René Char : Argument

Publié le 5 Octobre 2012

ARGUMENT

 

1938

 

 

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L'homme fuit l'asphyxie.

L'homme dont l'appétit hors de l'imagination se calfeutre sans finir de s'approvisionner, se délivrera par les mains, rivières soudainement grossies.

L'homme qui s'épointe dans la prémonition, qui déboise son silence intérieur et le répartit en théâtre, ce second c'est le faiseur de pain.

Aux uns la prison et la mort. Aux autres la transhumance du Verbe.

Déborder l'économie de la création, agrandir le sang des gestes, devoir de toute lumière.

Nous tenons l'anneau où sont enchaînés côte à côte, d'une part le rossignol diabolique, d'autre part la clé angélique.

Sur les arêtes de notre amertume, l'aurore de la conscience s'avance et dépose son limon.

Aoûtement. Une dimension franchit le fruit de l'autre.

Dimensions adversaires. Déporté de l'attelage et des noces, je bats le fer des fermoirs invisibles.

 

René Char (Seuls demeurent. Fureur et mystère)

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime

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almanitoo 05/10/2012 21:15


Je pensais à "je bats le fer des fermoirs invisibles"


c'est normal que tu choisisses des textes qui te ressemblent!

caroleone 05/10/2012 21:56



Oui, je bats le fer...c'est parfaitement moi


Sauf que je n'ai même pas la force de lever un marteau


Bonne soirée Almanitoo, demain est un autre jour.


 


Bises


 


caro



almanitoo 05/10/2012 19:42


Voilà, si René Char ne l'avait écrit, cela serait du Caro! 


C'est bien ça non?

caroleone 05/10/2012 20:52



Non, ça va pas Almanitoo !!


Du René Char, t'y crois pas, c'est tournebiscoté au possible, il faut 3 jours pour comprendre ne serait-ce qu'une phrase


Je comprends Pablo et même Aragon plus facilement que René Char, mais c'est vrai que je me retrouve bien souvent dans ces textes, entre les lignes bien sûr.


 


Bises


 


caro