Les charognards

Publié le 26 Octobre 2012

 

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Une bonne odeur de sang frais répand son fumet dans la savane

Signalant l’hallali sonné par les félins affairés à mettre la table du festin

Surveillant d’un œil avisé l’alentour tels des traitres en habits camouflés

Ils rôdent et guettent estomac affûté, se léchant le bec des funestes propos

Ils se ruent en masse sur le cadavre encore fumant volant dans les plumes

Des malheureuses lionnes dont le mérite de cette terrible chasse revient

Se jetant sur la proie de leurs becs tranchants ils en arrachent des lambeaux

Faisant fuir les chasseresses aux ventres décharnés par les jeûnes répétés

La bête n’est pas encore morte ! Son cœur se révolte en de petits soubresauts !6a00d8341c710a53ef0148c8328d5c970c-800wi

Qu’importe, d’un coup de cisaille l’artère sectionnée pendouille et sanglote

Au bec de son prédateur sans pitié.

Ils se repaissent de sang chaud , boyaux bien garnis dégageant l’odeur de fumier

Le fumier est leur monde leur univers à eux doré le seuls qu’ils connaissent

Dans lequel ils ont toujours baigné

Un bain de sang, de chair parfois décomposées et putréfiées bouffées par les vers

Remplit d’aise leur triste univers

Nourris de charognes en décomposition les nettoyeurs de cadavres  sont à l’œuvre

Dès que la misère s’abat sur le monde

Leurs entrailles garnies de pestilences on ne sait comment ils digèrent

Un jour ou l’autre charogne ils seront et à leur tour rempliront les ventres

De leurs compères.

 

Carole Radureau (26/10/2012)

 

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

 

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Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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S

Bonjour Caro,


C'est encore une fois la démonstration que chacun trouve ce qu'il veut dans la poésie, selon son humeur du moment ou ses convictions, tel ce poème de Rimbaud, mis en musique par Ferré, à la
mémoire des morts laissés pourrir sur les champs de bataille et dont le dernier paragraphe s'adresse peut-être aux morts de la Commune de Paris :


http://www.youtube.com/watch?v=urQBPJoU64E


Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angélus se sont tus...
Sur la nature défleurie
Faites s'abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux
Les chers corbeaux délicieux.

Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids!
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous!
Dispersez-vous, ralliez-vous!

Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d'avant-hier,
Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,
Pour que chaque passant repense!
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir!
Ô notre funèbre oiseau noir!

Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu'au fond du bois enchaîne,
Dans l'herbe d'où l'on ne peut fuir,
La défaite sans avenir
La défaite sans avenir.


Amitiés
C


Magnfique !


Quel talent et quel style, j'adore quand il écrit comme ça.


Tu vois je suis contente de ce poème car je crois bien que c'est le premier que j'écris qui peut justement être soumis à différentes appréciations. Et c'est ce que j'essaie d'expliquer chaque
fois , que l'on ne peux savoir ce les mots des poèmes sont sensés dire, chacun y voit ce qu'il veut ou ce qu'il a envie d'y voir provoquant parfois des incompréhensions, des gênes, des mots, des
larmes. Quand les écrits sont personnels, il faut que l'entourage soit détaché j'en ai conscience de plus en plus mais bien malin celui qui pourra dire ce que l'auteur avait en tête au moment de
l'écriture. Car c'est souvent un sentiment qui permet d'écrire, une colère ou une peine et ensuite j'ai remarqué que dautres choses inconscientes viennent s'y greffer et c'est parfois assez
étonnant et révélateur . En tout cas c'est riche en enseignements, en messages à faire passer et tous ces grands auteurs que vous m'apportez avec générosité ont tous la trempe d'auteurs qui
écrivent pour les autres, pour soulager les douleurs des êtres simples et ça c'est important à mes yeux.


 


Bises et merci de ta visite


 


caro


 





 



H

c'est fort comme un upercut ou un crochet du droit ou encore la mitraille dans le silence de la forêt!


les charognards, faut les fl.....er, un poing c'est tout!tu me comprends?! et arrêter de toujours tendre l'autre joue;  pas de tergiversation comme ton poème


on dirait du Lavilliers époque les barbares! c'est trop bien; je crois que je vais le garder avec moi, dans mon sac à main, comme un synonyme de la rage et de la révolte!


merci 


bises
C


Bonsoir Henri,


 


Tu me fais rire


Fais gaffe de ne pas te faire piquer avec un poème aussi subversif dans ton sac à main au boulot


C'est de la propagande anti-charognards keujtedis !


En attendant, je suis encore toute étonnée d'avoir sorti ça....mais tu sais, si jamais il me prenait l'envie d'écrire dans le morbide et dans le cracra, tu n'imagines même pas de quoi je suis
capable. A table c'est ma spécialité. Je fais des poèmes sur toutes ces choses (même hard) à de nombreux repas qui foutent souvent la gerbe aux invités


Tu vois ce qui est bien avec ce poème c'est que chacun y a vu quelque chose qui le marque. La révolte, oui, en effet il s'agit de révolte.


 


Bises et merci de ta visite


 


caro


 


 



H

Bonjour Caro


 


 


Méfiez-vous des tueurs d'ombres


Qui gobent l'œuf des carnages


Au nom des vertus morales


Et recrachent un univers


En désordre dans l'ordure


Qui définissent les lois


Du bien du mal et flagellent


Tout manquement à la règle


Qu'ils ont eux-mêmes érigée


Qui aspirent la noirceur


Par tous les pores de leur peau


Digèrent notre part sombre


Et dépouillent du mystère


Sanglant de nos origines


Nos solitudes affamées


Nous, êtres humains, sommes nés


Du combat féroce en nous


De nos pulsions arbitraires


La part la plus condamnable


De l'âme est la plus fertile


Par la lutte fécondés


Entre l'impérieux Détruire


Et son cortège de ruines


Et lèvres et mains batisseuses


De paroles tissées haut


De matières en fusion


D'éblouissements furtifs


De monuments extatiques


Par notre lutte enfantés


Et rendus à notre essence


Sans l'obscurité ne sommes


Qu'automates en perdition


Eux le savent et nous condamnent


En clamant nous rédempter


Savent que nous l'ignorons


Mais plus notre connaissance


Des charniers d'après la chute


S'accroit et plus notre accès


Vers la Beauté se déploie


En voie régénératrice


Plus nous fuyons les relents


Des putréfactions intimes


Et plus nous nous amputons


De nos possibles soleils


Méfiez-vous des tueurs d'ombres !


 


Il ya des jours comme ça oû on a envie de crier. Mais le coté  obscur de l'humain ne doit pas nous faire oublier le mot espoir !  Servons nous des armes de Pablo pour resister sans
haine et sans crainte !


Il y a aussi des humains qui en valent la peine et c'est là l'essentiel


 


Bisous


Serge


 
C


Bonsoir Serge,


Ne t'en fais pas, je suis toujours bien campée sur mon épée qui reçoit les coups et renvoie des mots comme le disait le poème de Pablo.J'ai bon espoir, aujourd'hui on m'a redonné une clé que
j'avais égarée bêtement, je suis désordonnée c'est vrai.


Il fallait juste que ces mots-là sortent, ils sont durs et je ne pouvais les garder, à présent je peux continuer tranquillement mon chemin (de traverse).


Merci pour ce poème très fort aussi, rempli de petits messages que j'ai bien compris


Bises et merci de ta visite


 


caro



F

 cela aurait pu, mais ne me tient
pas rigueur d'y avoir pensé!!! cela n'engage que moi!! BISOUS POUR TON BEAU POEME SUR LES CHAROGNARDS!!! FAN
C


Non, je ne t'en tiens pas rigueur mais tu sais qu'ici il y a une partie de poèmes militants et engagés, ce sont ceux pour lesquels je donne le plus et ceux qui sont les plus importants car ils
assistent de leurs petits mots les gens de terrain, aussi bien sur notre territoire qu'ailleurs, ils apportent leur soutien à ceux qui sont emprisonnés et quand tu sais qu'un jour tu as ce
potentiel en toi, tu ne t'en prives pas. Ce que je fais.


Mais tu vois ce poème -ci peut être interprété de différentes façons selon les sensibilités personnelles et c'est ça aussi la magie de la poésie.


Bisous et merci de ta visite


 


caro



F

Les charognards sont les "nettoyeurs" qui empêchent les terrribles maladies!!! Dans le monde de la faune, pas d'enterrement ni
d'insinération!! Les charognards sont programmés pour nettoyer!! Pas d'allusion politique!!chacun à sa place!!!BISOUS FAN
C


Oui ils nettoient c'est exactement ça....même ceux qui ne sont pas morts parfois.


Où as-tu vu une allusion politique Fan ?


Loin de moi cette idée


Bises


 


caro



A

Je viens modestement te dire que je suis sous le choc!


C'est très fort, très juste, quel souffle!


Bravo et merci, Caro
C


Bonjour Almanitoo,


 


Merci sincèrement, j'ai eu l'estomac choqué aussi après coup...à jeun ça le fait pas trop !


Bises


 


caro


 



C

Bonjour et MERCI pour ce merveilleux poeme  !


Marie 
C


Bonjour,





.....si ce poème vous touche et marque l'esprit des luttes alors je suis comblée.


Amitiés


 


caroleone



L

Bonjour Carole.


Tes mots sonnent justes. La force du poème est sans égale. la révolte qui gronde s'exprime par ta plume avec passion et de fort belle manière. Telle la fille qui danse au soleil (Chanson de
Brel), la flamme qui danse dans tes textes nous aide lorsque le doute et le découragement menacent de s'installer.


En un mot comme en cent, MERCI!


Lucien.
C


Bonjour Lucien,


Ton commentaire me touche particulièrement , venant de toi c'est certain et de tout ce que tu réprésentes sur le terrain des luttes, c'est un immense compliment qui tombe fort à propos.


Quand je lis de telles phrases je sais alors que cette poésie à toute sa place et qu'elle doit justement sortir ce mal au fond de moi pour sublimer vos luttes, nos luttes.


Merci encore mon ami pour ce témoignage de confiance, j'essaierais de ne pas te décevoir.


Bises


 


caro