Réflexions d'une page blanche

Publié le 7 Janvier 2013

 

 

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Voyons voir ce que l’on va coucher

sur ma page blanche immaculée ?

Vais-je partir en croisade la fleur

au bout d’une lance,

l’espérance de terres nouvelles

dans un horizon où les trésors

s’amoncellent ?

Le futur rempli du sang d’innocents

coulant dans les rivières les colorant

d’une rougeur visqueuse tachée/ détachée de vie ?

Ou bien vais-je recevoir dans mes bras

ravis les confidences si intimes

d’un cœur en détresse envoyant un SOS ?

Ah ! Je sais : un conte indien qui dit

que des pierres ont été attrapées

au cœur du capteur de rêves.

 

Chaque jour c’est l’aventure, je suis canapé,

divan d’un psychologue, j’écoute et me tais,

je me laisse envahir par les mots doux,

les mots tendres, savants, méchants, rutilants,

redondants, lassants, vexants, calmants.

Je me laisse guider au gré des imaginations.

 

Mais ce que je préfère par-dessus tout,

c’est lorsque les rimes et les proses

se couchent comme des délurées, nues

offertes et soumises sur ma page pas si pure.

Alors là, je leur ouvre les bras et les accueille

le sourire aux lèvres, la bouche tendue, le cœur

battant de joie, l’attente prolifique sautant

en cadence dans ses alvéoles.

 

Et je ris, je ris, je souris, j’accomplis mon devoir

de page blanche qui ravira les êtres

lisant les écrits de cette page

qui ne sera plus jamais nature.

Je ris, je ris de cette beauté gracieuse

parfois maladroite et pas toujours érudite,

elle a dans ses mots la plus grande des richesses :

elle offre le rêve aux hommes.

Le rêve uniquement

Le rêve, c’est important.

 

Carole Radureau (07/01/2013)

 

 

 

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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