La coopérative ouvrière, ce n'est pas un rêve, ça existe et ça fonctionne!

Publié le 10 Janvier 2012

Acome, la coopérative ouvrière qui dure sur des marchés très concurrentiels

 

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 CYRIL LAZARO


Un salarié de l'entreprise de câbles Acome, le 5 janvier 2012 à Romagny, dans le nord-ouest de la France

 

Alors que nombre de sites concurrents ont fermé ces dernières décennies, l'entreprise rurale normande de câbles Acome a continué à prospérer. Son statut de coopérative ouvrière (Scop), évoqué dans le dossier SeaFrance, y a contribué mais n'explique pas tout.

"Le secteur du câble a perdu la moitié de ses emplois en trente ans. Chez nous, l'emploi est en légère progression. Notre priorité, c'est la pérennité de l'activité", résume Jacques de Heere, PDG du numéro un français du câble télécom et plus grosse Scop (Société coopérative et participative) de France.

L'entreprise située à Romagny (1.059 habitants), dans le sud de la Manche, compte aujourd'hui cinq usines, au lieu d'une dans les années 1970, au coeur d'une campagne normande vallonnée. Elle emploie 1.000 personnes sur ce site de production et 100 à Paris, où est situé son siège social.


Ces dernières décennies, tandis que l'usine étendait son activité des seuls télécoms aux câblages pour l'automobile et le bâtiment, beaucoup de sites concurrents ultraspécialisés ont été fermés, après avoir souvent été rachetés, puis revendus par des géants comme Alcatel ou des fonds d'investissements.

Ici, le président est arrivé à son poste il y a un an, après 19 années au sein de la Scop, qui fêtera ses 80 ans en août. Son prédécesseur est parti à la retraite, sans parachute doré, après 18 années passées à ce poste.

La Scop a été fondée en 1932, sur la base d'une entreprise en dépôt de bilan après les spéculations hasardeuses de son patron. A l'époque, ils étaient une quarantaine à y travailler, nettement moins nombreux qu'à SeaFrance. Et ils ont bénéficié d'une réglementation alors favorable aux Scop pour les marchés publics.

Dans cette coopérative ouvrière de production, tout salarié devient "associé" au bout de trois ans maximum dans l'entreprise. Il doit acheter au moins une "part sociale" (coûtant 77 euros).


Cela lui donne le droit de voter à l'assemblée générale (AG) annuelle. Sa voix a le même poids, quel que soit son nombre de parts sociales. L'AG élit le conseil d'administration, qui lui élit le président.

Autre règle clé, la moitié du bénéfice va dans la poche des salariés/associés, sous forme de participation, proportionnelle à l'ancienneté. L'autre moitié va au fonds de développement qui finance l'innovation de la société. La recherche représente 10% des effectifs.

Acome n'est pas épargnée par les crises. Ces dernières décennies, quelques exercices ont été déficitaires. Cela s'est traduit par un plan de départ en préretraite d'une centaine de personnes et des CDD non renouvelés en 2003. Mais la Scop jure n'avoir jamais connu de licenciements économiques secs.


"On est plus protégé qu'ailleurs et c'est plus valorisant", précise Didier Le Surtel, opérateur de 48 ans.


"On travaille pour nous", souligne Serge Collibeaux, 57 ans, qui entame sa quarantième année chez Acome. L'opérateur a connu des participations de 10.000 euros. Aujourd'hui, c'est plutôt un 14e mois de salaire. Ici, la grève, on ne connaît pas.

"Quand Draka (numéro un français de la fibre optique - très haut débit - devant Acome, ndlr) est racheté par l'ex-Pirelli et se retrouve présent partout dans le monde, c'est certes une puissance de feu. Mais on a nos armes, technologiques", argumente Philippe Garnavault, directeur des ressources humaines.

"Nous, on peut se permettre d'attendre quelques années les fruits d'une recherche. Notre résultat, c'est 1 à 2% de notre chiffre d'affaires. Certains fonds vendent en dessous des 10%", poursuit le salarié-associé.

"En recrutement, je tombe sur des cadres complètement cassés par des entreprises rachetées, dont les ambitions financières de court terme ont brisé d'intéressants projets de recherche. Pour nous, c'est une aubaine", ajoute M. Garnavault.

L'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 430 millions d'euros en 2011, après 359 millions d'euros en 2010, dont 58% à l'étranger. Elle possède deux usines en Chine et une au Brésil (15% de la production). Les 250 à 300 salariés étrangers, eux, ne sont pas associés.


Par Chloé COUPEAU ROMAGNY (Manche) Source courrier-picard.fr

 

 

 

 

 

 


Rédigé par caroleone

Publié dans #Autogestion

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C

Bonjour mes amis des bois,


 


Ardelaine est un très beau projet, j'ai hâte de le découvrir .....nombreuses ont les expériences d'autogestion et de gestions autonomes, le HIC,c'est qu'il n'y a pas de tremplin pour les
diffuser, je n'ai pas encore mis le doigt sur le site qui relaie un peu tout ça mais je cherche. Comme j'arrive à me sortir les habanos de la tête, je vais pouvoir m'y consacrer un peu plus.


Je vous remercie et vous dit à plus tard.


 


Bises


 


caro
S

Bonsoir Caro,


Puisque le sujet est d'actualité, voilà un exemple d'une autre SCOP qui marche, et qui devrait te plaire ....


Nous espérons avoir le plaisir de te la faire découvrir de plus près lors d'un prochain séjour ensemble en Ardèche.


http://www.ardelaine.fr/histoire.html


Amitiés.
C


Merci mes amis pour ce lien, je ne manquerais pas d'aller le regarder demain tranquillement.


Bonne soirée et bises


 


caro



L

Le sujet est intéressant, mais je reste perplexe sur certains points. quel est l'éventail des salaires? Le nombre de CDD ou d'intérimaires qui ne profitent pas de ce paradis? Et les salariés de
l'étranger dont le Brésil (15% de la production), pourquoi ces embauches à l'étranger, combient sont-ils rémunérés et sous quels contrats de travail?


Bien entendu, pour sauver des emplois, il faut tout tenter, mais pas au risque de perdre son âme, je pense.
C


Je n'ai pas la prétention de répondre à tes questions pertinentes, ce que je sais au niveau des salaires des SCOP, c'est qu'ils sont équivalents à ceux des autres entreprises, majorés évidemment
des profits éventuels qui sont partagés équitablement. Pour le reste de tes questions, je suis désolée de ne pouvoir t'apporter de réponse. Je vais éditer des questions en rapport avec
l'autogestion, j'ai d'ailleurs commencé aujourd'hui même. Ces textes datent de 2005, je pense qu'ils sont encore valables actuellement comme je pense que lors d'une éventuelle reprise, il y a
lieu de bien peser le pour et le contre afin de ne pas donner un vain espoir aux salariés comme ceal a été malheureusement le cas chez Sea france. Je suis dégoûtée de ce gâchis auquel les
syndicalistes mal engagés et les hommes politiques perfides se sont prêtés sur le dos des travailleurs. Ce sont toujours les mêmes qui paient les crises, et si je crois en ma part à
l'autogestion, c'est bien parce que l'on vérifie chaque jour à nos dépens que la démocratie et les systèmes politiques actuels sont à jeter à l'eau avec sea france et qu'il faut voir en un autre
fonctionnement plus anarchique dirais-je au risque de choquer !!


 


Merci pour ta visite.


 


Amicalement


 


caroleone