Omar Kayyam : Les roubaïates

Publié le 1 Septembre 2012

Quatrains 10 à 18


 

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10


Puisque la durée d'un jour n'est que de deux délais, empresse-toi,

bois du vin, du vin limpide; tu ne retrouveras plus ton existence écoulée,

et, puisque le monde entraîne tout à une ruine complète,

imite-le, et, toi aussi, sois jour et nuit ruiné dans le vin

 

 

11


La distance qui sépare l'incrédulité de la foi n'est qu'un souffle,

celle qui sépare le doute de la certitude n'est également que d'un souffle;

passons donc gaiement cet espace précieux d'un souffle:

notre vie n'excède pas la durée d'un souffle.

 

 

12


Mon tour d'existence s'est écoulé en quelques jours.

Il est passé comme passe le vent du désert.

Tant qu'il me restera un souffle de vie, il y a 2 jours dont je ne m'inquiéterai pas

c'est le jour qui n'est pas venu et celui qui est passé.

 

 

13


Ce rubis précieux vient d'une mine sans égale

cette perle unique est empreinte d'un sceau incomparable;

nos différentes conclusions sur cette matière sont erronées,

l'énigme du véritable amour s'explique dans un langage à part.

 

 

14


Puisque c'est aujourd'hui mon tour de jeunesse,

j'entends le passer à boire du vin, car tel est mon bon plaisir.

N'allez pas, à cause de son amertume, médire de ce délicieux jus,

il est amer que parce qu'il est ma vie.

 

 

15


O mon pauvre coeur! ton sort est d'être meurtri jusqu'au sang par le chagrin,

puisque ta nature veut que tu sois chaque jour accablé d'un nouveau tourment,

alors, ô âme! dis-moi ce que tu es venue faire dans mon corps,

dis, puisque tu dois enfin le quitter un jour?

 

 

16


Il ne faut pas sans nécessité aller frapper à chaque porte.

Il faut s'accommoder du bien et du mal d'ici-bas:

nous disposons seulement des points que nous présentent les dés

jetés par le destin sur le damier de ce petit bol céleste.

 

 

17


Cette cruche a été comme moi une créature aimante et malheureuse,

elle a soupiré après une mèche de cheveux de quelque jeune beauté;

cette anse que tu vois attaché à son col

était un bras amoureusement passé au cou d'une belle.

 

 

18


Avant toi et moi, il y a eu bien des crépuscules, bien des aurores,

et ce n'est pas sans raison que le mouvement de rotation a été imprimé aux cieux

Sois donc attentif quand tu poseras ton pied sur cette poussière,

car elle a été sans doute la prunelle des yeux d'une jeune beauté.

 

Omar Kayyam


 

Oeuvre écrite en 1250

 

 

 

Source ICI

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime

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