Sauver nos racines, affirmer notre identité

Publié le 2 Septembre 2011

Par la Coordination Régionale d’Autorités Communautaires (CRAC), Police Communautaire de Guerrero

 

 

Guerrero, Mexique.

 

Dans une région où la justice était synonyme de corruption et la sécurité était synonyme d’abus, la Coordination Régionale d’Autorités Communautaires (CRAC), mieux connue sous
le nom de Police Communautaire, rend la justice à 180 mille habitants sur environ
180 kilomètres carrés de la Montagne et la Costa Chica de Guerrero et travaille
également à maintenir vivantes la culture et les traditions de la région.
Les habitants de la région affirment que l’alimentation, les idées et les coutumes des enfants ont changé. Les enfants ne mangent plus la nourriture traditionnelle, mais de la friture, et ils ne jouent plus, mais regardent la télévision. L’assujettissement à ces coutumes « importées de l’extérieur» semblerait être presque un ordre. Cependant, ils restent fermes
et défendent leur consigne : un oui à la vie, aux traditions, aux ressources naturelles,
et un « non» catégorique à leur marchandisation.


Nous présentons, ci-après, un extrait du texte de la CRAC Notre lutte pour un meilleur avenir pour tous, qui a été publié sur Desinformémonos :


Nous sommes une institution des peuples, nous sommes des indigènes ñusavi, me’phaa et des afro-métis regroupés dans la Coordination Régionale d’Autorités Communautaires, comprenant 63 communautés sur 12 communes.
Notre institution a construit un modèle de justice qui souhaite la conciliation et qui cherche à rendre la justice gratuitement et avec la possibilité de parler nos langues.
Le fait de faire appel à nos valeurs et nos modes de vie caractérise ce nouveau droit des peuples que nous construisons.
Il s’agit d’un droit différent à celui que l’État nous a imposé, lequel est inutile pour résoudre les problèmes auxquels nous devons faire face.
Dans la construction de ce droit, notre droit, à la fois ancien et nouveau, dans les pratiques pour la surveillance et la sécurité des routes, l’obtention de justice et la rééducation communautaire, nous construisons un système dont le fonctionnement dépend des communautés.


Cependant, nous devons rester modestes en ce qui concerne l’évolution de notre organisation. Les progrès relatifs à la production sont encore très faibles ; et même
si nous sommes restés ouverts à la discussion et à résoudre des questions portant
sur l’alimentation, la santé et l’éducation, il nous manque de l’expérience et des ressources
pour continuer.


À la Police Communautaire, nous exerçons un droit qui a été arraché au peuple.
Pour nous, la justice dépasse le domaine de la légalité ; nous comprenons que l’issue pour résoudre nos problèmes ne réside pas seulement dans la judiciarisation de ceux-ci, mais que cela a également un rapport avec la faim et le manque d’éducation.
C’est pourquoi nous élaborons notre propre diagnostic sur le domaine de la Sécurité, la Disponibilité et l’Accès Alimentaire avec le Centre d’Orientation Alimentaire, où nous expliquons quels sont les problèmes auxquels nous devons faire face quotidiennement concernant l’alimentation, car nous avons, dans nos communautés, les taux de malnutrition
infantile les plus élevés d’Amérique latine.


Nos communautés aff rontent également la menace de l’installation d’entreprises d’exploitation minière, dont les concessions touchent environ 80 pour cent du
territoire des 63 communautés faisant partie du territoire communautaire.
L’existence de nos peuples est elle-même menacée parce que c’est à la terre, à l’eau,
à notre culture auxquelles on porte atteinte et que nos sites sacrés et la possibilité
de produire nos vivres sont anéantis.


Nous nous interrogeons : comment peuton permettre que l’on prétende contaminer
les terres où nous cultivons nos aliments? Que devons-nous faire pour que l’on cesse de polluer l’eau que nous buvons?
Pour lire le texte complet et le rapport de


la CRAC, http://desinformemonos.org

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #Le chiapas en lutte

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