Le tipi des amérindiens

Publié le 13 Décembre 2012

Le tipi

 

 

 

 

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Peuples à l’honneur : Indiens des grandes plaines    sioux   comanches

 

(les autres peuples suivront)

 

 

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Le mot tipi vient de l’anglais tepee


En sioux lakota, tipi veut dire maison ou habitat, mot venant de » tipestola » (vit dans une habitation pointue)

En langue blackfeet il est nommé niitoyis

En langue kiowa : do-heen

 

 

 

 

 

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Le Canadien Peter Whyte illustre magistralement dans cette peinture "Pitching Tipis, Stoney Indian Village" un camp et des tipis à différents stades de montage.

 

 

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Oglala girls

 

 

Ce sont surtout les peuples nomades des grandes plaines qui utilisaient le tipi lors de la chasse au bison. Cette toile de tente judicieuse leur permettait d’avoir un habitat précaire facile à monter et d’un confort maximum.

Il était facile à transporter grâce aux travois tirés par les chevaux dès lors que ceux-ci furent introduits sur leur territoire par les blancs mais malgré tout les nombreuses peaux de bison parfois nécessaires à la construction des tipis pouvaient être lourds et encombrants.

 

Le tipi est un habitat spacieux, frais l’été et chaud l’hiver, il est résistant à tous les climats et il peut être monté par une seule personne. Les tipis appartiennent souvent aux femmes.

 

Sa forme circulaire est symbolique car les indiens donnent une forme ronde à toute chose. Ils pensent que la vie est un cercle et que la puissance de l’univers s’exerce en cercle. Les villages étaient bâtis en cercle également, les ouvertures toujours orientées vers l’est ou le soleil levant.

 

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Sarcis, travois et tipi
Astokumi en compagnie d'une femme, indiens Sarsis (coll. Bourne, Musée McCord/U. McGill).

 

 

 

 


 

«  Nos tipis étaient ronds comme des nids d’oiseaux.

Mais l’homme blanc nous a confinés dans ces petites boîtes carrées, qui sont néfastes car aucune puissance ne se dégage d’un carré. »

 

Cerf-noir, chaman des lakotas et des sioux oglalas.

 

 


 

 

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Camp arapaho William Soul 1870

 

 

 

 

 

 

 

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Le montage du tipi

 

Dès l’arrivée au camp, les femmes déchargent les travois et dressent les perches pour le montage des tentes. Un faisceau de perches forme l’armature conique sur laquelle est tendue l’enveloppe en peaux de bison cousues avec des nerfs et des tendons. La tente demande entre 12 à 20 perches et entre 10 à 15 peaux. Le tipi de taille moyenne comportant 20 à 25 perches se répartit sur un cercle de 5.50 m à 6.10 m de diamètre.

Il existe 2 modes de montage pour installer un tipi. L’un repose sur 3 perches comme structure de départ, il est utilisé entre autre par les Assiniboine, Sioux, Cree, Cheyenne, Arapaho, Kiowa, Ojibway. Le second mode de construction se fait à partir de 4 perches et est utilisé par les Crow, Blackfoot, Comanche, Flathead, Nez Percé.

 

 

 

 

 

 

 

tipi-001.jpgIllustration Christian Buthigieg

 

 

Suivons le plan en le détaillant :

 

  1. Peaux du tipi empaquetées pour le voyage.
  2. Nœud destiné à réunir les 3 ou 4 perches de base (selon les tribus)
  3.  Mise en place des perches d’ossature.
  4. Positionnement des peaux de bison, dont une extrémité est attachée à la dernière perche ; celle-ci fixée, les peaux pourront être déployées.
  5. Accrochage et fermeture des 2 parties des peaux de bison.
  6. Le tipi est maintenu par des piquets enfoncés dans le sol et raccordés aux peaux par une corde fixée à un caillou placé sous la peau.
  7. Introduction des perches dans les auvents pour le réglage de l’évacuation de la fumée.
  8. Réglage de la ventilation. La fumée sort par le sommet du tipi et est canalisée par deux déflecteurs orientables, qui se positionnent dans le sens du vent dans le but de prévenir les refoulements. Un courant d'air circulant entre la draperie et la toile augmente l'aspiration (ou l'effet cheminée). Cet espace ajoute à l'isolation thermique quand il est garni d'herbe tout en favorisant l'évacuation de l'air vicié vers le haut pendant qu'arrive de l'air frais
  9. Haie de protection des vents en hiver
  10. Pose du rideau intérieur.
  11. Porte du tipi en cuir cru
  12. Coupe de l’intérieur d’un tipi montrant la parfaite ventilation du rideau intérieur qui permet aussi de dérober aux yeux d’autrui la vie des occupants.
  13. Agencement intérieur : côté homme vers le nord, côté femme vers le sud, foyer, autel vers l’ouest, entrée face à l’est. Par temps froid, quand le tipi est hermétiquement fermé, le feu est alimenté en air frais par un tuyau enterré. On dort sur une couchette en peau de bison ou d'ours, étendue sur un sommier de joncs tressés. Le foyer situé au centre est entouré de pierres et chauffe un récipient posé sur un trépied en bois. Le mobilier se compose de sacs en peau, de coffres à viande et de poteries.

 

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McClintock, Walter, 1870-1949. Pancoast, Charles R.

 

 

 

 

 

 

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Large tipis in Blackfeet inner-circle. 43

 

 

 

 

La porte

 

Elle est constituée d’une peau de bison et toujours décorée avec soin. Parfois ce sont des trophées de chasse ou bien des scalps qui l’orne.

 

Une fois le montage du tipi terminé, les femmes allumaient un feu pour enfumer tout l’intérieur du tipi et permettre à la couverture posée sur les perches de garder sa souplesse après la pluie.

Ensuite elles recouvraient le sol de fourrures et de broussailles parfumées.

A l’intérieur du tipi, malgré l’étroitesse, personne ne se bousculait.

Il existait des règles strictes que chacun respectait, chacun sa place pour s’asseoir, chacun sa place pour se coucher.

La nourriture et les ustensiles de cuisine ainsi que l’attelage des chevaux se trouvaient à l’entrée du tipi, les trophées de chasse au fond.

Les tipis doivent être réparés ou reconstitués chaque année car la peau s’amincit avec le temps.

 

 

 

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Tipi des indiens yaquis

 

 

 

 

 

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Pine Ridge Agency, Young Man Afraid of His Horses and his tepee taken at, Jan.17, 1891 [Sioux].

 

 

 

 

 

 

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Famille de Saulteux du Manitoba.
Crédit : J.B. Tyrell / Bibliothèque et Archives Canada / PA-050799

 

 

Les ornements

 

Les dessins ornant les tipis pouvaient représenter des animaux, des scènes de chasse avec des couleurs dont la symbolique variait peu d’une tribu à l’autre : le bleu représentant le nord, le rouge l’aube du soleil levant et le jaune le crépuscule.

 

 

Un symbole amérindien

 

Le tipi est le symbole le plus représentatif des peuples amérindiens. Tant de cérémonies, de conseils, de rencontres historiques se sont tenues dans le tipi qu'il s'est imprégné de cette atmosphère légendaire de l'Ouest. De grands chefs comme Red Cloud et Crazy Horse y ont pris des décisions qui marqueront la conquête de l'Ouest. Ultimement, la bataille de Little Big Horn avec la défaite du Général Custer et la capitulation de Sitting Bull y furent délibérées.

 

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Alfredo Rodriguez

 

 

 

 

 

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tipi shoshone

 

 

 

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Campement autochtone des Indiens Chippewa des marécages, rivière Jackfish, lac Winnipeg
Crédit : Musée Canadiens des Civilisations

 

 

 

 


 

La cérémonie de purification du tipi


La cérémonie de purification se pratique traditionnellement pour un nouveau tipi. C’est Ed, un ami Blackfoot, gardien de la pipe sacrée, qui pratique pour nous cette cérémonie. Elle commence par une prière, puis par la fumigation du tipi avec des plantes sacrées comme la sauge blanche. La fumigation est pratiquée avec une plume d’aigle, l’extérieur du tipi d'abord, puis l’intérieur, toujours par la gauche dans le sens des aiguilles d’une montre. La cérémonie se termine en fumant la pipe sacrée qui est offerte à tous les gens présents.

 

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Caroleone

 

Sources : assiniboine tipis, wikipédia, amerindien e .mon site, livre perso

 

 

 

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #Savoirs des peuples 1ers

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Txakal 13/12/2012 16:48


Je me souviens avoir vu en 2000, dans un lieu plutôt désertique entre l'idaho et le Nevada, une maisonnette de Shoshonee et à quelques mètres un tipi presque aussi haut que la maison...
Malheureusement, je n'ai pas eu l'opportunité de faire leur connaissance. Et maintenant, je suis persona non grata aux USA. De toutes façons, tant qu'il y aura des yankees, je n'ai aucune envie
d'y retourner.

caroleone 13/12/2012 18:48



 


 


Bonsoir Txakal,


 


Les tipis shoshonee doivent se faire rares, tu as de la chance d'en avoir vu un ( et d'être allé là-bas au pays des yankees, malgré tout c'est l'ancien pays des peaux-rouges)


Tu sais, je ne crois pas que je sois bien désirée non plus sur ces terres là, d'où l'avantage de voyager sur la toile, c'est pas cher,  ça rapporte pas gros...mais ça dépayse quand même.


J'aimerais juste un jour avoir l'occasion d'aller au Chiapas, mais je vois ça s'éloigner de mois en mois.....


 


Bises et merci de ta visite


 


caro