Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières

Publié le 16 Août 2013

Vue du Suc au may

Vue du Suc au may

Le massif des Monédières est un ensemble granitique qui fait partie du Massif central et qui est compris dans le département de la Corrèze. Il se situe au sud-ouest du plateau de Millevaches.

Dominant de plus de 300 mètres la partie corrézienne du plateau limousin à l'ouest, les Monédières constituent un des reliefs les plus marqués des monts du Limousin, présentant un contraste imposant par sa soudaineté, offrant une vue de plusieurs dizaines de kilomètres en direction de l'ouest. Cette rupture est renforcée et causée par les différences géologiques entre le massif (granitique) et le plateau (gneiss).

Depuis le Suc au May

Depuis le Suc au May

D'une superficie totale d'environ 60 km2, il se situe entre les communes de :

  • Treignac, Affieux, Veix et Lestards au nord ;
  • Pradines, Grandsaigne et Saint-Yrieix-le-Déjalat à l'est ;
  • Saint-Augustin, Chaumeil et Sarran au sud ;
  • Madranges à l'ouest.

Les Monédières, cet imposant massif de structure granitique dont la silhouette dodue est familière à tous les Corréziens, date du plissement hercynien. L'ensemble a une superficie d'environ 6000 hectares dont 3000 de terrains privés et 3000 de terrains communaux. Cette barrière de sommets arrondis donne l'impression de montagnes dominatrices surgissant en abrupt à 300 m au-dessus du socle qui les soutient.

L'étymologie du mot Monédières est incertaine : pour les uns les Moneidira signifierait "Mont des Airelles" du nom de ces petites baies noires, rafraîchissantes et parfumées, qui ponctuent les bruyères roses et sont à la base de délicieuses tartes et confitures et du fameux vin d'airelles ; pour d'autres, les Mounedieiras évoqueraient les "Montagnes du jour" car le soleil les illumine du matin au soir ...

Dans le massif

Dans le massif

La montagne est faite d’une myriade de collines séparées par des cuvettes. Elle culmine à 977 mètres au mont Bessou. Les Monédières se présentent comme un massif de croupes dénudées séparées par des affluents de la Vézère .Ces étendus infinies imprégnées de grandeur et de tristesse disparaissent aujourd’hui sous la draperie sombre des conifères plus rentables.

Le boisement débute au XXe siècle par Marius Vazeilles, inspecteur des Eaux et Forêts, député du Front populaire dans le louable souci de compléter les revenus des paysans. Sur les parties les plus basses les anciens labours sont maintenant transformés en prairies. Les fonds de vallée sont souvent occupés par des tourbières qui se sont formées par accumulation puis carbonisation de mousses séjournant dans l’eau.

Le point culminant dans les Monédières est le Puy de la Monédière et ses 913 mètres.

Un chemin bien engageant au sommet du Suc au May

Un chemin bien engageant au sommet du Suc au May

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Les autres puys

Il y a en tout une trentaine de puys dont les sommets ne dépassent pas les 920 mètres :

Dans la montagne de Veix :

  • Le puy des Monédières (ou puy des Borderies) 919 m

Dans le massif de Chaumeil, 3 puys regroupés en demi-cercle autour du cirque de Freysselines :

Le puy de Chauzeix 893 m

Le puy de la Jarrige 908 m

Le Suc-au May 908 m

Le Suc-au-May

Ce nom vient de l’occitan « lo suc al mais » : le sommet qui porte les mâts.

Pourquoi ?

Ce site avait été choisi pour servir de relais entre la Roche de Vic au sud et le mont Bessou au nord, dès l’invention du télégraphe, d’où l’implantation de grands mâts.

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
La table d’orientation du Suc-au-May

Au sommet culminant à 908 mètres se trouve une table d’orientation offrant une vue exceptionnelle sur les villages aux alentours et les monts d’Auvergne. Elle sert aussi de lieu d’observation des étoiles en été et elle a été créée en 1935 par le touring club de France.

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Une histoire chargée d’incendies

Ce lieu fut habité très tôt comme le laissent supposer quelques traces : tumuli et dolmen de la période néolithique, poteries et pavages de chemins, qui sont des vestiges gallo-romains.

A l’époque la forêt recouvrait tout le massif comme ont peut le penser en voyant certains noms de villages ou de lieux-dits : le bos, la forêt, les géants…..

Le premier incendie est déclenché par Jules César et ses troupes romaines. Ce dernier voulait débarrasser la région des druides et des « folles ».

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières

Le deuxième est dirigé par les proconsuls dans le même but .

Puis lors des guerres de religion du XVIe siècle, le sang coule dans les Monédières où les protestants ont trouvé refuge. Louis de Pompadour, le chef de la ligue des catholiques redonne en septembre 1575 d’allumer un incendie aux quatre coins du massif. Le feu prends d’énormes proportions incontrôlées et vont ravager de nombreux villages dont les maisons ont des toits de chaume : Veix, Chaumeil…..

Elles commençaient à peine à fleurir les bruyères corréziennes .....

Elles commençaient à peine à fleurir les bruyères corréziennes .....

La lande à bruyère

La lande était maintenue avec le pastoralisme qui déclina au début du 19e siècle. Le massif des Monédières en était alors composé à 95 %. Aujourd’hui on compte environ 20% de lande à98 6des secteurs très ponctuels. Avec l’abandon du pastoralisme des arbustes et des arbres se sont développés : bouleaux et sorbiers en particulier. Puis les résineux avec le reboisement se sont étendus sur son domaine.

Les landes des Monédières sont néanmoins parmi les plus riches du Limousin. On peut les admirer au Suc-au May, dans le cirque de Freysselines et au puy des Monédières.

Elles sont composées en majeure partie de callunes (bruyère commune), d’ajoncs nains et de bruyères cendrées. S’y mêlent aussi des genévriers puis en altitude, les myrtilles, l’arnica et les gentianes.

Un petit monde peuple la lande : lézards verts, couleuvres, busars cendré, pipit des arbres, linottes et aussi……crapauds.

J’ai fait un article sur la bruyère sur mon blog rosacorleone, on peut y apprendre les vertus médicinales de cette plante.

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Les myrtilles sauvages

Elles peuplent aussi la lande mais la cueillette est réglementée.

Pour en savoir plus, je vous invite aussi sur mon blog rosacorleone, vous n'aurez pas le choix de toute façon si vous voulez trouver la recette de la tarte aux myrtilles (et la liqueur). J'aime mieux séparer les articles, comme ça c'est moins loin sur ce blog et plus complet avec l'autre qui est spécialisé.

Nous avons trouvé une petite ferme bien sympathique dans laquelle l'on peut déguster la tarte, le jus de myrtille et tout ce qui tourne autour du fruit violet (bio en plus), puis acheter des légumes et de la viande d'agneau.

Voici un petit reportage trouvé sur le net :

Sources : wikipédia, la Corrèze.com

Pour terminer, quelques photos.....

J'espère que cette balade vous aura plu, donné envie d'y aller voir de plus près, en tout cas, moi ça m'a bien plu. Merci amis des bois si précieux.

Caroleone

Un sous-bois à l'ombre généreuse et réconfortante

Un sous-bois à l'ombre généreuse et réconfortante

...à la mousse douce et abondante, tapis vert qui joue l'invite.

...à la mousse douce et abondante, tapis vert qui joue l'invite.

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Au loin le château de Chastagnol, domaine privé dans lequel on peut crècher

Au loin le château de Chastagnol, domaine privé dans lequel on peut crècher

Pour ma part je préfère cette crèche de berger en pierre, avec une petite digitale à l'entrée qui nous accueille

Pour ma part je préfère cette crèche de berger en pierre, avec une petite digitale à l'entrée qui nous accueille

Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières
Corrèze : Le Suc-au May et balade dans les Monédières

Rédigé par caroleone

Publié dans #Balade en France

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D
Merci pour cette belle balade à travers cette terre riche également de l'histoire des combattants de la liberté, qui ont parcouru les sentiers de la Résistance, où nous mettons sans le savoir, nos pas dans leurs pas.Je serai heureuse de vous saluer si vous passez par Gourdon-Murat, comme vous le suggère Dany. Amicalement, Denise
C
Bonsoir Denise,

J'étais bien contente de faire une telle découverte, je me sens dans mon élément dans la douce Corrèze et vous savez, nous en avons profité pour faire un petit pèlerinage :

http://cocomagnanville.over-blog.com/en-corr%C3%A8ze-hommage-%C3%A0-damien-magnaval-brigadiste

C'est avec plaisir que nous prendrons rendez-vous à notre prochaine visite pour faire connaissance. Je pense que mes amis corréziens grâce à qui nous pouvons faire cette visite seront enchantés comme moi-même.
Amitiés et bonne soirée

caro
C
une bien jolie balade illustrée par de belles photos!
la première est superbe et celle de ... la tarte aussi!!!! Ça fait envie!
bisous.
C
Bonjour Candide,

Merci de ta visite.
Pour les photos, elles rendent pas mal mais on est un peu frustrés car notre zoom habituel étant HS on se sert du grand angle et c'est bien moins précis. Mais au moins on a des souvenirs et de quoi illustrer les articles. Pour la tarte, c'est sûr que c'est mieux en vrai, tant pis pour les dents mauves !!

Bises

caro
B
Un bel article avec des photos merveilleuses
Bises
C
Bonjour Brigitte,

Je suis contente que ça te plaise, l'endroit est si beau que les photos ne peuvent qu'être réussies.
Bises et bon samedi soir

caro
M
Tu termines le reportage sur ton séjour corrézien en beauté, Caro ! Mais Dany a raison, pas trop de pub, il faut sauvegarder l'esprit nature de la Corrèze ... Je peux te dire qu'hier, à la ferme dont tu parles, on avait du mal à trouver une place pour déguster le sorbet aux myrtilles ! Et on ne l'a pas regretté car il est à la hauteur de la tarte, c'est de la pure myrtille glacée et non un vulgaire glaçon sucré !
Pour Dany qui le demandais sur un autre article, je dirais que nous sommes à une cinquantaine de km au Sud-Est des Monédières, pas loin de la célèbre préfecture ...
Bises corréziennes.
C
Bonsoir Michèle,

Ah! je suis contente que vous y soyez retournés ! Et de plus déguster le sorbet, miam !!
Imaginez que ce n'est pas partout qu'on peut le faire. Cet endroit à l'air d'être unique de plus, on a eu du bol de le trouver.
Bon, pour la pub, ça je ne peux plus rien gérer, je sais que tous les articles que j'ai écris depuis que l'on se connaît sont toujours bien regardés tout au long de l'année. En ce moment, je peux te confier que dans les articles souvenirs de vacances, y compris lorsque nous y allons seuls, c'est l'article sur Fréjus et le moustique tigre qui bat tous les records. A mon avis, le phénomène s'amplifie forcément au vu de la fréquentation ces derniers mois( plus de 300 visites le mois dernier).
Mais je pense que ces lieux assez reculés n'attirent que des personnes comme nous qui aiment les grands espaces naturels au sein desquels l'homme a connu une histoire toute portée sur des idéaux combatifs. C'est bien loin des clichés conformistes des plages et des endroits dans lesquels tout est fait pour attirer le touriste (et l'arnaquer tant que faire se peut).
Bises et merci de ta visite

Caro
F
Quel bel article sur nos Monédières! Merci Caro
Bon faut pas en dire trop on va être envahi!
mais tu étais quand en Corrèze? tu aurais pu faire un saut à la Grande Ourse! la prochaine fois en sortant des Monédières tu remontes sur le plateau de Millevaches via Bugeat et tu t'arrêtes à Gourdon!
Gros bisous et merci pour cette belle page! tes photos sont superbes!
C
Bonjour Dany,

Je suis contente d'avoir trouvé de la bonne source pour cet article, j'y ai mis du bon cœur car ça me faisait plaisir et j'avais envie qu'il soit réussi.
Tu as de la chance d'être aussi près de cet endroit magique, j'aimerais y retourner pour le sillonner à pieds plus profondément. Et déguster le sorbet aux myrtilles dont Michèle me parle.
Bises et merci de ta visite
Je n'ai pas vu d'étoiles filantes en Bourgogne pourtant il paraît qu'on peut les voir mais je dois me coucher trop tôt pour ça.

caro
F
J'ai d'autant plus apprécié (ton article est vraiment complet) que je connais bien l'auberge des Monédières. Dans les années 90 j'y ai même exposé quelques unes de mes aquarelles.C'est un lieu tellement agréable et tous les étés nous n'hésitons pas à aller bleuir nos dents! Nous y allons d'ailleurs demain!
Bises et belle nuit!
Chez nous ce soir c'est un régal de lever le nez en l'air! une pluie d'étoiles!
C
Bonjour Dany,

Eh bien, je me suis régalée à faire cet article comme les autres d'ailleurs et je suis contente qu'il te plaise. Par contre, c'est mort pour la tranquillité dorénavant : avec ma cote de popularité internationale, les Monédières vont êtres connues jusqu'au Chili !! (je blague bien sûr...., ça ne risque pas d'être le cas).
Oui, on serait bien passés te voir mais je ne me rappelais pas dans lequel des villages tu habitais, puis, on arrive pas à l'improviste avec les amis : par contre, promis pour la prochaine fois, on connait les lieux à présent et pour ma part ça me donne envie de découvrir encore ce beau patrimoine.
Merci pour la reprise de l'article, ça me fait plaisir.

Bises

caro