Les "Fralibiens" en pélerinage syndical à Marseille

Publié le 23 Avril 2011

 

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Les salariés de Fralib (groupe Unilever) se sont rassemblés hier devant le site historique de la marque Eléphant pour populariser leur projet alternatif à la fermeture de l’usine de Gemenos, soutenu par un nombre croissant d’élus et de collectivités locales.

Marseille,

 

 

Envoyé spécial

 

Le gros éléphant  hindou en carton pâte prêté par l’une des associations qui anime le carnaval d’Aubagne a bien résisté aux bourrasques de mistral qui s’engouffraient hier à midi sur le boulevard Camille Flammarion à Marseille où l’intersyndicale (CGT,CFE-CGC) de Fralib, en lutte depuis septembre dernier contre la fermeture de l’usine de thé Lipton et d’infusions Eléphant  à Gémenos, avait donné ce rendez vous de lutte.

Rendez vous on ne peut plus symbolique puisque, à hauteur du 97, c’est sur ce site au cœur d’un quartier populaire que furent fabriqués de 1927 à 1989 des centaines de millions de sachets de thé Eléphant, la marque ayant été déposée à Marseille en 1896.C’est Unilever qui en rachetant l’entreprise à la maison Ricard et en la fusionnant avec une usine du Havre pour former Fralib a transféré le tout , il y a vingt ans, dans la zone industrielle de Gémenos, près d’Aubagne où se mettaient alors à pleuvoir subventions et avantages fiscaux en compensation de la fermeture des chantiers navals de la Ciotat .Depuis Fralib qui emploie actuellement 182 salariés a prospéré tout comme le groupe Unilever qui enregistre en 2010 une croissance de 4,1% de ses ventes et un bénéfice net de 4,6 milliards d’euros .

 

Pour la CGT de Fralib, la fermeture de cette usine n’a donc aucune justification économique. Un point de vue partagé par les responsables des partis de gauche et élus, parmi lesquels les députés socialistes Henri Jibrayel et Sylvie Andrieux qui participaient au rassemblement des « Fralibiens » où l’on remarquait la présence en nombre de postiers victorieux du 2° arrondissement et de syndicalistes de l’agroalimentaire. Eric Chenet de l’UD CGT des Bouches du Rhône qualifiait même de « scandaleuse » l’attitude d’Unilever tandis que Jean Luc Blindel de la fédération CGT de l’agroalimentaire lançait aux salariés de Fralib : «  cette usine et la marque Eléphant vous appartiennent, Unilever doit vous restituer ce qu’il vous a volé ! ».Pour Jean Marc Coppola s’exprimant ensuite devant la presse au nom du PCF « ce conflit est emblématique tant sur le plan des salaires , de l’emploi que de la politique industrielle et la démarche d’Unilever est illégitime ».

 

Un conflit qui est observé maintenant dans toute la France où la campagne de boycott des produits Lipton lancée par la CGT se développe, en témoigne la participation au rassemblement d’hier de salariés d’Unilever venus de Strasbourg , Compiègne et Saint Dizier ou encore de Laurence Sauvage, conseillère régionale  du Nord Pas de Calais, chargée au PG des luttes sociales.

Tous apportent leur soutien au projet alternatif approuvé par une majorité de salariés de Fralib qui ont décidé de prendre leurs affaires en main .Comme l’expliquait à nouveau hier Gérard Cazorla, le secrétaire CGT du comité d’entreprise, ce projet exige d’Unilever «  qu’il cède au collectif des salariés pour un euro symbolique les bâtiments et l’outil industriel ou bien qu’il crée les conditions pour la poursuite de l’activité à Gemenos ».Si la multinationale anglo-néerlandaise estime qu’il est plus juteux pour ses actionnaires de fermer Gémenos ce qui semble être le cas  alors , souligne le syndicaliste  «  qu’elle nous cède la marque Eléphant qui fait partie du patrimoine de notre département , de notre région ! ».

 

A ces mots la petite foule qui déborde maintenant des trottoirs reprend en chœur : «  L’Eléphant est Français, en Provence il doit rester ! ». La Région Provence Alpes Côte d’Azur le pense aussi .Pour preuve, le 25 mars dernier, le conseil régional a voté un appui financier à l’expertise demandé par le CE de Fralib après la décision du tribunal de Marseille obligeant Unillever à reprendre sa procédure pour la fermeture  à zéro. « Nous nous engageons auprès des salariés de Fralib car l’emploi industriel c’est la colonne vertébrale d’une économie qui  pour nous doit faire toute sa place à l’être humain c'est-à-dire à l’inverse de ce que fait Unilever » résume Michèle Tregan, conseillère régionale socialiste , déléguée à l’emploi .

 

Mais faire ainsi plier Unilever, est ce possible ? Après avoir cassé la croûte sur le bitume , les «  Fralibiens » qui ont choisi la figure du Che pour ornementer leurs banderoles de lutte ,se sont séparés avec en tête cette parole du révolutionnaire rappelée par le délégué CGT Olivier Leberquier : «  soyons réalistes , demandons l’impossible ! ».

 

Philippe Jérôme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Travailleurs en lutte

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Commenter cet article
C
<br /> Bonsoir papy,<br /> Alors là, je te félicite pour ce très beau message qui je l'espère ira droit au coeur des fralibiens. Tous les témoignages sincères de soutien aux sont très réconfortants pour les camarades en<br /> lutte, si tu savais comme le doute et la ténacité dans la poursuite de ces dernières est difficile à vivre. Car à un moment, on est devant le fait accompli et ce qui a été fait et qui est derrière<br /> nous ne nous permet plus de nous arrêter et ça c'est dur à vivre quand tu es sanctionné financièrement et aussi que tu risques ta place. Aussi, je te remercie vraiment sincèrement pour ces belles<br /> paroles.<br /> Je t'embrasse<br /> caroleone<br /> <br /> <br />
P
<br /> Ma chère Caroléone,<br /> <br /> J'espère que tu ne m'en voudras pas de m'exprimer aux camarades de Fralib au travers de ton blog.<br /> <br /> Bravo à tous pour votre détermination. Ne baissez pas la garde, c'est un ex-boxeur qui vous le dit.<br /> Un souffle nouveau commence à se lever grâce à votre tempête.<br /> Je me prends à rêver d'un retour à un monde meilleur ou votre usine serait nationalisée pour des raisons de patrimoine régional. Il faut continuer de faire pression sur les politiques, ce sont eux<br /> qui détiennent les clés des exonérations de charges et si les engagement d'Unilever ne sont pas respectés il faut que ce groupe soit condamné... haut et court.<br /> <br /> Je boycotte les marques Unilever depuis que j'ai failli perdre la vie à cause d'un sachet de soupe Knorr ! Ça peut vous paraître ridicule mais c'est pourtant la stricte vérité, Caroléone peut en<br /> témoigner, elle n'était pas présente sur le moment à mon grand regret mais elle a vu les documents que j'ai publié.<br /> <br /> Les travailleurs français doivent comprendre au travers de votre exemple qu'il faut cesser de bosser pour des enfoirés qui n'en branlent pas une et qui misent sur nos vies comme lorsqu'ils jouent<br /> au casino ! Nous ne sommes pas des jetons et on ne joue pas à la roulette russe avec nos vies non plus. Le fruit de notre travail doit nous revenir en priorité.<br /> <br /> Je ne peux vous permettre de vous conseiller car je ne suis malheureusement pas dans vos rangs, mais avant que votre navire ne soit sabordé par son amiral il est temps d'organiser la mutinerie !<br /> Peut-être qu'une solution du type SCOP pourrait vous aider à y parvenir mais je suis convaincu que vous avez déjà envisagé toutes les solutions.<br /> <br /> Camarades fralibiens, vous avez l'honneur de pouvoir regarder des travailleurs honnêtes dans un miroir chaque matin. Ne cédez rien et médiatisez le plus possible votre combat, le peuple est avec<br /> vous.<br /> <br /> Amitiés fraternelles,<br /> Le Papy Mouzeot<br /> <br /> <br />