Los de abajo - Sous-commandant Moïses

Publié le 21 Février 2013

 

Homme ouvert, visionnaire politique, stratège militaire et surtout possédant un grand sens de l’organisation pour la vie des villages, voilà quelques-unes des caractéristiques du nouveau sous-commandant de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN). Connu dès les premiers jours de janvier 1994 comme le lieutenant Moïses, en 2003 il a occupé les fonctions de lieutenant-colonel. Aujourd’hui, il est présenté par le sous-commandant Marcos, chef militaire, comme le nouveau sous-commandant des forces insurgées.

Le sous-commandant Moïses est entré dans l’organisation zapatiste en 1983, ainsi que lui-même le raconte. D’origine tzeltal, au début il lui a fallu se situer «en ville» pendant sa préparation, et là, dans une maison clandestine, il a connu le sous-commandant Pedro sous le commandement duquel il serait plus tard, et dont il deviendra le bras droit. Moïses est un de ceux qui font s’ouvrir les villages des vallées tojolabales de Las Margaritas. Il leur rend visite village par village, famille par famille, en leur expliquant les motifs de la lutte. De petite taille, avec un cœur énorme et une grande vision politique, toujours coiffé de son chapeau militaire noir, doté d’un sens de l’humour qui fait honneur à la profondeur des tzeltales, Moïses est témoin de l’une des dernières rencontres entre les sous-commandants Marcos et Pedro, son second au commandement militaire. Moïses a rapporté qu’ils étaient en train de débattre tous les deux, car tous deux voulaient partir en guerre. Chacun disait que l’autre devait rester, puisque, au cas où l’un tomberait, l’autre devrait continuer. Ils sont partis tous les deux, le premier pour prendre San Cristobal de las Casas et le second Las Margaritas où il a été tué au combat le matin même. À ce moment-là, en pleine pagaille des troupes insurgées, celui qui est devenu, à l’heure actuelle, le nouveau sous-commandant a assumé le commandement et le contrôle opérationnel de la région.

Durant les premières années de la guerre, Moïses se présente comme interlocuteur à une bonne partie de la société civile nationale et internationale ; il donne des interviews à la presse en expliquant les débuts de la lutte zapatiste, le contenu et le motif de leurs initiatives politiques et pacifiques, et plus tard, le fonctionnement des «Conseils de Bon Gouvernement» dont il est l’initiateur dans leur première mouture l’Association des Municipalités Autonomes. En 2005, avec la « Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone », le Commandement général le nomme en charge des affaires internationales, dans une commission connue comme «l’Intergalactique». Pendant cette période, tandis que le délégué Zéro parcourt le pays avec l’Autre Campagne, celui qui est alors lieutenant-colonel reçoit les visites internationales. Connu pour sa patience et sa bonne volonté, à l’occasion du vingtième anniversaire de l’EZLN, il a déclaré : « Notre façon de faire à nous, c’est de faire d’abord la pratique et ensuite la théorie. Et il en a été ainsi, après la trahison, lorsque les partis politiques et le gouvernement ont refusé de reconnaître les droits des peuples indiens, nous avons commencé à voir comment nous allions faire ».

Sans aucun doute Moïses souscrit à cette pensée : « Je pense que s’il faut être révolutionnaire, il faut l’être jusqu’au bout, parce que si l’on n’est pas conséquent et si l’on abandonne les gens, ça ne vaut rien. Nous, les combattants, nous avons besoin d’assumer cela… ». Et lui assume.


Lasylosdeabajo@yahoo.com.mx

http ://www.jornada.unam.mx/2013/02/17/index.php ?section=politica&article=014o2pol

 

Gloria Muñoz Ramirez


Traduit par Chelmi

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #Le chiapas en lutte, #EZLN

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article