Se soigner par les plantes sera-t-il bientôt interdit ?

Publié le 13 Mai 2011

Par Sophie Chapelle (20 avril 2011)

 

Branle-bas de combat chez les industriels de la phytothérapie et des compléments alimentaires. Une directive européenne prévoit de limiter, dès le 30 avril, l’utilisation d’un grand nombre de plantes médicinales. Cette nouvelle législation va aussi pénaliser les petits acteurs du secteur de l’herboristerie et plus largement les médecines traditionnelles. Enquête.

 

 

 

 

 

arton1490-68861.png

Va t-on assister à l’interdiction prochaine des plantes médicinales dans l’Union européenne ? Aux origines de cette interrogation, une pétition lancée sur le Net par le « Collectif pour la défense de la médecine naturelle » qui dénonce l’application en France, à partir du 30 avril prochain, d’une directive européenne de 2004 qui rendrait illégale l’utilisation des plantes médicinales.

 

Industriels de la phytothérapie et des compléments alimentaires s’insurgent contre cette nouvelle législation européenne. La pétition, derrière laquelle on retrouve l’Alliance internationale pour la santé naturelle, un lobby anglais de défense des industriels des compléments alimentaires, a été relayée au niveau français par le collectif de défense pour la santé naturelle. Derrière ce collectif, un seul nom apparait, celui d’Augustin de Livois, consultant à FairValue Corporate and Public Affairs, un cabinet de lobbying à Bruxelles. Cette agence de conseil en communication « accompagne et conseille ses clients pour faire de l’Europe non plus un obstacle mais au contraire une chance et un levier pour leur développement ».
 Le recours à ce cabinet conseil pour défendre « la santé naturelle  » montre une chose : la directive dérange. Mais qui exactement ?

 

Une directive qui dérange

 

La phytothérapie consiste à traiter les maladies par les plantes. Au menu : gélules, comprimés, ampoules, tisanes et autres boissons aux vertus « santé ». Ces produits, vendus en grande distribution, pharmacies ou parapharmacies, font l’objet d’enjeux industriels et commerciaux puissants. Pour les seuls compléments alimentaires, le chiffre d’affaires en France est estimé à 1,1 milliard d’euros.

 

La mise en œuvre de la nouvelle directive européenne pourrait faire chuter de 30% ce chiffre. Car si cette réglementation vise, en théorie, à simplifier l’enregistrement de la substance thérapeutique avant sa commercialisation, elle ne s’applique qu’aux plantes médicinales utilisées et reconnues depuis de très longues années. Et ferme donc la porte aux nouveaux produits de la phytothérapie.

 

Un régime « simplifié », vraiment ?

 

Toute commercialisation de plante médicinale suppose l’obtention d’une Autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le Comité des médicaments à base de plantes, dépendant de l’Agence européenne des médicaments. Avec cette nouvelle directive, le comité n’exigera plus de tests et d’essais cliniques sur la sécurité et l’efficacité des produits.

En revanche, le demandeur devra fournir des preuves d’une utilisation médicinale du produit – bibliographie scientifique ou rapports argumentés d’experts – pendant une période d’au moins 30 ans, dont au moins 15 ans dans l’Union européenne. Si ces éléments sur l’usage passé font apparaître l’efficacité et l’innocuité du produit, le Comité pourra conclure à un niveau satisfaisant de sécurité et l’autoriser à la commercialisation.

 

Les petits producteurs mis hors-circuit

 

Thierry Thévenin est membre du Syndicat des Simples, le nom donné aux variétés végétales ayant des vertus médicinales. Pour lui, cette procédure, même « simplifiée », reste difficile à effectuer pour les petites structures artisanales. Et beaucoup trop longue ! Près de deux ans de travail pour que soit reconnues, par exemple, les propriétés antispasmodique, expectorante ou digestive des graines de fenouil. « Des indications pourtant connues depuis des siècles dans les cultures populaires euro-méditerranéennes et chinoises », s’agace t-il. Un exemple, parmi des centaines d’autres.

Le coût de cette procédure demeure également exorbitant : « au moins 60.000 euros par produit, » estime la députée européenne, Michèle Rivasi. «  À quoi rime une législation qui impose des conditions si draconiennes et inadaptées que la réalité du terrain ne puisse s’y conformer ? », interroge t-elle. « L’arsenal des normes, des experts, des homologations aboutit au verrouillage et au contrôle du secteur des plantes médicinales, des médecines complémentaires et de l’herboristerie », résume Thierry Thévenin. À partir du 30 avril, la plupart des petits acteurs de la filière risquent donc d’entrer dans l’illégalité.

 

Douche froide pour les compléments alimentaires

 

Indirectement, ce sont également les médecines naturelles et traditionnelle mineures – créole, tibétaine, nigérienne, berrichonne, cévenole, etc. - qui vont pâtir de la législation. Plus ancrées dans la tradition orale que dans la culture bibliographique, ces médecines auront beaucoup de difficultés à récolter des preuves sur l’efficacité et l’innocuité des plantes utilisées. « L’hégémonie des cultures occidentale, chinoise et indienne va se confirmer », précise l’ethnobotaniste, François Couplan.

 

Évincés de ce régime « simplifié », les fabricants et distributeurs des nouveaux produits de la phytothérapie crient au scandale. Il leur reste deux voies à emprunter pour enregistrer leurs compléments alimentaires. S’ils souhaitent distribuer leurs compléments comme médicaments, ils peuvent déposer un dossier scientifique sérieusement étayé – ancienneté, efficacité, innocuité – auprès de l’Agence européenne des médicaments.

 

Un bras de fer pour préserver l’autonomie d’une filière bio-artisanale

 

Autre possibilité, faire valoir une plante en tant que complément alimentaire auprès de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Cette dernière a pour l’instant instruit 1.750 dossiers d’allégation (concernant des produits alimentaires qui contiennent vitamines, minéraux, probiotiques, omega 3, antioxydants...) sur les 4.200 retenus. Résultat : 85% de ses avis sont négatifs ! Si les industriels reprochent à l’Agence d’user d’une procédure trop rigoureuse, calquée sur celle des médicaments, l’EFSA annonce vouloir protéger les consommateurs européens contre des allégations santé non fondées, mises en avant sur de nombreux produits alimentaires. Faute de prouver scientifiquement les bénéfices avancés des compléments alimentaires – minceur, digestion, sommeil, santé osseuse, etc. –, une majorité pourrait disparaître du marché. Le bras de fer opposant l’EFSA aux fabricants de compléments alimentaires n’est pas prêt de se terminer.

 

Du côté de la filière bio-artisanale, on réfléchit aux alternatives à cette directive. Aujourd’hui, « un certain nombre de plantes sont en vente libre en dehors des pharmacies », rappelle l’ethnobotaniste, François Couplan. 148 plantes médicinales échappent au monopole de la vente par les pharmaciens comme la lavande, l’eucalyptus, le tilleul, la menthe ou la verveine (la liste complète est en ligne ici). Mais on reste loin du compte avec 1.500 espèces de plantes médicinales en France d’après le syndicat des Simples. Par ailleurs, seuls les pharmaciens ont le droit en France de dispenser des conseils thérapeutiques. Dès lors, cette directive européenne rappelle, selon Thierry Thévenin, la nécessité de « créer des ponts et de la solidarité entre les producteurs Simples et d’autres producteurs et herboristes du monde ». Il appelle donc à former à la préservation et à la transmission des savoirs médicinaux traditionnels, et à réhabiliter le métier d’herboriste – dont le diplôme n’existe plus depuis 1941 en France. Et de conclure : « La question des savoirs populaires, de leur diffusion, de leur transmission et de leur pratique est cruciale pour une certaine conservation de notre autonomie et de nos libertés. » Une histoire qui nous en rappelle une autre, celle du purin d’ortie, objet d’une longue bataille juridique.

 

Sophie Chapelle

 

 

 

http://www.bastamag.net/article1490.html

 

 

SOURCE : PAPY MOUZEOT

 

 

 

 

Mon avis ( qui vaut ce qu'il vaut ) :

 

En tant qu'inconditionnelle des simples qui me soignent au quotidien et que je cultive aussi, j'ai dû faire partie des premiers signataires de la pétition qui a circulé également sur ce blog . Entre temps de nombreuses contradictions se sont faites autour du texte et on ne sait encore à ce jour qui croire : info ou intox ?

 

Je pense pour ma part que ce n'est pas de l'intox et j'en veux pour preuve l'engouement réel de nos concitoyens pour les médecines alternatives qui ne sont plus autant méprisées qu'avant et ont fait leurs preuves. la médecine allopathique avec toutes ses dérives et ses abus détruit bien plus de personnes que de simples plantes, de simples compléments alimentaires, c'est certain. De plus, deux choses sont à prendre en compte dans le rejet de nos concitoyens des médecines allopathiques: la première est le nombre de scandales liés à des médicaments homologués par des laboratoires mafieux et mis au commerce sans tests et qui ont détruit de nombreuses vies humaines ( mediator pour ne citer que lui à la mode actuellement), les pertes en vies humaines ne sont jamais compensées par des sommes d'argent. La deuxième raison est le non remboursement de nombreux médicaments ainsi que la difficulté à obtenir des rendez-vous rapides chez des spécialistes , ce sont les réformes de la sécu votées par ce gouvernement de la honte et inhumain qui pousse les français vers l'automédication : et en passant par là, info gratuite via internet (nous ne sommes pas cons non plus), ces derniers se rendent compte qu'une autre façon de se soigner existe ( bien sûr pour des problèmes relativement bénins, attention !). C'est du moins le conseil que je donne autour de moi, certaines maladies liées au stress, à la vie moderne et aussi d'autres pathologies se soignent très bien par médecine alternative, suffit de trouver un bon praticien, d'y croire et se donner la patience t'attendre les résultats qui sont toujours moins rapides que dans les médecines chimiques. C'est dur à notre époque !!

Je rajouterais pour le fun un troisième point à ma réflexion tentant à prouver que cette réforme européenne à des chances d'être concrète, c'est la récente prise en charge des médecines alternatives par quelques mutuelles complémentaires : quand les lobbies s'en mêlent, c'est bien qu'il ya des parts de marché à prendre !!

 

C'était long, mais justifié, pour la bonne cause.

 

Si j'ai un conseil à vous donner  : essayez les simples, elles soignent bien, apportent beaucoup de confort et au pire, les remèdes à base de plantes s'ils ne vous procurent pas d'effets positifs ne vous en procureront pas de négatifs......toute la différence avec les médecines allopathiques!!

 

 

Caroleone, une inconditionelle des médecines naturelles , sans elles, Cocomagnanville ne serait pas !!

 

Et puis, si cela vous tente, voici le lien vers mon blog de roses et de simples :

 

http://rosacorleone.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #PACHAMAMA

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C


Re bonsoir papy, Merci pour la vidéo de Renaud, les images en noir et blanc sont superbes. EH oui !Renaud à bercé notre adolescence s'est clair !!


Je t'embrasse. Caroleone



C


Mon cher papy, Tu sais qu'à la base je suis horticultrice fleuriste, j'ai de bonnes bases botaniques complétées avec une famille dans le métier ( oncle, grands-parents sympathisants, beau-père,
mari, beaux-frères et fils....)


De plus mes grand-parents m'ont éveillée à beucoup de choses en dehors du communisme , de l'humanisme et du syndicalisme : j'ai appris les plantes et tout ce que l'on peut faire avec, la cuisine,
le jardinage bio à l'époque c'était un scoop, et puis la fabrication de plats , d'alccols etc. Et aussi un truc très rare à notre époque ( tiens comme les indiens !) : la taxidermie !!


Mon mari n'a jamais voulu que j'emmène mes "trophées" lorsque nous nous sommes mariés ( têtes de sangliers ,de chevreuils, des renards, belettes, oiseaux, peaux de lapin etc....) j'étais très
déçue mais l'amour que veux-tu, ça fait faire des sacrifices !!


Alors cette partie de mon apprentissage ne me sert plus beaucoup à vrai dire : en 20 ans j'ai dû naturaliser que 2 ou 3 oiseaux pour mes gamins.


Alors, tu penses bien que j'ai la passion des plantes et je me suis spécialisée dans les simples et je suis un collectionneuse de rosiers....en autodidacte. Les simples parce que mon métier ne me
plaisait pas étant basé sur des cultures homogènes et soumises à plein de traitements chimiques que je ne supporte pas ( je tournais de l'oeil dans les serres !).


Alors évidemment, c'est vrai que toute petite j'avais déjà la passion des indiens, c'est peut-être lié aussi, va savoir...à présent j'étudie les plantes des chamans qu je découvre au fur et à
mesure de mes recherches sur les indigènes. J'adore la nature, j'aurais aimé vivre en autarcie, je suis une vraie sauvage doublée d'une vraie fermière car j'aime élever les animaux. Mon mari et
ma famille m'ont fait prendre un tout autre chemin.


Tu sais également que je suis soignée uniquement par des médecines naturelles, si  ces dernières devaient être censurées, je passerais en fraude c'est clair. J'ai fait le choix de me soigner
comme ça, je ne le regrette pas, je ne vois jamais le médecin allopathe. Il faut que je me fasse violence pour aller faire quelques contrôles chez les spécialistes.


Je t'expliquerais sans doute un jour pourquoi je voue une haine à la médecine...c'est toute un histoire triste et répétitive !!


 


Merci pour les vidéos, tu sais pour le coup du pharmacien, cela ne ferais pas plaisir à ma soeur qui l'est !! Une fille d 'ouvrier, un beau parcours atypique !! Elle est à son compte à présent
mais elle en a marre, ce n'est pas si simple que ça tu sais !! Et puis elle est loin de mes idées politiques, je suis la seule de la famille à avoir hérité du patrimoine légué par mes
grand-parents ....... Quelquefois, elle me choque dans ses propos et j'ai de la peine !!


Bon j'arrête là le roman feuilleton et je t'embrasse. Je suis contente que tu te sois trouvé des points communs avec moi sur ce domaine......va voir de temps en temps Rosacorleone, y a de belles
roses à voir !!


 Pour toi !!


caroleone


 


 





 





Mes passions en images


 



P


Bonjour Caroleone,


 


Tu ne cesseras jamais de m'étonner !


Tu maîtrise vraiment le sujet des médecines douces, peut-être parce qu'elles sont liées à l'amour que tu portes aux peuples indigènes d'Amérique du Sud et aux indiens.


Je ne connaissais pas cette pétition non plus et ton analyse est vraiment... stupéfiante !


Je partage ton avis sur toute la ligne. Il est évident que les lobbies industriels de la pharmacologie se déchaînent sur les plantes comme la misère sur le monde. Rien d'étonnant sur leurs
intentions.


Je résume peut-être un peu rapidement mais je trouve que Renaud avait très bien illustré ce sujet avec sa chanson ÉTUDIANTS POIL AUX DENTS en écrivant les paroles suivantes :


La médecine est une putain, son maquereau c'est le pharmacien !


 


Tu peux écouter cette chanson tirée de l'album Le retour de Gérard Lambert en cliquant sur la pochette. La première minute est longuette (y'a une intro plutôt lourde) mais après c'est pas mal
illustré.





 


Et celle là elle est juste pour toi...


 





 


Bizz,
Le Papy