Policarpa Salavarrieta, héroïne de l'indépendance en Colombie

Publié le 18 Mai 2012

Policarpa Salavarrieta dite la Pola

 

 

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                                                       Policarpa Salavarrieta (huile de Epifanio Garay)

 

 

 

Ou Policarpa Salabarrieta

 

Surnom : La Pola

 

Elle est née le : 26 janvier 1795 à Guaduas (Colombie)


Elle est morte le : 14 novembre 1817 à Santa Fe de Bogota à l’âge de 22 ans

 

Elle était une héroïne de la résistance colombienne face) la reconquête espagnole de la Nouvelle –Grenade.

Elle est considérée comme la femme la plus représentative de l’indépendance en Colombie.

 

 

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La Pola, une héroïne du Mouvement d'Indépendance en Colombie, portrait par José María Espinosa Prieto

 

 

Sur son enfance

 

Elle était le cinquième enfant d’une famille de neuf enfants de Joaquin Salavarrieta et Mariana de Rios. Sa ville de naissance ainsi que sa date de naissance sont sujets à polémiques, la version populaire la fait naître à Guaduas entre 1790 et 1796, le poète colombien Rafael Pombo affirme qu’elle est née à Mariquita et José Caicedo Rojas quand à lui dit qu’elle est née à Bogota.

Sa famille est riche mais n’a pas le statut de noble. Son père est négociant dans l’agriculture et le commerce, il possède un magasin à guaduas.


En 1802, Policarpa à sept ans quand elle perd ses parents au cours d’une épidémie de variole et un de ses frères et une sœur décèdent également.

Policarpa et son frère Bibiano sont envoyés chez leur sœur aînée Catarina à Guaduas pour leur sécurité. Ils iront tous les trois vivre chez la marraine de Catarina, Margarita Beltran.

Celle-ci inscrit Policarpa à l’école du convento de la Solidad (couvent de la solitude) de Guaduas où elle apprendra à lire et à écrire. Elle y étudie également la doctrine et l’histoire espagnole, à jouer de la guitare et à chanter.

En apprenant par Margarita que son père a participé à la révolte des comuneros de Socorro en 1781, elle s’intéresse dès lors à la liberté des peuples, se renseigne que la révolution française ou la déclaration des droits de l’homme.

Pendant son adolescence, elle fait la connaissance des frères Leandro et Alejo Sabarain et elle s’éprend d’Alejo. Ils envisagent de se marier en 1810 mais les évènements révolutionnaires secouant le pays les en empêcheront.

 

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La heroina Policarpa Salavarrieta (1920), photogravure réalisée par Lino Lara S. et publiée dans El Gráfico

 

 

 

Sur ses engagements politiques

 

Tout d’abord quelques mots pour situer le contexte de la Colombie de l’époque coloniale :

 

Les évènements historiques colombiens pour la reconquête :

 

La patria boba

 

 

La Patria Boba (littéralement « patrie stupide » ou « ingénue ») est la période de l'histoire de la Colombie comprise entre les déclarations d'indépendance de 1810 et l'entrée des royalistes à Santa Fe de Bogotá durant la reconquête espagnole en 1816. Cette période est caractérisée par l'instabilité politique et par de nombreuses guerres régionales et civiles dans une nation en formation et en développement.

 

La reconquête espagnole de la Nouvelle –Grenade ICI

 

 

La reconquête espagnole de la Nouvelle-Grenade de 1815–1816 est un épisode de la guerre d'indépendance de la Colombie. Peu après la fin des guerres napoléoniennes en Europe, Ferdinand VII, tout juste de retour sur le trône d'Espagne, décide de l'envoi de troupes afin de reprendre la majorité des colonies sud-américaines, qui avaient crée des juntes autonomes ainsi que des États indépendants.

 

Policarpa décide d’accompagner Alejo lorsque ce dernier part à Sant Fe de Bogota avec les troupes des libérateurs.

En 1812, elle travaille comme bonne à tout faire et couturière dans la maison de Maria Matea Martinez de Zaldua. Elle rallie alors la cause d’Antonio Nariño, un chef militaire du mouvement d’indépendance en Colombie.

Nariño ayant le soutient des augustins, les deux frères de Policarpa qui sont entrés dans cette communauté auparavant lui apportent de précieux détails sur les mouvements des troupes défendant la ville.

Grâce à son travail dans plusieurs familles de la haute société, la Pola obtient des informations sur les actions des espagnols qu’elle communique ensuite aux patriotes.

 

Alejo Sabarain se distingue par ses actions héroïques durant la campagne de Carthagène et la jeune femme pendant ce temps élabore des casaques, des capes et des uniformes, elle fait du nettoyage d’armes ainsi que la confection des repas.

En fin d’année 1813, elle retourne à Guaduas pour se consacrer à l’enseignement mais en même temps les montagnes alentours deviennent un lieu de refuge pour les résistants républicains échappant au régime de terreur de Juan de Samano. Policarapa les rejoint dans le groupe « La niebla »(le brouillard) qui forme un réseau d’espionnage. Elle est chargée de recueillir les informations dans la rue et les lieux publics qu’elle transmet ensuite à des prisonniers républicains lors des visites à la prison où elle est sensée leur apporter des vivres. Les messages étaient masquée à l’intérieur d’oranges et le mot d’ordre était «  la victoire ou la mort ».

 

 

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                                          La Pola en capilla (1857), par José María Espinosa Prieto

 

1816


Le colonel des troupes patriotes José Ignacio Rodriguez, « El mosca » envoie les frères Almeyda  pour demander à Policarpa de devenir espionne à Sant Fé de Bogota pour servir la patrie. On lui fournit un faux passeport au nom de Gregoria Apolinaria. Avec son frère Bibiano, elle réussit à s’introduire dans la ville aux mains des royalistes et va aller habiter dans la maison d’Andréa Ricaurte qui lui servira de couverture. Cette maison en fait est un centre de collecte de renseignements pour la résistance au sein de la capitale colombienne.

De nombreuses femmes y ont travaillé à contribuer au mouvement de l’indépendance de la Colombie. La Pola transmet donc ses informations à des femmes qui les communiquent ensuite aux soldats situés sur les champs de bataille. Avec son frère, elle œuvre également à rallier les jeunes à la cause indépendantiste.

 

 

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Les choses se corsent

 

 

Les opérations de Policarpa se déroulent discrètement jusqu’au jour où les frères Almeyda sont surpris en train de fournir des informations aux insurgés à l’extérieur de Bogota et ces informations relient directement la Pola à la révolution.

En automne 1817, une serveuse qui connaît Policarpa et Bibiano dénonce le jeune homme au sergent qui est le principal officier espagnol de Bogota et qui traque Policarpa depuis des semaines.

Elle est arrêtée avec son frère et Andrea Ricaurte qui parvient à détruire des preuves incriminant la Pola et d’autres personnes (lettres de patriotes et chefs de guérilla, noms de gens donnant de l’argent pour permettre des évasions.

Andrea Ricaurte qui est enceinte est relâchée mais Policarpa et son frère sont emmenés pour être interrogés. Les royalistes les soupçonnent de trahison mais ils n’ont pas assez de preuves.

C’est avec l’arrestation d’Alejo Sabarain que les royalistes peuvent alors arrêter la Pola, celui-ci en effet lors de son arrestation était en possession d’une liste de royalistes et patriotes fournie par Policarpa.

 

Le 10 novembre 1817 a lieu la réunion du conseil de guerre pour juger les rebelles.

Le procès de la Pola est expéditif et la jeune femme ne compromet personnes lors de ses déclarations.

Elle est condamnée ainsi qu’Alejo Sabarain et sept autres prisonniers à l’échafaud.

L’exécution est fixée au 14 novembre 1847 à 9 heures du matin sur la plaza mayor (actuelle plaza de Bolivar) de Santa Fe de Bogota.

Tout au long du trajet la menant pour son exécution, elle ne fait que maudire les espagnols, elle refuse de réciter les prières citées par les religieux et prédit la défaite des espagnols lors de la révolution.


Sur l’échafaud, elle demande de mourir à genoux, une position plus digne pour une femme et avant de mourir elle prononce une phrase qui est restée à jamais dans la mémoire du peuple colombien :

 

 

« ¡Pueblo indolente! ¡Cuán distinta sería hoy vuestra suerte si conocierais el precio de la libertad! Pero no es tarde. Ved que, mujer y joven, me sobra valor para sufrir la muerte y mil muertes más. ¡No olvidéis este ejemplo! »


(« Peuple indolent ! Quelle serait votre chance aujourd’hui si vous connaissiez le prix de la liberté ! Mais il n’est pas trop tard. Voyez que, femme et jeune, je peux endurer la mort et mille morts de plus. N’oubliez pas cet exemple ! »).

 

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                                                Policarpa sur la route de la potence, huile anonyme

 

 

Contrairement aux autres suppliciés, ces organes ne furent pas exhibés et exposés dans les rues de Bogota car elle était une femme et sa dépouille pu être récupérée par des proches qui lui donnèrent une sépulture chrétienne dans le couvent de l’église San Agustin dans le quartier de la Candelaria.

 

L’exécution de Policarpa qui était une jeune femme, pour crime politique émut la population et permit de construire une plus grande résistance au régime imposé par Juan de Samano.

Bien que de nombreuses femmes aient été également tuées durant l’occupation espagnole, le cas de la Pola a stimulé l’imagination populaire.

Sa mort a inspiré de nombreux poètes, écrivains, dramaturges qui ont immortalisé son histoire en soulignant son courage.

 

 

Une héroïne nationale

 


 

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                       Sculpture de « La Pola » dans le district de La Candelaria à  Bogota

 

 

La journée de la femme colombienne ayant lieu le 14 novembre est depuis le 8 novembre 167 dédiée à Policarpa Salavarrieta.

Un ordre Policarpa Salavarrieta est instauré en 1992 pour rendre hommage à certaines femmes pour leurs mérites et services rendus à la société colombienne.

L’image de Policarpa figure sur des pièces de monnaie, des billets colombiens ainsi que sur des timbres.

 

Une statue lui est dédiée dans la ville de Guaduas, elle a été rendue possible 70 ans après la mort de la Pola grâce à l’attribution d’une somme de 10.000 pesos par le gouvernement de Miguel Antonio Caro qui déclara également :

 

 

« la mémoire de cette martyre de la liberté doit être perpétuée aux générations futures comme un exemple de vrai patriotisme et de sacrifice plus désintéressé et fructueux pour la cause de la République ».

 

 

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Timbre d'un centavo -1910   

 

 

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Pièces de 5 pesos - 1980

 

 

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Billet de 10 000 pesos, en circulation depuis le 30 novembre 1995

 


 

Source : wikipédia, biografias y vidas

 

Caroleone

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Des femmes pas comme les autres, #Colombie

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