LE PARAGUAY SUR LA CORDE RAIDE

Publié le 11 Novembre 2009

Auteur: Guillermo F. PARODI

Il y a eu beaucoup d'informations relatives au procès politique de Lugo, et même au coup d'État planifié contre le président. Tout est vrai. Il y a eu une intention de procès politique et il y a eu l’intention d’une tentative de coup de d'État [1].


La première intention est simple à démontrer car elle avait été publiée dans tous les quotidiens « désinformateurs » du Paraguay. La deuxième est plus délicate, car c’est seulement un quotidien avec des journalistes professionnels sérieux, qui avait vendu la mèche. Lugo avait appris que certains hommes politiques s’étaient entretenus avec les chefs militaires – c’est cette information-là, l’information clé de Última Hora, et de fait elle a décapité les trois forces [2].


Il faut analyser avec minutie la réalité paraguayenne pour pouvoir rendre un diagnostic approprié.


Autant les services vénézuéliens que paraguayens avaient détecté les signes de l'intention de faire dégager Lugo de la scène latino-américaine. Le reste ne sont que des détails. Procès politique ou coup d’État renfermaient la même intention.



Aujourd'hui Notre Amérique est attaquée comme l’ont été les pays arabes avec l'insertion d'une enclave perverse et puissante. Au Moyen-Orient c’est Israël, en Amérique du Sud la Colombie semble devoir jouer ce rôle. Les gouvernements marionnettes arabes ont leurs équivalents tels le Mexique, le Pérou, le Panama et jusqu'à un certain temps le Honduras. Le Paraguay devait être un autre Honduras.


Mais au Paraguay la stratégie a échoué, ça n’a pas été un nouveau Honduras et encore moins une nouvelle Colombie. Le Paraguay est encore indemne.

Non pas que nous devions chanter des louanges à Lugo, car soyons honnêtes : Lugo nous a trompés. Lugo a gardé les caractéristiques de l’évêque qu’il a été. Lugo applique le Sermon de la Montagne : ne résistez pas à celui qui est mauvais (…), il pense qu'il faut pardonner à celui qui est méchant, qu’il faut tendre l'autre joue, pendant que le pays se délite, au lieu de mettre le méchant en prison. Saramago*, lui, a osé juger plus fermement, et a été plus exigeant dans son dernier roman Caïn.


Que les corrompus de son gouvernement et ceux des précédents rendent ce qu’ils ont volé. Et cela devant les caméras de télévision. Qu’ils soient enfermés un seul jour dans une cage dans un parc zoologique, pour que les citoyens honnêtes puissent leur balancer des œufs et de temps à autre une bonne pierre. C’est seulement ainsi qu’il aura un grand soutien populaire comme celui qu'il avait eu pour son élection, car en ce moment, ce n’est pas le cas, avant il représentait l’imaginaire social (au sens de Cornelius Castoriadis) que tous les Paraguayens avaient développé dans leur esprit.


En résumé, il est vrai que l'intention de coup d’État, militaire ou civil, a existé et il reste toujours présent dans les esprits de beaucoup d’hommes politiques, de chefs d'entreprise de droite et de partis politiques traditionnels, bien que Lugo soit parvenu à déjouer l'agression. Mais pour résister dans le temps, Lugo doit être ferme. Lugo doit laisser de côté son image d'évêque, être pour la première fois, et jusqu'à la fin de son mandat, le président de tous les Paraguayens et gouverner par la loi, comme il avait promis le jour de son élection.


Notes:


[1] Matilde Sosa. Un coup d'État se prépare-t-il au Paraguay ? 
[2] Lugo barre cúpula militar tras hablar de bolsones golpistas


*José Saramago, écrivain portugais né le 16 novembre 1922 à Azinhaga (Portugal), prix Nobel de littérature en 1998, à publié le 17 octobre un nouvel ouvrage « Caïn ». Il avait déjà fait scandale avec « L'Évangile selon Jésus-Christ », Il soulèvera de nouveau un tollé de protestation dans le cercle de l’Église avec « Caïn »dans lequel il explique « Caïn, qui a effectivement tué son frère [Abel], mais qui pour moi ne peut être vu comme une sorte de personnification du mal », ajoutant « Au fond, c'est Dieu le vrai responsable. Dieu, qui devrait respecter l'un et l'autre, chacun dans son travail, a méprisé l'un et mis en valeur l'autre. L'attitude de Dieu est impardonnable ». Source : Actua-litté

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL

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Source : Paraguay en la cuerda floja
Article original publié le 8 novembre 2009
Sur l’auteur
Cet article, sur Tlaxcala le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Paraguay

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