Marche de la Couleur du sang

Publié le 23 Mai 2011

AUX PEUPLES DU MEXIQUE ET DU MONDE
AUX ORGANISATIONS DÉMOCRATIQUES
À LA OTRA CAMPAÑA
AUX PEUPLES INDIGÈNES

Compañeras, compañeros, ceux qui s'adressent à vous pour lancer cet appel
à la solidarité sont les enfants, les vieillards, les femmes et les hommes
qui le 1er janvier 2007 ont déclaré l'autonomie de leur communauté, San
Juan Copala ; sans aucun doute c'est là la raison du déclenchement de la
fureur des puissants qui malgouvernent ce pays qui est le nôtre.

C'est pour cela que nous avons été attaqués de la façon la plus cruelle
jusqu'à ce qu'ils réussissent à nous déplacer et à s'emparer de nos
maisons.

Plus de 22 compañeros ont été assassinés par les groupes paramilitaires et
parapoliciers financés et encadrés par le gouvernement du néfaste Ulises
Ruiz Ortiz, avec la complaisance du gouvernement fédéral.

C'est comme ça que le 19 septembre 2010 les derniers compañeros ont fui
notre village qui est resté entre les mains de ces groupes de criminels.

Et nous, habitants de San Juan Copala, avons dû nous réfugier dans
quelques communautés de la Commune autonome, dans les campements d'Oaxaca
et du District fédéral, et dans quelques États du pays pour sauver nos
vies.

Compañeras, compañeros, il n'est pas facile de vivre dans les conditions
où nous vivons, nous les déplacés de Copala. C'est pourquoi nous avons
décidé de retourner à notre communauté quel que soit le prix à payer. Car
nous voyons que plus les jours passent, plus les gouvernements tissent
leur toile de mensonges et de diffamation au travers des médias et de
leurs fonctionnaires corrompus, comme cela s'est passé ces jours derniers
: la déléguée de la Commission nationale pour le développement des peuples
indigènes et le ministre de l'Éducation de notre État ont eu le cynisme
d'aller se faire prendre en photo avec les paramilitaires qui actuellement
occupent notre village et d'envoyer le message que les menteurs, c'est
nous, parce que Copala est un paradis.

Cela fait plusieurs jours que nous attendons une explication du
gouvernement de l'État face à l'attitude de manque de respect et de
provocation d'un ministre du cabinet envers notre peuple. Nous ne l'avons
toujours pas obtenue.

Cela nous a décidés à revenir à notre terre, et à ce que reste sur la
conscience de ces fonctionnaires - s'ils en ont une - ce qui peut se
passer.

C'est pourquoi nous lançons cet appel aux personnes qui pendant ces mois
de douleur ont marché à nos côtés, pour que, en plus de la solidarité
qu'elles peuvent montrer envers nous en nous accompagnant et en nous
pourvoyant de vivres, elles restent attentives, afin que, en cas
d'agression de ces groupes paramilitaires, les dénonciations se fassent
immédiatement.

Dans cette marche que nous avons appelée DE LA COULEUR DU SANG, nous
saluerons plusieurs autres luttes dans le pays de frères, de sœurs, qui
comme nous marchent en bas et à gauche, car San Juan Copala sait très bien
que c'est de la parole entre égaux que peut venir le réconfort de tant de
douleur. À ceux qui, généreusement, veulent nous accompagner pour
reprendre notre terre, nous joignons à ce message la feuille de route que
nous suivrons jusqu'à notre village.

NOUS REVIENDRONS À COPALA QUOI QU'IL EN COÛTE.

CONSEIL AUTONOME COMMUNAUTAIRE DE SAN JUAN COPALA

Traduit par el Viejo le 21 mai 2011.

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #indigènes et indiens

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