La Otra au Michoacan appelle a la campagne « Halte à l’extermination de notre Mere la Terre » en soutien a Ostula et Cheran.

Publié le 30 Septembre 2011

La Otra Michoacán en soutien à Ostula et Cherán

La Otra au Michoacán appelle à la campagne « Halte à l’extermination de
notre Mère la Terre » en soutien à Ostula et Cherán.

 


 

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Morelia, Michoacán, le 19 septembre 2011.

« HALTE À L’EXTERMINATION DE NOTRE MÈRE LA TERRE »

« …nos peuples ont, dans le cadre de leurs droits à la libre détermination
et à l'autonomie, le droit d'organiser leur autodéfense de la manière qui
leur convient tant que cela n'attente pas au respect des droits de
l'homme ; il en ressort que la création, dans le cadre de notre culture et
de notre organisation traditionnelles, de polices communautaires, gardes
communales ou autres formes d'organisation communale pour l'autodéfense
indigène sont légales, légitimes, et surtout nécessaires face à la
profonde corruption et décomposition des instances chargées de rendre la
justice. »

(Manifeste sur le droit à l'autodéfense indigène, Congrès national
indigène, Santa María Ostula, 14 juin 2009).

AUX PEUPLES DU MEXIQUE ET DU MONDE
À L’OPINION PUBLIQUE
AUX MÉDIAS
AUX ADHÉRENTS DE LA OTRA CAMPAÑA NATIONALE ET INTERNATIONALE
AUX PERSONNES DIGNES ET HONNÊTES

 

 

 

 

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L’agression contre la planète Terre est de plus en plus intense. Cela est
dû à la voracité des entreprises qui, en collusion avec le crime organisé,
intimident, font disparaître et assassinent ceux qui s’opposent à la
poursuite de cette dévastation. Tant que l’État les tolère et couvre le
pillage des ressources naturelles, dans les communautés indigènes elle se
perpétue ouvertement et sans vergogne.

En conséquence, dans notre État du Michoacán, comme dans le reste du
Mexique d’en bas, on lutte contre la spoliation et le pillage des
ressources naturelles des communautés indigènes, de même que contre les
agressions que des groupes armés mènent dans nos communautés pour faire
taire nos protestations.

Dans la lutte, nous avons compris que les demandes du peuple n’intéressent
aucune instance gouvernementale, et qu’aucun parti politique ne peut
donner une réponse honnête et efficace face à la spoliation. C’est pour
cela aussi qu’au Michoacán, des communautés et des villages ont dit « Non
aux partis politiques » et ont commencé à reprendre leurs expériences
propres d’autogouvernement et de sécurité communautaire en accord avec
leurs normes, usages et coutumes.

Nous, les adhérents à La Otra Campaña à Morelia, nous appuyons ces luttes
pour UN MONDE OÙ TIENDRONT DE NOMBREUX MONDES.

 

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Il y a le cas de la communauté indigène de Santa María Ostula, sur la côte
du Michoacán, où le 29 juin 2009, avec le soutien des communautés nahuas
voisines de Pómaro et El Coire, ont été récupérés plus de mille hectares
qui depuis plus de 40 ans avaient été usurpés par des groupes de petits
propriétaires de La Placita, terres sur lesquelles a été fondé le nouveau
village et campement en résistance de Xayakalán.

Depuis 2008, ils ont subi de constantes agressions de la part de groupes
paramilitaires qui agissent en toute impunité. Ils ont tenu le compte : 27
compañeros comuneros assassinés ou disparus, parmi lesquels le compañero
Francisco de Asís Manuel, président des biens communaux de Santa María
Ostula et les comuneros Javier Martínez Robles et Gerardo Vera Orcino.
La communauté a décidé de clore tout son territoire et d’exercer
pleinement L’AUTONOMIE ET L’AUTODÉFENSE INDIGÈNE à travers la
reconstitution de sa police communautaire traditionnelle qui actuellement
protège le territoire récupéré. Il faut signaler que là où la police
communautaire fonctionne à plein, il n’y a ni violence, ni assassinats.

Jusqu’à présent, les gouvernements de l’État et de la Fédération n’ont pas
reconnu l’existence de cette police communautaire ni de la propriété
communale du lieu-dit Xayakalán. En revanche, les gouvernements et les
partis politiques se sont moqués des accords établis et ont favorisé la
spoliation, l’exploitation et la répression contre la communauté.
Dernièrement, la communauté de Santa María Ostula a ratifié l’accord
adopté le 2 juin 2009 en assemblée générale de ne participer à aucune
sorte de processus électoral. C’est pourquoi dans cette communauté aucun
bureau de vote ne sera installé le 13 novembre 2011, date de l’élection du
gouverneur du Michoacán.

De même, depuis l’année 2008, la communauté de San Francisco Cherán,
située au cœur du plateau purhépecha, a subi le pillage de ses forêts par
des groupes de bûcherons clandestins soutenus par le crime organisé, et
dans l’impunité absolue de la part du mauvais gouvernement, fédéral comme
de l’État. En conséquence, plus de 20.000 hectares de bois communaux ont
été dévastés dans les trois dernières années.

Face à cela, les habitants de la communauté indigène de San Francisco
Cherán ont décidé de dire ¡YA BASTA!. Fatigués de voir comment on tuait
leurs forêts et volait leur bois, le 15 avril 2011, une majorité de femmes
et d’enfants a arrêté trois camions chargés de bois illégal et a livré les
chauffeurs aux autorités concernées, lesquelles, en quelques heures, les
ont remis en liberté. L’incapacité et l’indifférence du mauvais
gouvernement envers les problèmes des communautés indigènes sont claires,
car cela faisait longtemps que la communauté de San Francisco Cherán
dénonçait ces groupes de bûcherons qui pénétraient sur son territoire,
intimidaient la population et pillaient près de 200 camionnettes de bois
par jour.

Comme réponse à cette indifférence, la communauté a décidé d’instaurer un
état « d’autosiège », bloquant l’entrée à toute personne étrangère et
reprenant ses « rondes communautaires » pour la défense de son territoire
et pour garantir la sécurité à l’intérieur de la communauté. En
s’auto-organisant, ils ont démontré, une fois de plus, qu’il n’y a pas de
meilleur chemin pour résoudre nos problèmes que celui de l’unité et du
travail en communauté.

En outre, ils ont décidé aussi de ne permettre l’entrée à aucun parti
politique, puisque dans la lutte ils se sont rendu compte que c’est par
leur faute que les communautés se sont divisées et que s’est perdue la
manière ancestrale de prendre les décisions. Pour le moment, la communauté
de San Francisco Cherán se trouve dans le processus de reprendre les
règles qui la régissaient précédemment, sous ses normes, us et coutumes.
Afin, grâce à cela, de s’autogouverner en exerçant leur droit à la libre
détermination.

Devant ces faits, en tant qu’Otra Campaña à Morelia, Michoacán :

- Nous manifestons notre soutien et notre solidarité aux communautés
indigènes de San Francisco Cherán et de Santa María Ostula dans leur
décision de ne pas permettre que les processus électoraux se déroulent sur
leurs territoires.

- Nous soutenons leurs organisations de sécurité communautaire et leur
décision de se régir selon leurs us et coutumes, car la libre
détermination est un des droits des peuples et communautés indigènes
reconnus dans la législation nationale et internationale. Il faut signaler
que, quand bien même ce droit ne serait reconnu dans aucune législation
actuelle, c’est un DROIT HISTORIQUE des peuples premiers.

- Nous exigeons la solution immédiate aux demandes de ces communautés.

- Nous exigeons que le gouvernement cesse de couvrir les groupes qui non
seulement pillent les ressources naturelles des communautés, mais en même
temps intimident, frappent, assassinent et font disparaître ceux qui
s’opposent à leurs pratiques.

- Nous exigeons justice pour les morts et les disparus des communautés de
San Francisco Cherán et Santa María Ostula.

- Nous rendons le gouvernement de l’État, dirigé par Leonel Godoy Rangel,
et le gouvernement fédéral, aux mains de Felipe Calderón Hinojosa,
responsables de toute situation de violence à l’encontre des compañeros
comuneros de Santa María Ostula et San Francisco Cherán.

- Nous soutenons la Radio communautaire de Cherán naissante, « Radio
Fogata » (écoutez-la sur http://www.micheran.com), car c’est une
initiative des jeunes pour transmettre la vérité, la rébellion et
l’espérance.

De même :

- Nous soutenons la lutte de la Tribu Yaqui contre l’une des plus grandes
spoliations de l’histoire : par « l’Aqueduc Indépendance » le mauvais
gouvernement prétend dévier l’eau du Río Yaqui vers des zones d’intérêts
privés. Nous resterons en alerte face à cette situation critique.

- Nous rendons responsables les gouvernements des États concernés et le
gouvernement fédéral des agressions contre la manifestation pacifique de
la Tribu Yaqui pour la défense de l’eau, et de l’arrestation par tromperie
de la compañera Rocío Moreno, de la communauté coca de Mezcala, État de
Jalisco.

- Nous nous joignons à l’exigence de sa libération et du respect du
territoire de la communauté de Mezcala.

Pour les raisons exposées ci-dessus, des maisons de l’étudiant
indépendantes et des collectifs adhérents de La Otra Campaña au Michoacán
invitent à se joindre à une campagne de dénonciation, de diffusion et de
soutien sur les situations que vivent les communautés indigènes nahua de
Santa María Ostula et purhépecha de Cherán, principalement à partir
d’aujourd’hui et jusqu’aux élections dans l’État, soit du 19 septembre au
13 novembre 2011. Le nom que nous proposons pour cette campagne est
« HALTE À L’EXTERMINATION DE NOTRE MÈRE LA TERRE », car il est clair pour
nous qu’il s’agit là d’une revendication du reste du Mexique d’en bas, et
qu’il faut que nous continuions à articuler nos luttes et nos rêves.
Nous comprenons que chacun d’entre nous a ses propres modalités et
calendrier, aussi nous laissons à votre appréciation le type d’activités à
réaliser. Mais quelle que soit la modalité, nous vous invitons à faire
parvenir la voix d’encouragement aux communautés indigènes de Santa María
Ostula et San Francisco Cherán.

Nous lançons également un appel à rester attentifs d’aujourd’hui au 13
novembre 2011, jour des élections dans l’État du Michoacán, étant donné
que l’État prétend imposer l’installation de bureaux de vote malgré la
décision de ces communautés de ne pas les accepter. On prévoit que la
situation de harcèlement et de violence que subissent les communautés de
San Francisco Cherán et Santa María Ostula va s’accentuer.

Assez de remises à plus tard des exigences des communautés de Santa María
Ostula et San Francisco Cherán !
Halte au pillage des forêts dans la communauté de Cherán !
Halte à l’enlèvement et à l’assassinat de comuneros à Santa María Ostula
et à San Francisco Cherán !
Châtiment des coupables de la répression contre Santa María Ostula et San
Francisco Cherán !
C’est vivants que vous les avez pris, c’est vivants que nous les voulons !
Respect de la totalité du territoire d’Ostula !
Partis politiques, non, libre autodétermination, oui !

SIGNATAIRES :
Maisons de l’étudiant indépendantes : 16 Septembre, Efrén Capiz,
Libérateurs de l’Amérique, Vladimir Ilitch Lénine,
Collectifs : Projet Lénine, Puy, Petite boutique zapatiste, Utopía.
Tous adhérents à La Otra Campaña Morelia, État du Michoacán.


Traduit par el Viejo.

 

 

LE MICHOACAN SUR COCOMAGNANVILLE

 

 

                   

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Mexique, #indigènes et indiens

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