Les chantiers en cale sèche

Publié le 17 Février 2010

À Saint-Nazaire, le carnet de commandes des chantiers navals STX est vide. Syndicats et élus de gauche demandent une intervention de l’État, actionnaire à 33,34 %.

Pour le maire socialiste de Saint-Nazaire, Joël Batteux, il faut remonter à la fin des années 1950 pour trouver une situation comparable à la mauvaise passe que traversent les Chantiers de l’Atlantique, propriété du sud-coréen STX, de l’État (33,34 %) et d’Alstom (16,65 %). Alors que deux paquebots sont en cours de finition, et qu’un bâtiment militaire doit être achevé en 2011, les Chantiers n’ont aucune commande ferme en vue pour prendre le relais. La direction vient d’annoncer un niveau record de chômage partiel pour les mois de mars, avril, mai, avec 470 000 heures non travaillées pour les 2 300 salariés du site, qui se concentreront sur les 800 salariés de la production, qui seront arrêtés à presque 100 %. La sous-activité touchera aussi les 4 000 salariés de la myriade de sous-traitants directs ou indirects des Chantiers, soit 6 000 emplois au total.


Vendredi, l’intersyndicale du site a annoncé une journée de mobilisation le 3 mars, avec grève des salariés et rassemblement devant l’entrée des Chantiers, mouvement auquel sont également conviés les « citoyens ». Les syndicats interpellent directement l’État, auquel ils demandent d’intervenir pour sauver le site, en se portant caution pour obtenir de nouvelles commandes. Une garantie d’État pourrait notamment débloquer l’achat de deux paquebots par l’armateur italo-suisse MSC, commande annoncée l’été dernier mais bloquée depuis. L’intersyndicale invite aussi l’État à devenir actionnaire majoritaire du site, en rachetant les 16,65 % détenus par Alstom. Des demandes soutenues par les élus de gauche de la région. Le PS appelle l’État à « prendre ses responsabilités » face à une « situation extrêmement préoccupante » pour l’entreprise « locomotive de la région Pays de la Loire ». Gilles Bontemps, vice-président communiste de la région chargé des transports, appuie en rappelant que « quand les banques étaient en difficulté, le gouvernement n’a pas mis longtemps à les soutenir. Il doit garantir le milliard d’euros pour permettre à STX de décrocher la commande ».


Sur le site STX, les salariés ont limité les dégâts du chômage partiel. Après trois jours de grève la semaine dernière à l’appel de la CGT, ils ont obtenu un nouvel accord sur le chômage partiel, qui s’appliquera du 15 janvier à fin mai. Sur cette période, la direction a accepté de fixer un salaire mensuel plancher à 1 100 euros et d’inclure dans le salaire de référence les primes habituelles des ouvriers, ce qui porte la rémunération des heures non travaillées à 92 % du salaire net.


Fanny Doumayrou pour l'huma


Rédigé par caroleone

Publié dans #PolitiqueS

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