelle, ceci est ma dernière lettre, car la France et ses alliés anglais ont livré notre pays à hitler en signant les accords de Munich le 28 septembre 1938. »
  3. Le 26 septembre 1939, interdiction du Parti Communiste et dissolution en Corrèze de 28 municipalités. Mon oncle François, conseiller municipal depuis le 29 mai 1929, est lui aussi déchu de ses fonctions pour appartenance au PCF avec 4 de ses collègues.

Telles sont les raisons essentielles qui nous poussent, mon père et moi-même, à entrer très tôt en résistance.

Cet ouvrage reprend la totalité de l’exposition qui illustre le combat de ces femmes, de ces hommes, souvent très jeunes, luttant au péril de leurs vies contre l’occupation nazi et ses valets de Vichy au sein des Francs Tireurs et Partisans.

Le 27 mai 1943, le CNR présidé par Jean Moulin, fédère toutes les composantes de la résistance sous le sigle FFI (Forces françaises de l’intérieur).

Un an plus tard est adopté le programme mis en place en partie à la libération.

Sur notre plateau des étangs, 62 des nôtres sont morts pour que nous puissions vivre libre (37 tués au combat, 12 en déportation, 7 fusillés, 3 pendus, 3 disparus). Ils sont de 10 nationalités différentes (49 français, 2 allemands, 2 espagnols, 2 polonais, 2 tunisiens, 1 algérien, 1 italien, 1 marocain, 1 russe, 1 tchèque).

Les stèles fleurissent dans nos campagnes corréziennes rappelant leur sacrifice.

Ne les oublions pas et continuons à lutter pour que le 27 mai soit reconnu, enfin, journée de la résistance.

Jean Maison

Président du Comité de parrainage de la Stèle

Exposition La résistance du plateau des étangs à Paris libéré - Jeantou

Le livre de Jean Maison dont s’est inspirée l’exposition en partie :

JEANTOU , un enfant de chez nous

« Jeantou » pour sa famille et ses amis, « Toto » dans la Résistance, Jean Maison a quitté l'école à 12 ans pour devenir apprenti charron. Patron communiste, maire et conseiller général, il raconte son étonnant parcours.

Il est possible de ce procurer le livre de Jean Maison ICI

Sources : dossier de presse, la montagne .fr

Rédigé par caroleone

Publié dans #Devoir de mémoire, #Balade en France

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I
Bonjour Caro<br /> J'ai mis un commentaire hier et il n'apparaît pas! <br /> je te disais donc, hier pour présenter la venue à notre stand des écrivains de Jean Maison, je cherchais quelques infos sur le net quand je suis arrivée chez toi.... un article que j'avais zappé!!! <br /> une vraie corrézienne tu es devenue! un gros gros merci Caro<br /> A+ j'ai beaucoup de boulot encore pour la fête!<br /> Bises<br /> Dany
C
Je modère les commentaires sur ce blog pour plusieurs raisons.<br /> Vous en faites de jolies rencontres dans ton village très actif, c'est bien, je suis toujours épatée en vous suivant.<br /> <br /> Bises et belle journée<br /> <br /> caro
I
Cherchant à annoncer la venue à notre fête dimanche de Jean Maison, je ne pensais pas trouver chez toi ce bel article.... une vraie corrézienne Caro! Merci!! c'est Denise qui va être contente!<br /> Bises<br /> dany
C
Bonjour Dany,<br /> <br /> Oui, j'étais contente de le rencontrer,et j'ai pris bien de plaisir à faire ce petit article devoir de mémoire. C'est vrai que grâce à mes amis des bois, je m'imprègne peu à peu de cette Corrèze qui me plait de plus en plus.<br /> J'espère que vous passerez un bon moment, je serais un peu avec vous alors.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> caro
M
Ton article ferait certainement plaisir à Jeantou, souhaitons qu'il en prenne connaissance.<br /> En attendant, merci Caro de rendre hommage à cette terre de résistance. <br /> Bises<br /> PS : pour ton info, Serge Hobo parle de Goulles, c'est du côté des Tours de Merle. Quant à Montaignac, nous sommes passés tout près en allant à Clergoux. Tu vois, tu connais presque tout de la Corrèze à présent ...
C
Bonjour Michèle,<br /> <br /> Tu sais, je n'ai pas été très innovante sur le coup, j'ai repris les articles déjà diffusés pour ne pas dénaturer l'expression de Jeantou et malheureusement je n'ai pas trouvé tant de sources que je le pensais. Même le livre semble confidentiel et je suis contente d'avoir pu trouver au moins l'adresse que j'ai mise.<br /> J'ai vu le nom de Goulles ce matin en feuilletant les documents que j'ai ramené, il y a un joli patrimoine également. C'est pour cette raison certainement que Serge-Hobo connaissait les tours de merle.<br /> Il y a encore de belles choses à voir en Corrèze, j'ai vu (en parlant de pèlerinage avec Ferrat ) que l'on pouvait même faire un circuit sur les hauts lieux de la résistance (bon, faut aimer les stèles, mais ça doit être sympa. Ça m'a fait penser au circuit organisé à Cuba sur les traces de la guérilla dans la Sierra Maestra, c'est dans le même ton sauf que en Corrèze, ce n'est pas organisé certes) <br /> Que de choses à voir dans notre petite patrie comme le dit si bien Pablo.<br /> Chercher l'exotisme à l'étranger quand on ne connait pas son patrimoine ?<br /> Cela révoltait mes grands-parents qui disaient comme nous que les français méconnaissaient nos lieux profonds et l'histoire qui s'y est écrite. A ce moment-là de mon enfance, c'était en plein rush des vacances en Espagne et mes grands-parents, comme je m'en rends compte en t'écrivant étaient très patriotes.<br /> <br /> Bisous et merci de ta visite<br /> <br /> caro
H
Bonjour Caro<br /> <br /> c'est vraiment une belle rencontre que tu as fais là. Ce Jeantou fait partie d'une génération qui est en train de disparaitre, mais qui nous transmet cette mémoire et ces valeurs que tu énumères dans ton article. J'espère que nous saurons transmettre cela aux génération à venir. La poèsie est là pour nous y aider.<br /> Je suis allé plusieurs fois en Corrèze. Et mon instituteur qui était originaire de Montaignac Saint Hypolite, nous faisait correspondre avec une classe de Goulles. C'est une terre de résistance s'il en est, qui a payé le prix du sang pour sa Liberté. Billie Holiday aurait pu chanter &quot;strange fruit&quot; pour les 99 pendus de Tulle ...<br /> Merci à toi pour ce bel article<br /> Bisou<br /> Serge
C
Bonjour Serge,<br /> <br /> Ton instituteur avait de bonnes idées, il était comme cette génération d'instit sortis de l'école normale dans laquelle ils avaient appris des valeurs humanistes et une morale laïque bien perdues depuis.<br /> Comme toi, j'espère que nous saurons &quot;passer&quot; cette mémoire aux jeunes générations. Tu sais comme je pense que nous sommes une génération de passeurs uniquement et comme il est dur de rendre attrayants des thèmes qui sont bien loin des préoccupations de nos concitoyens bien trop formatés par des médias toujours plus débilisants.<br /> Quand je rencontre encore par hasard d'anciens résistants, je me réjouit de leur longévité et de leur force à continuer de porter leurs idéaux et leur mémoire à bout de bras, à être de toutes les commémorations, de tous les hommages et de créer encore et encore des traces pour que ne parte pas dans l'oubli le sacrifice des héros de la résistance.<br /> Je suis contente que tu partages cela avec moi et je te remercie de ta visite.<br /> <br /> Bisous<br /> <br /> caro